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Atlas Culinaire · Philippines · Asie
La version marine de l'adobo â des calmars mijotĂ©s dans le trio fondateur vinaigre-soja-ail, puis enrobĂ©s de leur propre encre noire qui rend la sauce sombre, brillante et profondĂ©ment umami ; un plat de bord de mer oĂč la fraĂźcheur du cĂ©phalopode commande tout, Ă servir au plus vite pour garder une chair tendre.
L'adobong pusit cristallise le dĂ©bat sur la TENDRETĂ DU CALMAR, oĂč deux Ă©coles s'affrontent frontalement. Les sites natifs (Panlasang Pinoy, Kawaling Pinoy) martĂšlent la rĂšgle d'or â ne JAMAIS trop cuire le calmar, qui devient caoutchouteux ; deux Ă trois minutes suffisent Ă le saisir, au-delĂ la chair durcit. Mais une seconde Ă©cole, paradoxale et tout aussi documentĂ©e, soutient qu'un calmar trop cuit peut ĂȘtre RACHETĂ par une cuisson prolongĂ©e (20 Ă 30 minutes) qui le rĂ©-attendrit en braisĂ© â d'oĂč la division entre la mĂ©thode « saisie Ă©clair » et la mĂ©thode « braisĂ© long », deux chemins opposĂ©s vers la tendretĂ© qu'il ne faut surtout pas mĂ©langer (la zone intermĂ©diaire donne le cuir). Second dĂ©bat â L'ENCRE : faut-il l'ajouter ou non ? Les puristes cĂŽtiers gardent et incorporent l'encre des poches du calmar pour la couleur noire et l'umami profond (« with ink »), tandis que d'autres familles la jettent pour un adobong pusit plus clair, brun-soja. TroisiĂšme querelle, mineure â les tomates : sur Panlasang Pinoy elles sont notĂ©es optionnelles, « variation de famille transmise sur plusieurs gĂ©nĂ©rations », signe que l'adobong pusit n'a pas de canon unique mais une base (vinaigre-soja-ail-calmar) dĂ©clinĂ©e par chaque foyer. Enfin, distinction importante â adobong pusit n'est PAS l'adobo de poulet/porc : c'est le calmar qui en porte la technique, avec l'encre en signature.
BiĂšre â San Miguel Pale Pilsen ou Red Horse glacĂ©e, l'accord cĂŽtier rĂ©flexe pour ce plat de bord de mer. Vin â un blanc sec et nerveux (Picpoul de Pinet, Muscadet) tient tĂȘte Ă l'encre et au vinaigre. Sans alcool â eau de coco fraĂźche ou jus de calamansi. L'adobong pusit se mange toujours avec du riz blanc chaud, indispensable pour absorber la sauce noire brillante.
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Nettoyer les calmars â retirer la plume cartilagineuse transparente, le bec, les yeux et la membrane. RepĂ©rer et prĂ©lever dĂ©licatement les petites poches d'encre, les rĂ©server dans un bol avec un peu d'eau pour ne pas les crever trop tĂŽt. Rincer le calmar, l'Ă©goutter, le garder entier ou le couper en anneaux selon la taille.
Dans un wok ou une casserole, porter à ébullition la sauce soja, le vinaigre et l'eau. Y plonger le calmar et laisser frémir environ 5 minutes pour l'attendrir et lui donner du goût. Retirer le calmar et le réserver, en GARDANT le liquide de cuisson à part.
Dans une poĂȘle Ă part, chauffer l'huile et faire revenir l'ail Ă©crasĂ© jusqu'Ă ce qu'il embaume, puis l'oignon Ă©mincĂ© et, si on l'utilise, la tomate en quartiers, jusqu'Ă ce qu'elle fonde. L'ail gĂ©nĂ©reux est l'Ăąme de l'adobo â ne pas lĂ©siner.
Remettre le calmar dans la poĂȘle aromatique, verser le liquide de cuisson rĂ©servĂ©. Porter Ă Ă©bullition et laisser mijoter 3 minutes pour marier les saveurs et rĂ©duire un peu la sauce. GoĂ»ter et corriger.
Ajouter l'encre réservée, le sucre et le poivre noir. Mélanger et laisser mijoter encore 2 à 3 minutes pour que la sauce devienne noire, brillante et nappante. Goûter une derniÚre fois l'équilibre acide-salé-umami. La sauce doit enrober le calmar d'un voile sombre et luisant.
Servir l'adobong pusit immĂ©diatement, brĂ»lant, sur ou Ă cĂŽtĂ© d'un bol de riz blanc chaud qui absorbera la sauce noire. C'est un plat de bord de mer simple et franc â il ne se garde pas longtemps sans que le calmar durcisse. Parsemer Ă©ventuellement d'un peu d'oignon frais.
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Sourcer ou se taire
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