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Atlas Culinaire · Venezuela · Amériques
Un café noir sucré non pas au sucre mais au papelón, ce qui lui vaut son propre nom : le café des campagnes vénézuéliennes, dérivé du guarapo de canne
Cliquez un ingrédient pour le cocher pendant vos courses.
RĂąpez le papelĂłn ou cassez-le en petits morceaux au couteau : c'est un sucre compact et dur qui ne se dissout pratiquement pas jetĂ© en bloc dans un liquide. C'est la raison pour laquelle on le fait fondre dans l'eau AVANT l'infusion et jamais dans la tasse Ă la fin, oĂč il resterait au fond en morceaux. Vous saurez que c'est fait quand le papelĂłn est en petits morceaux ou rĂąpĂ© grossiĂšrement. Le piĂšge Ă cette Ă©tape reste toujours le mĂȘme : le jeter en bloc dans la tasse : il reste au fond sans se dissoudre.
Mettez le papelĂłn rĂąpĂ© dans l'eau avec le bĂąton de cannelle et le zeste si vous en mettez, portez Ă frĂ©missement et laissez deux minutes, jusqu'Ă dissolution complĂšte. Vous obtenez une eau sucrĂ©e ambrĂ©e qui sent la mĂ©lasse. C'est cette eau, et non de l'eau claire, qui rencontrera la mouture â et c'est lĂ toute la diffĂ©rence avec un guayoyo sucrĂ© aprĂšs coup.
Coupez le feu et laissez l'eau sucrĂ©e retomber trente Ă quarante secondes, autour de 92-94 °C, avant de la verser sur la mouture. Une eau bouillante brĂ»le le cafĂ© et extrait des composĂ©s amers, et cela reste vrai mĂȘme quand elle est sucrĂ©e : le sucre ne protĂšge pas la mouture. Vous saurez que c'est fait quand l'eau ne bouillonne plus mais fume abondamment. Le piĂšge Ă cette Ă©tape reste toujours le mĂȘme : verser bouillant : le cafĂ© devient amer malgrĂ© le sucre.
Versez d'abord un peu d'eau sucrée au centre de la mouture pour l'humecter et laissez gonfler trente secondes. La mouture bombe et dégaze. Comme pour le guayoyo, cette floraison rend l'extraction bien plus réguliÚre : sans elle, le gaz repousse l'eau et crée des canaux d'écoulement.
Versez le reste de l'eau sucrée en filet, en spirale du centre vers les bords, sans verser directement sur le tissu. Comptez deux à trois minutes d'écoulement. Le café qui coule est nettement plus foncé et plus sirupeux qu'un guayoyo : c'est le papelón qui donne cette densité visuelle.
GoĂ»tez avant d'ajouter quoi que ce soit : le papelĂłn sucre plus fort qu'il n'en a l'air et ses notes de mĂ©lasse donnent une impression de douceur supplĂ©mentaire. Si vous le trouvez trop sucrĂ©, allongez d'un peu d'eau chaude ; s'il est trop lĂ©ger, refaites-le avec plus de papelĂłn la prochaine fois plutĂŽt que d'en ajouter dans la tasse. Vous saurez que c'est fait quand l'aguarapao est franchement sucrĂ©, ambrĂ© foncĂ©, avec des notes nettes de mĂ©lasse. Le piĂšge Ă cette Ă©tape reste toujours le mĂȘme : ajouter du papelĂłn dans la tasse : il reste au fond en morceaux.
Servez brĂ»lant, avec une arepa de maĂz pilado, du queso llanero ou du casabe â c'est le petit-dĂ©jeuner rural vĂ©nĂ©zuĂ©lien, celui des campagnes oĂč le papelĂłn se produit au trapiche du village et oĂč le sucre raffinĂ© Ă©tait un produit de ville. Il se boit Ă toute heure comme le guayoyo, mais il nourrit davantage. Vous saurez que c'est fait quand le cafĂ© est chaud, sucrĂ©, et sent le cafĂ© et la canne. Le piĂšge Ă cette Ă©tape reste toujours le mĂȘme : le laisser refroidir : le papelĂłn donne une sensation sirupeuse dĂ©sagrĂ©able Ă froid.
L'aguarapao appartient Ă une famille : celle des boissons vĂ©nĂ©zuĂ©liennes construites sur le **papelĂłn** comme sucrant de rĂ©fĂ©rence â le papelĂłn con limĂłn, les caratos, les chichas, les melados. Dans toutes, le sucre blanc est un substitut moderne et non l'original. Le nom mĂȘme d'aguarapao vient de *guarapo*, le jus de canne, et rappelle cette origine.
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Sourcer ou se taire
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