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Atlas Culinaire · Polynésie française · Océanie
Le four de terre polynésien : ahi, le feu, et ma'a, la nourriture. Une fosse d'un mètre, des pierres volcaniques portées au rouge, le cochon et les tubercules enveloppés de feuilles de bananier, puis tout recouvert de terre pour quatre à six heures. On l'allume la veille, et on le déterre en famille.
Le nom dit tout, à condition de le décomposer : ahi, c'est le feu ; ma'a, c'est la nourriture. L'ahima'a est littéralement le feu à nourriture — le four de terre polynésien, et l'un des rares gestes de cuisine qui n'ait rien emprunté à personne.
Les pierres ne se choisissent pas au hasard.
Cliquez un ingrédient pour le cocher pendant vos courses.
Préparation pit — Creuser le four — Creuser un pit de 1.50m × 1.50m × 80cm de profondeur. Tapisser le fond de bois sec (cocotier, miro ou bourao). Disposer 60-80 pierres volcaniques denses dessus.
Le pourquoiLa fosse et les pierres volcaniques sont le moteur du four.
Préparation pit — Allumer le feu — Allumer le bois sous les pierres. Maintenir le feu vif 2h jusqu'à ce que les pierres rougissent puis blanchissent (incandescentes). Ajouter du bois si nécessaire.
Le pourquoiDes pierres incandescentes tiendront la chaleur des heures durant.
Préparation aliments — Mariner le cochon — Pendant que le feu chauffe, frotter intérieurement et extérieurement le cochon avec sel, poivre, ail écrasé, gingembre tranché, citronnelle. Mariner 30 min minimum.
Le pourquoiLe cochon assaisonné parfume tout le four.
Préparation pit — Préparer le lit de pierres — Quand les pierres sont blanches incandescentes, retirer toutes les bûches non consumées avec une fourche en bois. Égaliser le lit de pierres avec un long bâton vert.
Le pourquoiOn retire le bois pour ne garder que les pierres incandescentes.
Cuisson — Charger le ahima'a — Couvrir les pierres d'une couche épaisse de feuilles de bananier (pour éviter contact direct). Disposer d'abord les tubercules au fond (cuisson plus longue). Au centre, le cochon enveloppé de feuilles. Sur les côtés, les fruits (uru, fei). Couvrir d'une autre couche dense de feuilles.
Le pourquoiRacines au fond (cuisson longue), cochon au centre, fruits sur les côtés.
Cuisson — Refermer et cuire 4h — Recouvrir le tout de sacs de jute mouillés (ou nattes de purau humides), puis pelleter la terre par-dessus jusqu'à ce que plus aucune fumée ne s'échappe. Cuisson 4h sans soulever.
Le pourquoiLa terre scelle la chaleur et la vapeur pour la longue cuisson.
Service — Le grand déterrage — Après 4h, dégager la terre, retirer les sacs avec précaution (vapeur brûlante). Sortir d'abord les fruits et tubercules, puis le cochon. Disposer sur de grandes feuilles de bananier collectives au sol pour le festin (taupe'e).
Le pourquoiL'ouverture cérémonielle est le moment fort du repas.
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Le pua'a roti est LE plat que l'on cuit dans l'ahima'a : le cochon entier descend dans la fosse de pierres brûlantes tapissée de feuilles de bananier. L'un est le four, l'autre son chef-d'œuvre.
Voir la recette →CousineL'ahima'a polynésien et le four kanak sont deux réponses au même problème : cuire longtemps, sans récipient, pour beaucoup de monde. Les gestes se répondent — la fosse, les pierres blanchies, les feuilles, la terre par-dessus. Ne les confondez pas pour autant : le four kanak est creusé, et le bougna qu'on en sort est un paquet unique et ficelé, là où l'ahima'a cuit des pièces séparées.
Voir la recette →CousineUmu en wallisien, ahima'a en tahitien, mumu en Papouasie, four kanak ici : c'est le même four de terre, et il traverse tout le Pacifique. Celui-ci est arrivé en Nouvelle-Calédonie avec les Wallisiens — dont la plus grande diaspora au monde vit sur le Caillou, plus nombreuse qu'à Wallis même. Le nommer, c'est refuser qu'il devienne « le barbecue calédonien ».
Voir la recette →CousineLe four qui donne son nom à l'ancienne cuisson du 'ipo. Avant le pochage, les boules se cuisaient à l'ahima'a, le four de terre polynésien, enveloppées de feuilles de bananier — et c'est encore ainsi qu'on cuit l'avaro de Manihi.
Voir la recette →CousineL'autre rendez-vous polynésien du dimanche. Là où le firi-firi ouvre la matinée avec le café, le ahima'a — le four de terre — occupe la journée entière et rassemble la famille autour du repas.
Voir la recette →L'ahima'a polynésien et le hāngī maori sont le même geste ancestral austronésien : une fosse, des pierres volcaniques chauffées, la nourriture enfouie et cuite à l'étouffée sous la terre. Un four que les peuples du Pacifique se partagent.
Pas encore dans l'AtlasL'umu de Samoa et des Tonga est le cousin direct de l'ahima'a : mêmes pierres chaudes, mêmes feuilles de bananier, même cuisson lente à l'étouffée. Le four de terre unit toute la Polynésie.
Pas encore dans l'AtlasSourcer ou se taire
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