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Atlas Culinaire · Bénin · Sud fon & goun
L'Ăąme quotidienne du sud bĂ©ninois â pĂąte blanche lĂ©gĂšrement aigre de maĂŻs fermentĂ©, emballĂ©e chaude en feuille de teck, base de tous les repas fon-mahi-yoruba.
Plat fondateur de la cuisine bĂ©ninoise et togolaise, base alimentaire quotidienne du sud (fon, mahi, yoruba) â multiples controverses techniques et identitaires. (1) ĂTYMOLOGIE FON : 'akassa' en français, 'gĂŹ' (ou 'gui') en fongbĂ©. Le mot 'akassa' viendrait du yoruba 'akasa' qui dĂ©signe le mĂȘme plat au Nigeria voisin. La cuisine fon-yoruba partage cette base sur tout le sud BĂ©nin / sud-ouest Nigeria. (2) FERMENTATION OBLIGATOIRE : rĂšgle absolue â l'akassa AUTHENTIQUE se fait avec du maĂŻs blanc trempĂ© 24-48h dans l'eau, MOULU, puis FERMENTĂ 12-48h. Sans fermentation, c'est juste de la bouillie de maĂŻs (= owo, autre plat). Le goĂ»t LĂGĂREMENT ACIDE est le marqueur. Ă l'export : utiliser farine de maĂŻs + 1 c.Ă .s. de vinaigre blanc pour mimer la fermentation (acceptable mais pas authentique). (3) MAĂS BLANC, JAMAIS JAUNE : la variĂ©tĂ© 'gbeli' (maĂŻs blanc Ă grains ronds) est l'authentique, cultivĂ©e par les agriculteurs fon depuis 16e siĂšcle (introduction portugaise). MaĂŻs jaune = ratage gastronomique. (4) FEUILLE DE TECK (TECTONA GRANDIS) : emballage signature â pĂąte chaude versĂ©e dans un cĂŽne de feuille de teck (ou bananier, manioc, parfois tonkin). En refroidissant, la feuille parfume lĂ©gĂšrement et la pĂąte prend forme conique compacte. Ă l'export : papier sulfurisĂ© ou aluminium acceptable, mais emballage feuille = Ăąme du plat. (5) PAS UN PLAT EN SOI : l'akassa est une BASE, jamais consommĂ©e seule. Toujours accompagnĂ©e de sauces : sauce gombo (gboma), sauce Ă©pinards (sauce feuilles), sauce cacahuĂšte, sauce tomate-piment (moyo), poisson frit, viande braisĂ©e, fromage soja (amon soja). (6) CHAUD vs FROID : se mange CHAUD juste aprĂšs prĂ©paration (texture lisse, Ă©lastique, lĂ©gĂšrement ferme), ou FROID aprĂšs refroidissement (devient plus ferme, se coupe Ă la cuillĂšre). Les vendeuses de rue Ă Cotonou (les 'tantines de l'akassa') le servent FROID emballĂ© en feuille â petit-dĂ©jeuner ouvrier. (7) ĂPONGE Ă SAUCE : la fonction premiĂšre de l'akassa est d'Ă©ponger les sauces fon. On le pĂ©trit en boule Ă la main droite, on le trempe dans la sauce, on porte Ă la bouche. Sans sauce : pĂąte triste. (8) AKASSA vs WĂ : 'wĂŽ' (autre pĂąte fon) est faite avec le MĂME maĂŻs blanc mais SANS fermentation et avec une cuisson plus longue, plus ferme. Confusion frĂ©quente mĂȘme chez les BĂ©ninois. Akassa = fermentĂ© + acide. WĂŽ = non fermentĂ© + neutre. (9) AMON SOJA : compagnon classique â 'fromage' fait de lait de soja caillĂ©, frit en cubes croustillants. Couplage akassa + amon soja + sauce moyo = repas populaire ouvrier de Cotonou.
Sodabi (eau-de-vie de palme bĂ©ninoise) en version village/vodun â 1 verre symbolique. Bissap rouge ou jus de baobab pour enfants et abstinents. Tchakpalo (biĂšre de mil traditionnelle). Eau plate fraĂźche acceptĂ©e. Ă noter : l'akassa Ă©tant une base et non un plat principal, l'accord boisson dĂ©pend SURTOUT de la sauce qui l'accompagne (sauce poisson â biĂšre lĂ©gĂšre, sauce arachide â vin rouge lĂ©ger).
9/10 â base alimentaire quotidienne du sud BĂ©nin (fon, mahi, yoruba), fiertĂ© culinaire fondatrice. PrĂ©sent dans tous les marchĂ©s du sud : Dantokpa (Cotonou, plus grand marchĂ© d'Afrique de l'Ouest), Tokpota (Porto-Novo), Ouando, CadjĂšhoun. Petit-dĂ©jeuner ouvrier de Cotonou : akassa + amon soja + sauce moyo, vendu par les 'tantines' aux carrefours. Plat populaire dans les maquis. Restaurants : Le Routard (Cotonou), La Cabane, Saveur d'Afrique (Porto-Novo). Ă l'export : restaurants 'Le BĂ©ninois' (Paris 18e), 'Ouidah' (Bruxelles). RĂ©fĂ©rence dans le programme TV ORTB 'Cuisine du terroir' (chaĂźne nationale bĂ©ninoise). PrĂ©sent dans les ouvrages d'Edith Akpata 'Saveurs du BĂ©nin' (2018), Fongbe BĂ©nin (rĂ©fĂ©rence cuisine fon).
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Rincer 500 g de maĂŻs blanc en grains. Couvrir d'eau froide (1,5 fois le volume). Laisser tremper 24h Ă T° ambiante. Ăgoutter. Moudre au moulin (ou mixeur puissant) avec 200 ml d'eau jusqu'Ă pĂąte lisse beige clair. Tamiser Ă travers une Ă©tamine ou passoire fine pour Ă©liminer les peaux dures. RĂ©server le 'lait de maĂŻs' obtenu â c'est la base fermentable.
Verser le lait de maĂŻs dans un grand bol en verre ou inox (pas plastique). Couvrir d'un torchon lĂ©ger (pas hermĂ©tique : il faut de l'air). Laisser fermenter 24-48h Ă T° ambiante (idĂ©alement 25-28°C). Au bout de 24h, le mĂ©lange a un goĂ»t LĂGĂREMENT AIGRE et des petites bulles Ă la surface â c'est la fermentation lactique en route. Ă 48h : franchement aigre, prĂȘt. Si trop chaud (> 35°C) : risque mauvaise fermentation, surveiller. Si trop froid : prolonger jusqu'Ă 72h.
Verser le lait de maĂŻs fermentĂ© dans une grande casserole Ă fond Ă©pais. Ajouter 600 ml d'eau supplĂ©mentaire. Porter Ă frĂ©missement Ă feu moyen, en remuant SANS ARRĂT Ă la cuillĂšre en bois plate (style cou-cou stick). La masse commence Ă Ă©paissir au bout de 5-7 min. Continuer Ă remuer en mouvement de HUIT (jamais en cercle).
RĂ©duire le feu Ă doux. Continuer Ă cuire pendant 45-50 min en remuant TRĂS RĂGULIĂREMENT (toutes les 2-3 min) avec la cuillĂšre en bois plate. La pĂąte Ă©paissit progressivement, devient lisse, brillante, Ă©lastique. Elle doit se DĂCOLLER des parois et former une masse compacte qui tient en boule. Ajouter le sel en fin de cuisson, mĂ©langer 1 min. GoĂ»ter : doit ĂȘtre lĂ©gĂšrement aigre, lisse, Ă©lastique.
Pendant que l'akassa cuit (en remuant) : dans un bol, mélanger 400 g de tomates hachées fines, 1 oignon rouge émincé, 1 piment Scotch Bonnet émincé, 2 gousses d'ail haché, 3 c.à .s. d'huile d'arachide, 1 c.à .s. de vinaigre, 0,5 cube Maggi émietté, sel et poivre. Bien mélanger. Laisser macérer 15 min à T° ambiante. C'est une salsa béninoise crue piquante, signature accompagnement de l'akassa.
PrĂ©parer les feuilles de teck (ou bananier, ou papier sulfurisĂ©) â 6 piĂšces de 25x25 cm. Plier chaque feuille en cĂŽne (comme un cornet de frites). DĂšs que l'akassa est cuite, encore trĂšs chaude, en prĂ©lever environ 200 g Ă la louche, verser dans le cĂŽne, refermer en pliant les bords vers le bas, agrafer avec une petite tige en bois ou trombone. Laisser refroidir 10 min : la pĂąte se rigidifie en cĂŽne.
pĂąte + sauce + protĂ©ine â DĂ©mouler les cĂŽnes d'akassa dans des assiettes plates (ou laisser dans la feuille pour service traditionnel). Disposer 1 portion de poisson frit ou braisĂ© Ă cĂŽtĂ©. Verser 2-3 c.Ă .s. de sauce moyo dans une coupelle Ă PART (ou en petit tas Ă cĂŽtĂ©). Servir TIĂDE (pas brĂ»lant). Ă table : prendre une bouchĂ©e d'akassa avec la main droite, la pĂ©trir en boule, la tremper dans la sauce moyo, porter Ă la bouche avec un morceau de poisson.
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