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Atlas Culinaire · Anguilla · Amériques
Le grand sea snail des fonds anguillais, attendri puis mijotĂ© lentement dans un curry dorĂ© au lait de coco â la conque (conch / lambi) est le mollusque-totem d'Anguilla, pĂȘchĂ© Ă la lambada depuis des gĂ©nĂ©rations
Faut-il **bouillir la conque avant de la mijoter**, ou la mijoter crue tranchĂ©e fin ? Le dĂ©bat traverse toutes les CaraĂŻbes anglophones. CĂŽtĂ© hispanophone, **Clara Gonzalez** (dominicancooking.com, recette lambĂ guisado) tranche pour le **cru tranchĂ© ultra-fin contre les fibres** â « slice against the fibers, as thinly as possible, since conch is naturally rubbery » â un mijotage court de quelques minutes seulement, sans prĂ©-bouillage. La tradition anguillaise et antillaise anglophone, elle, **prĂ©-bouillit la conque 20 Ă 30 minutes** aprĂšs l'avoir martelĂ©e au maillet Ă 3 mm d'Ă©paisseur, pour casser la fibre coriace avant le mijotage long au curry (recipes.net, *Best Foods To Try In Anguilla*, dĂ©crit explicitement le stewed conch « slow-cooked in a broth with vegetables and spices to tenderize the meat »). Le point tranchĂ© : Ă Anguilla, terre de pĂȘcheurs oĂč le **lambi** est ramassĂ© Ă la main sur les bancs de sable, la conque est un muscle dense qui exige l'attendrissage mĂ©canique PUIS thermique â pas de raccourci. TroisiĂšme acteur, le **versant conservation** : Clara Gonzalez rappelle que la pĂȘche de la queen conch (*Aliger gigas*) est saisonniĂšrement interdite dans plusieurs pays (1er juilletâ31 octobre en RĂ©publique Dominicaine) pour protĂ©ger l'espĂšce CITES Annexe II ; Ă Anguilla, le respect de la saison et des tailles minimales fait partie de l'Ă©thique du pĂȘcheur. URL adossĂ©e : https://www.dominicancooking.com/lambi-guisado-stewed-conch-recipe
Ti-punch au rhum agricole local â biĂšre Carib glacĂ©e â limonade au citron vert pour version sans alcool
La conque â *conch* en anglais anguillais, *lambi* dans les CaraĂŻbes francophones â est le **mollusque-totem d'Anguilla**, Ăźle de pĂȘcheurs sans relief oĂč la mer fait office de garde-manger. RamassĂ©e Ă la main sur les bancs de sable et les herbiers, elle se dĂ©cline en fritters (beignets) servis en apĂ©ritif dans tous les beach bars, en salade fraĂźche (tomate-oignon-citron vert), et en version mijotĂ©e â le stewed/curried conch â qui est le plat de fond, plus rassasiant, qu'on cuisine en famille. Sa chair dense exige le savoir-faire de l'attendrissage que toute cuisiniĂšre anguillaise maĂźtrise. Note 9/10 : pilier identitaire de la cuisine de l'Ăźle, juste derriĂšre le Pigeon Peas & Rice national.
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Rincer la conque parĂ©e Ă l'eau froide. Retirer impĂ©rativement la fine peau coriace qui entoure la chair (« the thin skin surrounding it ») ainsi que le bout dur, au couteau bien aiguisĂ© et avec prudence â la chair crue est glissante. DĂ©poser chaque morceau entre deux feuilles de film et le marteler au maillet Ă viande jusqu'Ă environ 3 mm d'Ă©paisseur : c'est l'attendrissage mĂ©canique qui casse la fibre coriace. Frotter la conque martelĂ©e avec le jus d'un citron vert et laisser dĂ©gorger 10 minutes.
Porter une casserole d'eau Ă Ă©bullition avec la feuille de laurier et le jus du second citron vert. Y plonger la conque martelĂ©e et bouillir 20 Ă 30 minutes selon l'Ă©paisseur, jusqu'Ă ce qu'elle commence Ă cĂ©der sous la fourchette. C'est l'attendrissage thermique qui prend le relais du martelage. Ăgoutter la conque en RĂSERVANT le bouillon filtrĂ© â il deviendra la base parfumĂ©e du curry, rien ne se jette Ă Anguilla.
Laisser tiĂ©dir la conque prĂ©-bouillie. La tailler en laniĂšres ou en dĂ©s rĂ©guliers EN TRAVERS des fibres (contre le grain), comme l'insiste Clara Gonzalez â c'est la coupe qui garantit le moelleux final. RĂ©server. Pendant ce temps, Ă©mincer l'oignon, Ă©craser l'ail, ciseler la cive, rĂąper le gingembre, effeuiller le thym. La mise en place doit ĂȘtre prĂȘte avant d'attaquer le curry, qui va vite.
Chauffer l'huile dans une cocotte Ă feu moyen. Y verser la poudre de curry caribĂ©en et la « blondir » 1 minute en remuant sans cesse, jusqu'Ă ce qu'elle libĂšre son parfum et fonce lĂ©gĂšrement. Cette Ă©tape rĂ©veille les Ă©pices et tue le goĂ»t cru de poudre â elle est la signature du curry caribĂ©en rĂ©ussi. Ajouter aussitĂŽt l'oignon, l'ail, le gingembre et la cive, et suer 5 minutes jusqu'Ă transluciditĂ©.
Incorporer le concentrĂ© de tomate et remuer 1 minute pour le cuire. Verser le lait de coco et environ 250 ml du bouillon de conque rĂ©servĂ©, gratter le fond de la cocotte. Ajouter le thym frais, le piment Scotch bonnet ENTIER non percĂ© (pour le parfum sans le feu brut) et les dĂ©s de pomme de terre. Porter Ă frĂ©missement doux. La sauce doit ĂȘtre dorĂ©e, nappante et parfumĂ©e, jamais bouillante Ă gros bouillons.
Ajouter la conque tranchée dans la sauce frémissante. Couvrir et laisser mijoter à feu doux 20 à 25 minutes, jusqu'à ce que les pommes de terre soient fondantes et que la conque ait fini de s'attendrir tout en s'imprégnant du curry. Remuer délicatement de temps en temps. Si la sauce épaissit trop, allonger avec un peu de bouillon de conque. La pomme de terre qui se délite légÚrement lie naturellement le curry.
Retirer le piment Scotch bonnet entier (avant qu'il n'Ă©clate) et la feuille de laurier. GoĂ»ter, ajuster le sel et le poivre â souviens-toi que le bouillon de conque Ă©tait dĂ©jĂ salĂ©. Couper le feu et laisser reposer 5 minutes couvert : le curry se concentre et la conque se dĂ©tend. Servir bien chaud sur du riz blanc ou du Pigeon Peas & Rice, avec quelques quartiers de citron vert et de la cive ciselĂ©e par-dessus.
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