Chargement de lâatlas
Atlas Culinaire · Antigua-et-Barbuda · Amériques
Ailleurs on l'appelle black pudding â Ă Antigua, on dit rice pudding, et on le sert dans un fond de son eau
baconismagic.ca, qui recense la cuisine antiguaise de terrain, le note explicitement â « black pudding is also known as rice pudding in Antigua » â et un tĂ©moignage de Sainte-HĂ©lĂšne ajoute un dĂ©tail de service dĂ©cisif : « back home we call it black pudding, but here in Antigua it's called rice pudding [...] while at home we would drain the water off, here it's served in a little water ».
Le boudin antiguais **se sert donc mouillé**, dans un fond de son eau de pochage, ce qui est un usage local net et non une négligence.
Sur la composition, la recette publiĂ©e par newsamericasnow.com sous le titre *Black Pudding Or Antigua Rice Pudding* donne les marqueurs : quatre yards de boyaux de bĆuf nettoyĂ©s, une pinte de sang de bĆuf, deux pintes de riz cuit **au lait de coco**, et un assaisonnement cannelle-thym-cĂ©leri-Ă©chalote-basilic.
Le lait de coco et la cannelle sont ce qui sĂ©pare ce boudin de son ancĂȘtre europĂ©en.
Enfin, le contexte social est explicite et documentĂ© : le rice pudding appartient au **cluster du samedi** antiguais avec le maw (soupe de tripes au piment), le souse, la bull foot soup et la fish water â un ensemble de plats d'abats hĂ©ritĂ©s de la pĂ©riode esclavagiste, quand ces morceaux Ă©taient ce qu'on laissait aux esclaves, et qu'on trouve aujourd'hui sur les Ă©tals de bord de route du vendredi soir et du samedi matin.
Cliquez un ingrédient pour le cocher pendant vos courses.
C'est l'étape qui décide de tout, et elle ne se bùcle pas. Retourner chaque boyau comme une chaussette, en s'aidant d'un filet d'eau froide poussé à l'intérieur pour amorcer le retournement. Frotter la paroi interne au gros sel, à pleines mains, puis rincer. Recommencer trois fois en alternant sel et eau vinaigrée, **jusqu'à ce que l'eau de rinçage ressorte parfaitement claire et sans odeur**. Laisser tremper les boyaux propres dans de l'eau froide vinaigrée le temps de préparer la farce.
Le pourquoiLe sel agit par abrasion et par osmose sur le mucus intestinal ; le vinaigre neutralise ensuite les composés azotés responsables de l'odeur résiduelle.
Rincer 400 g de riz Ă l'eau froide jusqu'Ă ce qu'elle ressorte claire. Le mettre dans une casserole avec 300 ml de lait de coco et 300 ml d'eau, saler, porter Ă frĂ©missement puis couvrir et cuire Ă feu trĂšs doux quinze minutes. Le riz doit ĂȘtre **cuit mais encore ferme**, lĂ©gĂšrement en deçà du point oĂč on le mangerait â il finira de gonfler dans le boyau pendant le pochage. Ătaler ensuite le riz sur un plateau et le laisser refroidir complĂštement.
Le pourquoiUn riz cuit Ă cĆur avant l'embossage Ă©claterait le boyau en gonflant au pochage ; un riz al dente garde de la marge d'expansion.
Passer les 470 ml de sang au chinois fin dans un grand saladier pour retirer les caillots Ă©ventuels. Ajouter le riz froid, les Ă©chalotes, le cĂ©leri, le thym, le basilic, la cannelle, le sel, le poivre et le piment hachĂ©. MĂ©langer longuement Ă la main ou Ă la spatule jusqu'Ă ce que **chaque grain soit uniformĂ©ment colorĂ© et qu'il ne reste aucun grumeau** â c'est le repĂšre donnĂ© par la recette antiguaise de rĂ©fĂ©rence. La farce prend une couleur brun sombre uniforme, presque noire, avec les points verts des herbes.
Le pourquoiLe sang est une émulsion de protéines qui coagulent vers 70 °C ; enrobés à froid, les grains de riz sont chacun gainés de protéine qui les liera à la cuisson.
Nouer solidement une extrĂ©mitĂ© de boyau. Ă l'aide d'un entonnoir large ou d'un poussoir Ă saucisses, remplir le boyau de farce en le tassant rĂ©guliĂšrement Ă la main **sans dĂ©passer les deux tiers de sa capacitĂ©**, en laissant le boyau visiblement souple et non tendu. Nouer l'autre extrĂ©mitĂ©, puis former des sections d'environ vingt centimĂštres en tordant le boyau sur lui-mĂȘme et en ficelant Ă chaque sĂ©paration. RĂ©pĂ©ter avec les autres boyaux.
Le pourquoiLe riz absorbe encore de l'eau pendant le pochage et gagne jusqu'à un tiers de volume : un boyau rempli à ras éclatera systématiquement.
Porter une grande marmite d'eau salĂ©e Ă **frĂ©missement doux, jamais Ă Ă©bullition** â la surface doit Ă peine trembler, autour de 85 °C. Y plonger les boudins dĂ©licatement. DĂšs qu'ils sont immergĂ©s, les piquer Ă l'aiguille fine tous les cinq centimĂštres pour Ă©vacuer l'air emprisonnĂ© : de fines bulles s'Ă©chappent. Pocher vingt Ă vingt-cinq minutes en maintenant le frĂ©missement. Le boudin gonfle lĂ©gĂšrement, prend une teinte gris-brun et se raffermit.
Le pourquoiAu-dessus de 90 °C, la vapeur produite à l'intérieur du boyau dépasse la résistance du collagÚne de la paroi et le fait éclater.
Sortir les boudins à l'écumoire et les déposer sur une grille. **Conserver l'eau de pochage** : elle servira au service, selon l'usage antiguais. Laisser refroidir vingt minutes, puis badigeonner légÚrement les boudins d'huile neutre au pinceau. Ils cessent alors de coller entre eux et prennent l'aspect brillant caractéristique des étals de bord de route. à ce stade, ils se conservent trois jours au réfrigérateur et se réchauffent dans leur eau.
Le pourquoiLe repos permet aux protéines coagulées de finir de se structurer et à l'amidon du riz de se stabiliser, ce qui donne une tranche nette au couteau.
C'est ici que l'usage antiguais se distingue de tous les autres. Trancher les boudins en tronçons de trois Ă quatre centimĂštres, les rĂ©chauffer deux minutes dans leur eau de pochage, puis les servir **dans un bol avec un fond de cette eau** â contrairement Ă l'habitude europĂ©enne ou saint-hĂ©lĂ©nienne, qui Ă©goutte complĂštement. Accompagner de sauce piquante Scotch bonnet et de mango sour ou tamarind sour. Le plat se mange le samedi, souvent debout, en bord de route ou au comptoir.
Le pourquoiL'eau de pochage, chargĂ©e de gras de coco et de sucs du boyau, fonctionne comme un bouillon court qui garde le boudin moelleux et empĂȘche le riz de sĂ©cher.
Marquez-la cuisinée : elle entre dans votre journal, vous rapporte des points d'explorateur.
Sourcer ou se taire
Aucun commentaire pour l'instant. Sois le premier Ă cuisiner cette recette.
Vous l'avez testée ? Notez-la et partagez votre version : vous aidez l'Atlas à grandir.