vers 2 000 av. J.-C.
Premiers habitants et ressources marines
Les premiĂšres populations amĂ©rindiennes, ancĂȘtres des peuples SaladoĂŻdes, s'installent sur les Ăźles d'Antigua et exploitent intensivement les ressources marines : poissons, mollusques, tortues et lamantins. Des fouilles archĂ©ologiques menĂ©es notamment Ă Indian Creek ont rĂ©vĂ©lĂ© des accumulations de coquillages et d'arĂȘtes tĂ©moignant d'une alimentation principalement tournĂ©e vers la mer. La culture du manioc, plante alimentaire centrale des AmĂ©rindiens caribĂ©ens, est Ă©galement attestĂ©e par des restes botaniques dans ces sites.
vers 1100
Présence arawak et culture du manioc
Les Arawaks (TaĂŻnos) et leurs successeurs les CaraĂŻbes dĂ©veloppent une agriculture structurĂ©e sur l'Ăźle, centrĂ©e sur le manioc doux et amer dont ils extraient une farine (cassave) servant Ă confectionner des galettes plates cuites sur pierre. Cette technique de transformation du manioc amer, neutralisant sa toxicitĂ© naturelle, tĂ©moigne d'un savoir-faire alimentaire sophistiquĂ© documentĂ© par les premiers chroniqueurs espagnols au XVe siĂšcle. Les Arawaks pratiquent Ă©galement la pĂȘche au filet et cultivent le maĂŻs, la patate douce et diverses courges.
1632
Colonisation britannique et plantations sucriĂšres
Les Britanniques établissent leur premiÚre colonie permanente à Antigua en 1632 et introduisent rapidement la culture intensive de la canne à sucre, qui va transformer radicalement le paysage alimentaire de l'ßle. L'importation massive d'esclaves africains à partir des années 1670 entraßne l'introduction d'ingrédients et de techniques culinaires d'Afrique de l'Ouest : gombo, igname, banane plantain et techniques de cuisson en pot unique. Cette synthÚse forcée entre cultures africaines, amérindiennes et européennes pose les fondements de la cuisine créole antiguaise.
1834
Abolition et réappropriation culinaire africaine
L'abolition de l'esclavage dans l'Empire britannique en 1834, effective Ă Antigua dĂšs le 1er aoĂ»t 1834 sans pĂ©riode de transition (contrairement aux autres colonies), marque un tournant dans l'affirmation des pratiques culinaires d'origine africaine. Les plats de subsistance des anciens esclaves, comme le fungee et le pepperpot, sont progressivement rĂ©appropriĂ©s comme marqueurs d'identitĂ© culturelle et de rĂ©sistance. Cette date est encore cĂ©lĂ©brĂ©e Ă Antigua comme le Carnival et le jour de la fiertĂ© nationale, avec des prĂ©parations culinaires traditionnelles au cĆur des festivitĂ©s.
1981
Indépendance et patrimonialisation du fungee
Lors de l'accession Ă l'indĂ©pendance le 1er novembre 1981, le gouvernement d'Antigua-et-Barbuda consacre officiellement le 'fungee and pepperpot' comme plat national, inscrivant la gastronomie crĂ©ole dans l'identitĂ© souveraine du nouvel Ătat. Cette dĂ©cision politique et culturelle s'inscrit dans un mouvement caribĂ©en plus large de valorisation des hĂ©ritages culinaires africains et autochtones aprĂšs des siĂšcles de marginalisation coloniale. Depuis lors, des initiatives de documentation des recettes traditionnelles et de promotion du marchĂ© local de l'ananas noir soutiennent la prĂ©servation du patrimoine gastronomique national.