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Atlas Culinaire · Pérou · Amériques
Le riz identitaire du manglar tumbésin : graneado saisi dans le jugo noir des conchas negras (Anadara tuberculosa), teinté d'un gris ardoise profond, à ne pas confondre avec un arroz con mariscos générique.
Cliquez un ingrédient pour le cocher pendant vos courses.
Brossez les coquilles sous l'eau froide pour Îter la vase du manglar, puis ouvrez chaque concha au couteau à hußtres AU-DESSUS d'un bol : détachez le mollusque et laissez couler tout son jugo noir, cette encre iodée qui fait l'ùme du plat. On cherche des chairs orangées bien pleines et un liquide couleur ardoise ; à l'ancienne, un cuisinier tumbésin goûte une concha crue pour vérifier la fraßcheur. Si une concha était ouverte et ne s'est pas refermée sous le froid, jetez-la. Filtrez le jugo à travers une passoire fine pour retenir le sable, réservez chairs et jugo séparément.
Réunissez les chairs de conchas, la moitié du jugo réservé et la chicha de jora dans un bol ; laissez macérer le temps de préparer l'aderezo (15 à 30 min). La chicha, légÚrement acide et fermentée, arrondit l'iode des conchas et prépare les chairs à rester tendres. à Tumbes, certaines cuisiniÚres comme Lily Correa prolongent cette macération plusieurs heures pour un goût plus profond. Vous devez sentir le mélange devenir plus rond, moins mordant que le jugo seul.
Dans une sauteuse large, chauffez l'huile et faites suer l'oignon rouge ciselé jusqu'à translucidité, puis ajoutez l'ail, l'ajà panca, l'ajà amarillo, l'ajà limo, le cumin et le poivre. Laissez cuire à feu moyen 5 à 6 min en remuant : l'aderezo doit foncer, sentir le piment grillé et ne plus accrocher le cru de l'oignon. C'est la base rouge-brique typique de la cuisine tumbésine. Si ça attache, déglacez d'une cuillÚre de chicha.
Versez sur l'aderezo la chicha de la marinade PLUS la seconde moitiĂ© du jugo noir rĂ©servĂ© (gardez les chairs de cĂŽtĂ© un instant). Portez Ă lĂ©ger frĂ©missement et laissez rĂ©duire 2 Ă 3 min : le fond vire au gris ardoise et concentre l'iode du manglar. C'est le moment qui donne au riz sa couleur signature. Le liquide doit rester assez prĂ©sent pour humidifier tout le riz Ă venir, sans ĂȘtre une soupe.
Ajoutez le riz cuit graneado (idéalement froid, grains détachés) et mélangez délicatement pour que chaque grain se colore dans le fond noir. Travaillez à la spatule en soulevant plutÎt qu'en écrasant, 2 à 3 min, jusqu'à ce que le riz prenne une robe gris ardoise uniforme et chaude. Incorporez les petits pois. Le riz doit rester meuble et légÚrement humide, jamais compact.
Baissez le feu au minimum, ajoutez les chairs de conchas égouttées et le beurre, puis mélangez seulement 60 à 90 secondes, juste pour les réchauffer et lier le riz de brillance. Les conchas ne doivent PAS bouillir : elles restent charnues et fondantes, avec ce mordant iodé qui fait tout le plat. Rectifiez le sel et le poivre en dernier. Coupez le feu dÚs que les chairs sont chaudes.
Hors du feu, parsemez de coriandre hachée et donnez un dernier tour délicat. Laissez reposer 1 à 2 min couvert pour que les grains boivent le reste de liquide. Dressez en dÎme, couronnez de salsa criolla, plantez quelques chifles à la verticale et posez des quartiers de limón. Le contraste du riz noir tiÚde, de la salsa criolla acidulée et du chifle croquant est la signature de la table tumbésine.
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Sourcer ou se taire
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