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Atlas Culinaire · Brésil · Sul
Le riz des charretiers du Pampa — charque dessalé et effiloché doré dans la banha, riz agulhinha cuit dans le bouillon de viande, cheiro-verde en finition : la comida de campanha née sur les chars à bœufs et devenue l'âme du galpão gaúcho
L'Arroz de Carreteiro porte TROIS débats vifs. CHARQUE VS CARNE SECA — pour les puristes gaúchos et les charqueadas historiques de Pelotas (citées par Sabor Gaúcho et la tradition du Ciclo do Charque), le carreteiro authentique se fait au CHARQUE (bœuf salé puis séché au soleil, plus sec et plus salé, typiquement sud-brésilien), PAS à la carne seca / carne-de-sol (séchage plus court, plus tendre, typiquement nordestine) ni à la viande fraîche — la version à la viande fraîche ou aux restes de churrasco, bien que populaire et reconnue par Wikipédia pt-BR, est considérée par les anciens comme un 'arroz com carne' et non un vrai carreteiro. CARRETEIRO VS MARIA-ISABEL — le même plat préparé au Centro-Oeste et au Nordeste avec de la carne de sol s'appelle maria-isabel : débat sur la paternité du plat, le RS revendiquant l'origine via les carreteiros et le Ciclo do Charque. ORIGINE CARRETEIROS VS REVOLUÇÃO FARROUPILHA — certaines sources (Sabor Gaúcho) lient le plat aux troupes de la Révolution Farroupilha (1835-1845) cherchant un repas portable, d'autres (Wikipédia pt-BR, Nestlé) aux carreteiros transportant des marchandises en chars à bœufs sans réfrigération au XIXe siècle. Acteurs : charqueadas de Pelotas et São Gonçalo (patrimoine du Ciclo do Charque), CTG (Centros de Tradições Gaúchas), tradition du galpão. URL adossée : https://pt.wikipedia.org/wiki/Arroz_de_carreteiro
L'Arroz de Carreteiro se sert en plat unique du galpão gaúcho, des almoços de domingo, des rodeios et de la Semana Farroupilha. Accord traditionnel : le chimarrão (yerba-mate en cuia, partagé en roda) accompagne culturellement le repas gaúcho — boisson non-alcoolisée SIGNATURE par excellence. Côté alcool : une bière brésilienne légère et glacée (Polar, marque historique du RS, ou Brahma) qui rince le gras du charque ; ou un vin rouge de table jeune et rustique de la Serra Gaúcha (Bordô/Isabel) en version repas dominical. Variante non-alcoolisée au-delà du chimarrão : suco de uva integral (jus de raisin de la Serra) ou refresco de limão. ÉVITER les vins fins tanniques (écrasés par le sel du charque) et les sodas sucrés (heurtent le salé-gras).
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Couper 400 g de charque en gros morceaux. Le couvrir d'eau froide dans un saladier et placer au réfrigérateur idéalement la veille (minimum 4-6 h). Changer l'eau 3 à 4 fois pour extraire le sel excédentaire. Le charque est volontairement très salé pour sa conservation sans réfrigération (héritage du Ciclo do Charque) — ce dessalage est NON-NÉGOCIABLE. Goûter un petit morceau cru rincé : il doit rester sapide mais plus immangeable de sel.
Égoutter le charque dessalé. Le placer dans une casserole avec 1 feuille de laurier et de l'eau à hauteur. Cuire 15-20 min à frémissement (ou 12 min en cocotte-minute) jusqu'à ce qu'il s'attendrisse et s'effiloche facilement. RÉSERVER l'eau de cuisson filtrée (≈ 800 mL) — c'est le bouillon umami qui cuira le riz. Couper ou effilocher la viande en petits morceaux (picado), JAMAIS au mixeur.
Dans une grande panela de ferro (cocotte en fonte) ou une cocotte épaisse, faire fondre 45 g de banha (3 c.à.s.) à feu moyen-vif. Y jeter le charque effiloché et le faire BIEN DORER 5-6 min jusqu'à caramélisation des bords (réaction de Maillard). C'est cette étape qui développe le goût profond du plat. Réserver une partie si la cocotte est trop pleine.
Dans le même gras, ajouter 2 oignons hachés et faire suer 4 min jusqu'à transparence. Ajouter 4 gousses d'ail hachées, le poivron vert en dés, et laisser revenir 2 min. Incorporer 2 tomates concassées + 1 c.à.s. de concentré de tomate. Cuire 6-8 min jusqu'à ce que la tomate s'effondre en sauce épaisse autour de la viande. Poivrer.
Verser 400 g (2 tasses) de riz agulhinha sec dans la cocotte et le faire nacrer 2 min en remuant pour l'enrober de gras. Mouiller avec 800 mL du bouillon de cuisson du charque CHAUD (ratio 1 riz : 2 liquide). Mélanger une seule fois pour bien répartir. Goûter le liquide et ajuster le sel SEULEMENT maintenant (le charque relargue du sel).
Porter à ébullition, puis baisser à feu doux et couvrir. Cuire 18 minutes SANS remuer ni soulever le couvercle (la vapeur fait le travail). Le riz doit absorber tout le liquide et rester soltinho. En fin de cuisson, un léger pegado (riz doré accroché au fond de la panela de ferro) est recherché et apprécié des gaúchos.
Couper le feu et laisser reposer 5 min couvert. Défaire délicatement le riz à la fourchette pour aérer les grains sans les écraser. Vérifier l'assaisonnement une dernière fois. La texture finale est un riz humide mais à grains détachés, parsemé de morceaux de charque doré.
Hors feu, parsemer généreusement de cheiro-verde (cebolinha + salsa hachées) et mélanger délicatement. Servir BIEN CHAUD directement dans la panela de ferro posée sur la table (tradition galpão), accompagné d'une couve refogada (chou cavalier sauté) ou d'une simple salade tomate-oignon. Le chimarrão circule en roda. Pour la Semana Farroupilha, servir en grande quantité pour le groupe.
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