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Atlas Culinaire · Venezuela · Caracas
Le rĂŽti caraqueño du dimanche â muchacho redondo entier marinĂ©, saisi dans le sucre brĂ»lĂ© jusqu'Ă robe d'Ă©bĂšne, braisĂ© des heures dans le vin et le papelĂłn jusqu'Ă fondre sous la cuillĂšre, sauce noire signature de la table crĂ©ole vĂ©nĂ©zuĂ©lienne, plat n°1 substitut du pernil sur les tables de NoĂ«l
L'**Asado Negro** se fait-il avec **SUCRE BRĂLĂ**, **PAPELĂN** ou **COCA-COLA** ? Trois Ă©coles. ĂCOLE 1 - SUCRE BLANC CARAMĂLISĂ : la cuisine bourgeoise caraqueña des annĂ©es 1950-70 brĂ»le du sucre raffinĂ© jusqu'Ă la robe **noir-acajou foncĂ©** (juste avant l'amer) et y plonge la viande pour la teinter â technique hĂ©ritĂ©e de la **cuisine coloniale espagnole** qui exige une chimie prĂ©cise (caramel arrĂȘtĂ© Ă 180°C max, sinon goĂ»t brĂ»lĂ© persistant). ĂCOLE 2 - PAPELĂN (ORTHODOXIE) : la doctrine **vĂ©nĂ©zuĂ©lienne pure** utilise du **papelĂłn** (panela conique de canne Ă sucre non raffinĂ©e, plus sombre que la panela colombienne â distinction sourcĂ©e par Wikipedia ES Panela), qui apporte mĂ©lasse + minĂ©raux + complexitĂ© fumĂ©e + couleur naturelle ; selon Wikipedia ES Asado_negro, le papelĂłn est ce qui **'donne le ton sombre et la saveur sucrĂ©e'** caractĂ©ristique. Les puristes refusent le sucre raffinĂ© â sans papelĂłn ce n'est pas un asado negro, c'est un pot-roast brun. ĂCOLE 3 - COCA-COLA / PEPSI : version moderne urbaine et **diaspora vĂ©nĂ©zuĂ©lienne** (Miami, Madrid) qui remplace papelĂłn + caramĂ©lisation par 1 litre de Coca-Cola â la cuisson rĂ©duit le cola en sirop noir-caramĂ©lisĂ© qui imite le rĂ©sultat avec moins de technique. MĂ©prisĂ©e par la vieille garde caraqueña (**'sacrilĂšge industriel'**), banale dans les diasporas. DeuxiĂšme controverse : **MORCEAU OBLIGATOIRE = MUCHACHO REDONDO**, point. Wikipedia ES Asado_negro est explicite : **'corte cilĂndrico tomado de la parte trasera de la res llamado muchacho redondo'** (gĂźte arriĂšre cylindrique, Ă©quivalent du gĂźte Ă la noix / eye of round). PAS de paleron, PAS de macreuse, PAS de poitrine â la piĂšce DOIT ĂȘtre cylindrique pour pouvoir trancher en rondelles parfaites au service. TroisiĂšme controverse : **VIN TINTO vs CERVEZA vs RHUM** â Wikipedia ES note les **trois familles** comme variantes de famille acceptables (vin rouge sec dominant Caracas centro, cerveza/biĂšre brune dans le Zulia et la cĂŽte, ron/rhum dans les versions les plus festives). QuatriĂšme controverse : **PIQUER LA VIANDE â COUTEAU ou FIL Ă COUDRE** ? Tradition grand-mĂšre caraqueña : avant de mariner, on **transperce le muchacho** avec un fil de cuisine Ă©pais imbibĂ© de marinade (technique du **mechado**) â pour que les parfums pĂ©nĂštrent jusqu'au cĆur. Modernes : couteau pointu, lardon de bacon enfoncĂ©, ou marinade simple en surface. CinquiĂšme controverse : **DĂGLACER OU NON LE CARAMEL** â Ă©cole Barlovento dĂ©glace au vin avant la viande (sauce plus liquide, moins concentrĂ©e), Ă©cole centro-Caracas plonge la viande directement dans le caramel chaud (croĂ»te plus noire, sauce plus dense). SixiĂšme controverse : **AVEC OU SANS LĂGUMES** â la version **caraqueña stricte** est purement viande+sauce, la version **provinciale** ajoute carottes, oignons, poivrons cuits dans la sauce.
Vin rouge corsĂ© vĂ©nĂ©zuĂ©lien (Bodegas Pomar) ou Malbec argentin â alternative biĂšre brune Polar Negra ou Solera â sans alcool : papelĂłn con limĂłn frais (signature du repas vĂ©nĂ©zuĂ©lien), eau gazeuse au citron
Plat **emblĂ©matique de la cuisine vĂ©nĂ©zuĂ©lienne** selon Wikipedia ES GastronomĂa de Venezuela â listĂ© parmi 'los platos mĂĄs conocidos' aux cĂŽtĂ©s des hallacas, sancocho et empanadas. Originaire de la **Caracas coloniale** (XIXe siĂšcle, hĂ©ritage hispano-crĂ©ole), le plat reste **l'emblĂšme dominical des familles caraqueñas** : on le prĂ©pare le samedi pour le repas du dimanche midi, oĂč il domine la table. Substitut populaire du pernil (jambon rĂŽti) sur les **tables de NoĂ«l et fin d'annĂ©e**. DiffusĂ© dans tout le pays mais conservĂ© comme plat-signature de la **RĂ©gion Capitale (Distrito Capital + Miranda)**. Diaspora vĂ©nĂ©zuĂ©lienne (Miami, Madrid, BogotĂĄ, Buenos Aires) en fait un drapeau identitaire.
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La veille, ficeler le muchacho redondo en saucisson serré (cylindre régulier). Dans un grand saladier ou sac sous-vide, mélanger le vin rouge, oignons émincés, ail écrasé, cumin, origan, laurier, cilantro, poivron, sel, poivre. Plonger la viande, masser, fermer hermétiquement. Réfrigérer **24 heures** (16h minimum), retourner 2-3 fois. La marinade va attendrir et parfumer la piÚce en profondeur.
Sortir la viande, la sĂ©cher SOIGNEUSEMENT au papier absorbant (essentiel pour la saisie). Filtrer la marinade et rĂ©server liquide ET aromates sĂ©parĂ©ment. Dans une grande cocotte en fonte (Le Creuset idĂ©al), faire fondre le papelĂłn rĂąpĂ© + sucre roux Ă feu MOYEN-FORT, sans remuer (faire tourner la cocotte). Surveiller : passe du blond au caramel, puis acajou, puis **noir-acajou** (60-90 sec). ARRĂTER PILE quand la couleur est **brun trĂšs foncĂ© presque noir** mais pas charbon (test goutte sur assiette blanche).
Verser l'huile dans le caramel chaud (attention projection, Ă©cran ou couvercle) â le caramel se solidifie un peu, c'est normal. Ajouter immĂ©diatement le muchacho redondo et le faire rouler dans le caramel huilĂ© pendant **5-7 minutes** Ă feu moyen-fort, en le tournant rĂ©guliĂšrement avec deux fourchettes ou pinces â toutes les faces doivent prendre une **robe d'Ă©bĂšne uniforme**. La viande va d'abord crisser puis se napper. C'est l'Ă©tape SIGNATURE.
Sortir la viande sur assiette. Dans la mĂȘme cocotte, ajouter les oignons et poivron de la marinade, faire suer 5 min jusqu'Ă transparence. Ajouter ail Ă©crasĂ©, pĂąte de tomate (option), Worcestershire â remuer 2 min. Verser la marinade liquide filtrĂ©e + le vin restant â gratter les sucs caramĂ©lisĂ©s au fond avec cuillĂšre en bois. Laisser rĂ©duire 5 min Ă dĂ©couvert.
Replacer le muchacho dans la cocotte. Verser le bouillon de bĆuf chaud â le liquide doit monter aux **2/3 de la viande** (ne PAS l'immerger entiĂšrement). Ajouter laurier, tiges de cilantro, ajuster sel modĂ©rĂ© (la sauce rĂ©duira). Couvrir hermĂ©tiquement, baisser Ă **feu trĂšs doux** (mijotage Ă peine frĂ©missant) â ou enfourner Ă 150°C four. Cuire **3 Ă 4 heures**, retourner la viande toutes les 45 min, vĂ©rifier le niveau de liquide (rajouter bouillon si nĂ©cessaire).
Quand la viande est tendre (couteau s'enfonce sans résistance), la sortir, couvrir lousely d'alu et laisser reposer **15 minutes**. Pendant ce temps, filtrer la sauce dans une casserole (presser les aromates pour extraire le maximum), faire réduire à feu moyen-fort jusqu'à consistance **nappante brillante noire** (8-12 min). Goûter, ajuster sel/poivre. Trancher le muchacho en rondelles réguliÚres de **1cm** au couteau bien aiguisé.
Pendant le repos de la viande : peler les plantains trĂšs mĂ»rs (noirs), les couper en laniĂšres longitudinales d'1cm. Chauffer 1cm d'huile dans une poĂȘle Ă 170°C. Frire les tajadas 2-3 min de chaque cĂŽtĂ© jusqu'Ă dorĂ©-caramel. Ăgoutter sur papier. Cuire le riz blanc Ă part pendant ce temps (riz long, eau salĂ©e 1.5x volume, 18 min).
Sur assiette chaude : disposer 2-3 tranches de muchacho en Ă©ventail, napper gĂ©nĂ©reusement de sauce noire brillante. Riz blanc moulĂ© en quenelle Ă cĂŽtĂ©. Tajadas de plantain en Ă©ventail de l'autre cĂŽtĂ©. Garnir d'une feuille de cilantro frais. Servir IMMĂDIATEMENT avec un verre de papelĂłn con limĂłn ou un vin rouge corsĂ©.
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