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Atlas Culinaire · Bénin · Afrique
Le plat-trait-d'union du BĂ©nin â riz brisĂ© et haricots niĂ©bĂ© cuits ensemble dans une seule marmite, servi avec Ćuf, gari et sauce tomate au piment, du Borgou Ă Cotonou.
Plat fĂ©dĂ©rateur de toute la cuisine bĂ©ninoise mais traversĂ© de tensions identitaires rĂ©gionales. (1) GĂOGRAPHIE TRANCHĂE : l'atassi ('atassin' avec la nasale finale en fon, 'watchĂ©' en goun, 'ayimonlou' en Ă©wĂ© du sud) est l'un des rares plats que TOUTE la population bĂ©ninoise revendique â Nord (Bariba, Dendi, Peulh), Centre (Mahi, Fon), Sud (Goun, Yoruba, Adja). C'est une 'colonne vertĂ©brale culinaire' selon Florine Sikirou (blog Miam Miam BĂ©nin, voix populaire de la cuisine bĂ©ninoise contemporaine). Mais chaque rĂ©gion revendique sa version. (2) NIĂBĂ vs HARICOT ROUGE : le haricot authentique est le NIĂBĂ (Vigna unguiculata, black-eyed pea, haricot Ă Ćil noir) â lĂ©gumineuse africaine de base. Les versions diasporiques utilisent souvent du haricot rouge ou mĂȘme blanc, ce qui est considĂ©rĂ© comme une dĂ©rive. La cheffe Georgiana Viou (Ă©toile Michelin 2023, restaurant Rouge Ă NĂźmes, livre 'Maman' Ă©ditions du ChĂȘne 2023) dĂ©fend le niĂ©bĂ© strict pour authenticitĂ©. (3) RIZ BRISĂ vs RIZ LONG : tradition = riz BRISĂ importĂ© (riz Ă 30-40% de brisures, plus Ă©conomique et au grain qui s'imbibe mieux des saveurs). Versions modernes ou export = riz long basmati ou parfumĂ©. Les puristes condamnent : 'le basmati ne boit pas comme le brisĂ©'. (4) GARI EN ACCOMPAGNEMENT : OBLIGATOIRE selon les BĂ©ninois du Sud â semoule de manioc sĂ©chĂ©e saupoudrĂ©e sur le plat. La version du Nord (Borgou) s'en passe. Source : Queen Mafa et Miam Miam BĂ©nin. (5) CUISSON SIMULTANĂE vs SĂPARĂE : guerre de famille. Cuisson simultanĂ©e (haricots + riz dans mĂȘme marmite) = saveur unifiĂ©e, riz teintĂ©. Cuisson sĂ©parĂ©e puis assemblage = grains plus distincts mais perte de fusion aromatique. La majoritĂ© des sources tranchent pour SIMULTANĂE â c'est l'Ăąme du plat. (6) BICARBONATE : pincĂ©e de bicarbonate de soude pendant la cuisson des haricots = digestibilitĂ© amĂ©liorĂ©e + temps rĂ©duit. Tradition contestĂ©e par les puristes ('le niĂ©bĂ© n'a pas besoin'), mais largement pratiquĂ©e dans les mĂ©nages contemporains. (7) ACCOMPAGNEMENTS : Ćuf dur ou au plat + sauce tomate-piment ('djandja' ou 'dja') + gari + parfois poisson frit ou bĆuf braisĂ©. Les variations sont infinies, mais le couple atassi/dja reste indissociable.
Servi traditionnellement avec un grand verre d'eau fraĂźche ou un jus de bissap (hibiscus) glacĂ© â l'aciditĂ©-fraĂźcheur du bissap Ă©quilibre la richesse glucidique. Variante festive : 'tchoukoutou' (biĂšre de mil traditionnelle du Nord) en version artisanale, ou BĂ©ninoise (biĂšre locale) bien fraĂźche. Pour la version familiale du dimanche : eau d'okra glacĂ©e. Pas d'alcool obligatoire â c'est un plat du quotidien.
10/10 â plat du quotidien bĂ©ninois universellement consommĂ©, du Nord (Parakou, Natitingou) au Sud (Cotonou, Porto-Novo). Sert de base au dĂ©jeuner familial 2 Ă 3 fois par semaine dans la majoritĂ© des foyers. PrĂ©sent dans toutes les cantines scolaires, les maquis (gargotes), les bouibouis universitaires, les cĂ©lĂ©brations familiales. La cheffe Ă©toilĂ©e Georgiana Viou (Michelin 2023) en a fait un des plats-signature de son enfance dans son livre 'Maman' (ChĂȘne, 2023), oĂč il occupe une place centrale. PrĂ©sent dans toute la diaspora bĂ©ninoise en France (Ă©piceries afro ChĂąteau-Rouge, Marseille).
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La veille au soir : trier les haricots niébé pour retirer les petits cailloux et grains abßmés. Rincer abondamment à l'eau claire. Placer dans un grand saladier et couvrir d'eau froide à hauteur + 5 cm (les grains vont gonfler). Laisser tremper 8 à 12 heures à température ambiante (couvrir d'un linge propre, pas de couvercle hermétique sinon fermentation). Le lendemain matin : égoutter et rincer.
Mettre les haricots niĂ©bĂ© Ă©gouttĂ©s dans une grande marmite Ă fond Ă©pais. Couvrir de 1.2 l d'eau froide (pas chaude â dĂ©part Ă froid). Ajouter une PETITE pincĂ©e de bicarbonate de soude (optionnel, aide Ă la cuisson et la digestibilitĂ©). PAS DE SEL maintenant. Porter Ă Ă©bullition, Ă©cumer la mousse blanche qui remonte, puis baisser Ă feu moyen. Couvrir Ă demi et cuire 25 Ă 30 minutes : le grain doit ĂȘtre tendre sous la dent mais pas Ă©clatĂ©.
Pendant la cuisson des haricots : Ă©mincer finement l'oignon jaune, Ă©craser l'ail (optionnel). Dans une autre poĂȘle ou sauteuse Ă fond Ă©pais, chauffer 3 c.Ă .s. d'huile de palme rouge Ă feu moyen â l'huile prend une teinte orange vif et libĂšre son parfum caractĂ©ristique. Ajouter l'oignon Ă©mincĂ©, faire suer 4-5 minutes jusqu'Ă transluciditĂ© dorĂ©e (ne pas brunir). Ajouter l'ail si utilisĂ© en fin de cuisson (1 min, pas plus, sinon il brĂ»le).
Quand les haricots sont tendres (test au grain), prĂ©lever environ 600 ml de leur eau de cuisson (la garder pour le riz). Verser les haricots avec le reste de leur eau dans la sauteuse contenant la base oignon-huile rouge. Ajouter le piment frais entier (le retirer avant service pour version douce, ou le hacher pour version forte). Ajouter le cube de bouillon Ă©miettĂ© (optionnel) et 1.5 c.Ă .c. de sel fin â c'est MAINTENANT seulement qu'on sale.
Rincer le riz brisĂ© sous l'eau froide jusqu'Ă ce que l'eau soit claire (Ă©limine l'amidon de surface). Verser le riz rincĂ© dans la sauteuse contenant les haricots. Ajouter l'eau de cuisson rĂ©cupĂ©rĂ©e + de l'eau fraĂźche pour atteindre 600 ml total (ratio 1.5 Ă volume riz). MĂ©langer doucement Ă la cuillĂšre bois. Le liquide doit ĂȘtre 1 cm au-dessus du niveau riz+haricots.
Porter Ă Ă©bullition douce, puis baisser au minimum, COUVRIR hermĂ©tiquement, et laisser cuire 18 Ă 20 minutes SANS OUVRIR le couvercle (la vapeur fait tout le travail). Au bout de 18 min : ouvrir, vĂ©rifier â toute l'eau doit ĂȘtre absorbĂ©e, le riz tendre, les grains distincts. Si encore humide : prolonger 2-3 min couvert. Si sec et grain encore ferme : ajouter 50 ml d'eau bouillante, couvrir 5 min de plus.
Une fois la cuisson terminée, retirer du feu MAIS LAISSER LE COUVERCLE FERMà encore 5 minutes. Cette étape de repos finit l'absorption résiduelle et détache les grains les uns des autres. Au bout de 5 min : retirer le couvercle, retirer le piment entier (sauf si version forte), aérer délicatement le riz à la fourchette en remontant les haricots qui ont tendance à descendre.
Servir l'atassi tiĂšde dans des assiettes creuses ou directement dans un grand plat Ă partager (convention africaine). Pour chaque portion : poser un Ćuf dur Ă©calĂ© et coupĂ© en deux sur le dessus, saupoudrer gĂ©nĂ©reusement de gari (semoule de manioc, optionnel mais traditionnel sud-BĂ©nin), et accompagner d'une louche de sauce dja (tomate-piment) Ă part dans un petit bol. Manger Ă la cuillĂšre ou, traditionnellement, Ă la main droite formĂ©e en boule.
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