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Atlas Culinaire · Burkina Faso · Afrique
Le "caleçon du chien" — ragoût de feuilles d'oseille et d'amarante boulomboulou, lié à l'arachide pilée, parfumé au soumbala et au poisson séché. Né de la sécheresse des années 1930-1940, plat des humbles devenu icône nationale du Burkina Faso.
Le babenda est né de la sécheresse des années 1930-1940 : plat des humbles devenu icône nationale du Burkina, il marie deux feuilles — l'oseille de Guinée, acide, et l'amarante boulomboulou, douce — liées par l'arachide pilée, parfumées au soumbala et au poisson séché. Son surnom mossi, « caleçon du chien », dit son origine méprisée ; son vrai nom ancien, zê arsenga, « sauce fluide », dit ce qu'il est. Réhabilité par l'élan sankariste du « consommons local », il a même remporté en 2025 un titre au championnat culinaire de Tunis.
Le babenda défend jalousement ses feuilles et sa potasse.
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Séparer les feuilles d'oseille et de boulomboulou de leurs tiges. Laver soigneusement à l'eau claire en 3 bains pour retirer la terre. Hacher grossièrement au couteau ou laisser entières selon la tradition familiale. Réserver l'oseille à part — elle entre dans la marmite après le boulomboulou.
Le pourquoiBien lavées et hachées, l'oseille et le boulomboulou sont prêtes pour la double cuisson.
Porter 1 litre d'eau à ébullition dans une marmite. Plonger l'amarante boulomboulou (et les feuilles de kennedbo si utilisées) et laisser bouillir 10 minutes à feu vif. C'est la feuille la plus longue à cuire — elle doit déjà être tendre avant l'arrivée de l'oseille.
Le pourquoiLe boulomboulou (amarante) démarre seul : c'est la feuille douce qui adoucira l'acidité de l'oseille.
Ajouter les feuilles d'oseille bito et la potasse alimentaire (ou bicarbonate). Laisser bouillir 20 minutes à feu moyen — la potasse va neutraliser l'acidité et fixer la couleur verte. Le mélange doit prendre une teinte vert sombre uniforme. Goûter et corriger l'acidité au besoin.
Le pourquoiLa potasse neutralise l'acidité de l'oseille et fixe le vert profond du babenda.
Pendant la cuisson, faire tremper le riz 15 minutes dans de l'eau tiède puis l'égoutter et le piler grossièrement au mortier (texture concassée, pas farine). Piler séparément les arachides crues en poudre fine, puis le soumbala et le poisson séché ensemble jusqu'à obtenir une poudre grumeleuse. Réserver les trois préparations distinctes.
Le pourquoiRiz pilé, arachide et soumbala, préparés à part, forment la liaison qui donnera son corps au ragoût.
Ajouter d'abord le riz pilé dans la marmite de feuilles, remuer à la spatule et cuire 5 minutes pour libérer l'amidon. Incorporer ensuite la poudre d'arachide en pluie en remuant constamment pour éviter les grumeaux — cuire 5 minutes de plus. Enfin ajouter le mélange soumbala-poisson et le sel. Le ragoût doit prendre une consistance épaisse et homogène.
Le pourquoiLe riz pilé libère son amidon, puis l'arachide en pluie lie sans grumeaux.
Baisser le feu au minimum, couvrir partiellement et laisser mijoter 30 minutes en remuant toutes les 5 minutes pour éviter que la liaison n'attache au fond. Le ragoût va passer d'une soupe verte à une pâte épaisse et brillante. Ajouter un peu d'eau chaude si la texture devient trop sèche. Vérifier l'assaisonnement.
Le pourquoiLe long mijotage transforme la soupe verte en pâte onctueuse, saveurs liées.
Pendant le mijotage final, faire revenir 5 minutes l'oignon émincé dans une poêle avec 2 c.à.s. d'huile d'arachide jusqu'à coloration dorée. Ajouter le piment frais émincé en fin de cuisson. C'est la touche urbaine de Ouagadougou et Bobo-Dioulasso depuis les années 1990 — les puristes du village mossi servent le babenda sans cette garniture.
Le pourquoiUne garniture d'oignon et de piment sautés couronne la version urbaine du babenda.
Verser le babenda dans une grande calebasse ou un plat en terre cuite. Arroser d'un filet d'huile d'arachide ou de beurre de karité fondu (version village). Couronner de l'oignon-piment sauté si version urbaine. Servir bien chaud, à la main droite avec des boulettes de tô (pâte de mil) ou seul comme plat complet.
Le pourquoiDressé en calebasse, arrosé d'huile d'arachide ou de karité, le babenda est un plat de fierté partagée.
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