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Atlas Culinaire · Corée du Sud · Séoul & cuisine royale
Le kimchi des palais avant l'introduction massive du piment au 17e siècle : chou nappa baigné dans une saumure aromatique de poire asiatique, jujubes, pignons et châtaignes — la version aristocratique, douce et raffinée.
Trois débats traversent le baek-kimchi authentique. Premièrement, l'origine royale Joseon (궁중 baek-kimchi) face à la version populaire : selon la Korean Food Foundation (hansik.or.kr) et l'Institute of Traditional Korean Food, le baek-kimchi est le kimchi des palais d'avant l'introduction massive du piment au 17e siècle, et les sources gouvernementales Korea Tourism Organization (visitkorea.or.kr) le présentent comme "favorisé par la noblesse coréenne pour son apparence élégante et son goût subtil" (cf. hapadltd.com 2024 reprenant la fiche KTO). Deuxièmement, les garnitures nobles — poire asiatique, jujubes, jat (pignons), châtaignes : Lauryn Chun dans The Kimchi Cookbook (Ten Speed Press 2012, ISBN 9781607743354) et Maangchi (Real Korean Cooking, Houghton Mifflin 2015, ISBN 9780544129894) imposent ce quartet aristocratique pour les couleurs et le symbolisme, alors que les versions populaires modernes (My Korean Kitchen, Korean Bapsang) l'allègent ou l'omettent — Maangchi elle-même précise sur maangchi.com que ces ingrédients "sont des choses agréables à avoir, mais pas absolument nécessaires". Troisièmement, saumure liquide claire vs paste-style : le baek-kimchi traditionnel est un BAIN de saumure aromatique aqueuse (eau salée + poire râpée + bouillon kelp + parfois bouillie de riz gluant), pas une pâte stuffée comme le baechu-kimchi rouge — Hooni Kim (My Korea, Norton 2020, ISBN 9780393239720) et Lauryn Chun (fondatrice de Mother-in-Law's Kimchi NYC) insistent sur cette texture liquide "milky" qui distingue le baek-kimchi du pogi-kimchi piquant et le rapproche du mul-kimchi (김치 d'eau).
Eau d'orge grillée (보리차 boricha) ou thé de jujube (대추차 daechu-cha) pour la version banquet familial. En accompagnement de viandes grillées (galbi, bulgogi), un makgeolli léger non filtré. Pour la version royale historique, un thé de yuja (yuja-cha) frais fait sens avec les notes fruitées de la saumure.
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Retirer les feuilles extérieures abîmées du chou nappa. Couper chaque tête en quartiers dans la longueur en gardant le trognon attaché pour que les quartiers restent solidaires (forme pogi 포기). Dissoudre 100 g de gros sel dans 4 L d'eau filtrée tiède. Tremper les quartiers 5 min dans cette saumure, les retirer, puis frotter chaque face de chaque feuille avec les 100 g de sel restant en insistant sur le trognon épais. Laisser reposer cul par-dessus tête dans un grand récipient pendant 4 h en retournant à mi-temps.
Pendant le salage, faire tremper les morceaux de dashima dans 600 ml d'eau froide pendant 30 min, puis chauffer doucement 10 min sans bouillir — retirer le kelp dès les premiers frémissements. Dans une casserole, délayer la farine de riz gluant dans 400 ml d'eau froide, porter à frémissement en remuant constamment au fouet jusqu'à obtenir une bouillie translucide et fluide (5 min). Refroidir bouillon et bouillie séparément à température ambiante.
Après 4 h, les feuilles doivent être souples et translucides. Rincer chaque quartier 3 fois à l'eau froide en frottant doucement chaque feuille pour éliminer le sel. Laisser égoutter 1 h cul par-dessus tête dans une passoire pour évacuer toute l'eau résiduelle.
Mixer la moitié de la poire asiatique épluchée, le demi-oignon, l'ail écrasé et le gingembre râpé avec 200 ml du bouillon kelp refroidi. Filtrer ce mélange au travers d'une étamine au-dessus d'un saladier — récupérer tout le liquide aromatique, jeter la pulpe (ou la réserver pour la farce). Ajouter le reste du bouillon kelp, la bouillie de riz refroidie, le saeujeot haché fin et 1 c.à.s. de sel. Mélanger : la saumure doit être trouble laiteuse, légèrement salée, parfumée poire-gingembre.
Dans un grand saladier, mélanger le radis julienné, la carotte julienne, la ciboulette asiatique, l'autre moitié de la poire julienne, les jujubes émincées et les châtaignes émincées. Ne pas saler — la saumure fera le travail. Écarter délicatement chaque feuille du chou et glisser une petite quantité de farce entre chacune, en concentrant le mélange vers le trognon. Replier la dernière feuille extérieure sur le quartier pour le tenir compact.
Placer les quartiers farcis dans une jarre en verre ou en grès (idéalement onggi 옹기 traditionnel), serrés mais pas tassés, trognon vers le bas. Verser la saumure aromatique par-dessus jusqu'à immerger complètement les choux — ajouter un peu de bouillon kelp si nécessaire. Parsemer les pignons de pin entiers et les filaments de silgochu en surface. Fermer la jarre sans visser à fond pour laisser échapper les gaz de fermentation.
Laisser fermenter à température ambiante (20-22 °C) pendant 24 à 48 h en été (12 h suffisent par grande chaleur), 3 à 5 jours en hiver (région froide). La saumure va se troubler, légèrement pétiller en surface et devenir légèrement acidulée — c'est le signal. Transférer alors au réfrigérateur pour ralentir la fermentation. Le baek-kimchi est dégustable dès le 3e jour et atteint son apogée vers J+7, à garder jusqu'à 1 mois au frais.
Sortir un quartier de la jarre, couper en tronçons de 3-4 cm. Disposer dans un bol creux en céramique (onggi miniature), arroser de 2-3 c.à.s. de saumure laiteuse — le liquide se boit. Garnir d'une pincée de pignons et de 2-3 jujubes en surface. Servir en banchan avec galbi, bulgogi, bossam, ou simplement avec un bol de riz blanc et une soupe doenjang-jjigae.
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