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Atlas Culinaire · Viêt Nam · Asie
Deux beignets sur le même plateau : une boule au sésame farcie de mungo, et un anneau creux qui n'a rien dedans — et on les vend toujours ensemble.
D'abord, les deux beignets sont **tous deux méridionaux** : Tuổi Trẻ (https://tuoitre.vn/dulichtphcm/an-gi/banh-cam-banh-cong-mon-an-vat-ngot-ngao-cua-tuoi-tho-c12a65898.html) et Ngôi Sao les décrivent comme le duo de l'enfance du miền Tây, vendus ensemble sur le même plateau, luisants du même glaçage de sucre et du même sésame.
Ce qui les sépare n'est pas la région mais la **farce et la forme** : le bánh cam est une boule fourrée au haricot mungo, nommée d'après le fruit rond qu'elle imite — cam, l'orange ; le bánh còng est un **anneau creux, sans aucune farce**, dont le nom vient de la forme de bracelet.
Ensuite, et séparément, il existe bel et bien une synonymie régionale, mais elle porte sur un seul des deux : le bánh cam du Sud s'appelle **bánh rán** au Nord.
Autrement dit un axe distingue deux objets au sein du Sud, l'autre nomme le même objet de part et d'autre du pays, et les superposer produit un doublet qui n'existe pas.
La distinction compte pour la suite, car le bánh rán du Nord ne se contente pas de changer de nom : il se laque au malt et exige le `lúc lắc`, la farce détachée qui doit rouler librement à l'intérieur de la coque quand on secoue le beignet — exactement l'inverse de l'adhérence recherchée au Sud.
Cliquez un ingrédient pour le cocher pendant vos courses.
Cuire les haricots mungo décortiqués à la vapeur jusqu'à ce qu'ils s'écrasent sans résistance, les réduire en purée fine, puis les dessécher à la poêle avec le sucre, à feu doux, en remuant sans arrêt. La farce est prête quand elle forme une masse compacte qui se détache du fond d'un seul bloc et qu'une boulette roulée entre les paumes tient sa forme sans coller. Une farce trop humide traverserait la pâte à la friture et ferait éclater le beignet. Laisser refroidir puis rouler en billes régulières d'environ vingt-cinq grammes.
Le pourquoiL'eau résiduelle de la farce se vaporise à la friture et crée une surpression interne ; une farce sèche et compacte ne produit presque pas de vapeur et le beignet gonfle sans se rompre.
Mélanger les farines, le sucre et le sel, ajouter la pomme de terre cuite et écrasée, puis délayer avec l'eau tiède en pétrissant jusqu'à obtenir une pâte souple, lisse et non collante, qui garde l'empreinte du doigt. Compter dix bonnes minutes de pétrissage. La pâte doit avoir la consistance d'un lobe d'oreille : trop sèche elle craquellera à la friture, trop humide elle s'affaissera et absorbera l'huile. Couvrir et laisser reposer trente minutes, le temps que l'amidon s'hydrate complètement et que la pâte se détende.
Le pourquoiL'amidon de la pomme de terre a un fort pouvoir de rétention d'eau et reste hydraté en refroidissant, ce qui retarde la rétrogradation de l'amidon de riz gluant et garde la coque tendre plusieurs heures.
Prélever une portion de pâte, l'aplatir en disque dans la paume, y déposer une bille de farce et refermer en ramenant la pâte tout autour, puis souder en pinçant et rouler entre les paumes jusqu'à obtenir une sphère parfaitement lisse. La soudure doit être invisible et complète : une seule fissure, même minuscule, s'ouvrira sous la pression de la vapeur et le beignet éclatera dans l'huile bouillante. Vérifier chaque boule en la faisant rouler entre les paumes et en la regardant sous la lumière avant de la passer au sésame. Une sphère bien faite pèse le même poids que ses voisines et se tient d'aplomb sur le plateau sans rouler.
Le pourquoiLa vapeur produite par la farce et par la pâte crée une surpression interne pendant la friture ; une coque homogène la répartit sur toute la surface, tandis qu'un point faible concentre la contrainte et cède.
Pour le bánh còng, aucune farce : on prélève une portion de pâte, on la roule en boudin court, on referme en anneau et on soude les deux extrémités, ou bien on forme une boule qu'on perce au doigt en élargissant le trou jusqu'à obtenir un anneau régulier d'environ un centimètre et demi d'épaisseur. Le trou central doit rester net et ouvert, car il se refermera partiellement à la friture. C'est cette forme de bracelet qui donne son nom au beignet, et c'est le seul point qui le distingue de son voisin sur le plateau. Faire les anneaux du même poids que les boules, pour qu'ils cuisent dans le même bain sans que les uns brunissent pendant que les autres gonflent encore.
Le pourquoiL'anneau offre une surface d'échange bien supérieure à la sphère pour un même poids de pâte, ce qui donne un beignet nettement plus croustillant et beaucoup moins moelleux à cœur — deux textures voulues, vendues côte à côte.
Humecter légèrement chaque pièce, à l'eau ou à la main mouillée, et la rouler dans le sésame blanc étalé dans une assiette creuse en pressant doucement pour faire adhérer les graines. La couverture doit être dense et régulière : les zones nues bruniront plus vite que le reste et le beignet sortira bicolore. Le sésame ne se pose que juste avant la friture, car il se détacherait d'une pâte laissée à l'air. Presser une dernière fois entre les paumes pour enfoncer les graines dans la pâte.
Le pourquoiLe sésame doit être partiellement enfoncé dans la couche superficielle de la pâte pour y rester pendant l'expansion de la coque à la friture ; simplement collé en surface, il décroche dès que la pâte s'étire.
Chauffer l'huile à environ 140 °C — un morceau de pâte jeté dedans doit descendre puis remonter lentement en produisant de fines bulles. Plonger les beignets sans surcharger la friteuse et les rouler constamment avec une écumoire pendant qu'ils gonflent, quinze à vingt minutes selon la taille. Ce roulage constant est indispensable : sans lui, la face immergée cuit plus vite et le beignet gonfle de travers. En toute fin, monter le feu pour atteindre 170 °C et laisser dorer deux minutes, ce qui donne la coque cassante.
Le pourquoiLa friture longue à basse température laisse le temps à l'amidon de gélatiniser et à la coque de s'étirer avant que la croûte ne se fixe ; une montée finale déshydrate la surface et crée le croustillant, que la seule cuisson douce ne donnerait pas.
Cuire le sucre avec un fond d'eau jusqu'à obtenir un sirop épais et filant, puis y jeter les beignets encore brûlants et les rouler rapidement, ou verser le sirop dessus et les tourner. Le sirop cristallise en refroidissant en une pellicule blanche et brillante qui est la signature visuelle du duo sur le plateau du marchand. Poser aussitôt sur une grille, sans les faire se toucher, sinon ils se collent entre eux définitivement. Servir chauds : la coque est cassante, la farce du bánh cam encore tiède, et l'anneau du bánh còng franchement croustillant.
Le pourquoiLe sirop versé sur une surface brûlante s'étale en couche très mince avant de cristalliser, ce qui donne le voile translucide caractéristique ; sur un beignet froid il resterait en couche épaisse, mate et cassante.
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Sourcer ou se taire
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