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Atlas Culinaire · Mongolie · Asie
La soupe-rĂ©confort mongole : un bouillon de mouton dans lequel on Ă©miette de la farine roulĂ©e entre les doigts en petites perles qui restent visibles â le remĂšde quand on est malade ou de la veille.
Bantan occupe une place affective rare : c'est l'un des « rares plats authentiquement mongols » (Beryl Shereshewsky), Ă la fois premier aliment solide donnĂ© aux nourrissons, plat des malades, et remĂšde universel de la gueule de bois aprĂšs l'airag (lait de jument fermentĂ©) ou la vodka. Le point technique tranchĂ© : les grumeaux de farine doivent rester VISIBLES â on roule la farine humectĂ©e entre les doigts pour former des perles irrĂ©guliĂšres qui « rapetissent un peu en cuisant mais ne doivent pas disparaĂźtre complĂštement » (mongolfood.info). Une bantan dont la pĂąte s'est dissoute en bouillie lisse est ratĂ©e : c'est une approche inverse de la soupe occidentale qui cherche le veloutĂ©. DĂ©bat secondaire sur l'Ćuf : certaines versions modernes lient la farine Ă un Ćuf avant de l'Ă©mietter, d'autres s'en tiennent Ă la farine et l'eau pures. Voir https://www.mongolfood.info/en/recipes/bantan.html et https://www.beryl.nyc/index.php/2023/05/16/bantan/
Se suffit Ă lui-mĂȘme â un thĂ© noir simple ou suutei tsai en fin de repas
8/10 â plat-doudou prĂ©sent dans tous les foyers, chargĂ© de mĂ©moire affective (« la bantan de maman/grand-mĂšre »). Joue trois rĂŽles : premier aliment solide des nourrissons, soupe des malades, et remĂšde de gueule de bois aprĂšs l'airag ou la vodka. CitĂ© comme l'un des rares plats authentiquement mongols.
Cliquez un ingrédient pour le cocher pendant vos courses.
Ămincer le mouton en petits morceaux, gras compris. Le mettre dans l'eau froide salĂ©e et porter doucement Ă Ă©bullition. La viande mongole de bantan reste sur son gras : c'est ce qui rĂ©conforte. Laisser frĂ©mir le temps que la viande soit tendre.
Ăcumer la mousse qui monte. Saler lĂ©gĂšrement. Le bouillon doit ĂȘtre franc et chaud avant d'accueillir la farine. GoĂ»ter et ajuster.
Verser la farine dans un large bol et creuser un puits au centre. (Pour la version Ă l'Ćuf, y casser l'Ćuf maintenant.) PrĂ©lever 2 Ă 3 louches de bouillon chaud et les verser dans le puits.
Avec les mains, frotter et mélanger la farine humectée du centre vers les bords pour former de petites perles irréguliÚres. On roule la masse entre les paumes et les doigts jusqu'à obtenir des grumeaux fins et secs en surface. C'est le geste signature du plat.
Porter le bouillon à frémissement vif. Verser les perles de farine et la farine restante EN PLUIE, en remuant continuellement pour éviter les paquets. La soupe épaissit aussitÎt et devient légÚrement laiteuse.
Laisser cuire 5 Ă 7 minutes en remuant de temps en temps, jusqu'Ă ce que la soupe soit visqueuse et que les perles soient cuites mais ENCORE VISIBLES. Ne pas prolonger : au-delĂ la texture vire Ă la colle.
Hors du feu ou en toute fin, ajouter les rondelles d'oignon nouveau et un peu de poivre. La fraĂźcheur de l'oignon vert tranche avec la richesse grasse du bouillon. Rectifier le sel.
Servir immĂ©diatement dans des bols, bien chaud. C'est le plat qu'on donne aux malades, aux enfants pour leur premier solide, et le matin aprĂšs une nuit d'airag ou de vodka. RĂ©confortant, nourrissant sans ĂȘtre lourd.
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