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Atlas Culinaire · Ouzbékistan · Asie
On blanchit le coing, on récupère son jus, on en fait le sirop, et on y remet le fruit. Puis on attend que le sirop rougisse — c'est le coing lui-même qui donne la couleur, aucun colorant n'y entre.
(1) **Le fruit cuit dans son propre jus, transformé en sirop.** La source décrit une boucle : le coing coupé en quartiers puis en lamelles d'un demi-centimètre est mis au kazan, **recouvert d'eau**, porté à ébullition **une fois**, puis **retiré à l'écumoire** — le *chovli* — et son jus **filtré**.
C'est ce jus, et non de l'eau, qui sert à faire le sirop : « qozonga shakar solib ustidan behi sharbati quyiladi ».
Puis « qaynab turgan qiyomga suzib olingan behi solinadi » — le coing égoutté retourne dans son propre jus devenu sirop bouillant.
Rien ne se perd.
(2) **Deux proportions chiffrées, et elles ne se contredisent pas.** Pour le sirop : **1,2 kg de sucre pour 0,5 litre de jus**.
Pour l'ensemble : **1,2 kg de sucre par kilo de coing**.
La première dit la concentration du sirop, la seconde la proportion générale.
(3) **Le signal de fin est la couleur, et elle vient du fruit.** « Olovi pasaytiriladi va **qiyom qizil tusga kirguniga qadar** pishirish davom ettiriladi » — on baisse le feu et l'on poursuit la cuisson **jusqu'à ce que le sirop prenne une teinte rouge**.
Le coing est riche en tanins, que l'article Behi de la même encyclopédie recense parmi ses constituants ; c'est leur oxydation lente à la chaleur qui donne cette couleur.
On ne l'obtient pas en trente minutes.
(4) **Un test de cuisson universel, énoncé précisément.** « Murabbo batamom pishgan boʻlsa, meva idish yuzasida **qalqimasdan** qiyom ichida bir tekis tarqaladi, qiyom esa **tiniq** tusga kiradi » — si la confiture est complètement cuite, le fruit **ne flotte plus** en surface mais se répartit uniformément dans le sirop, et le sirop devient **limpide**.
Deux signes, tous deux observables, et aucun thermomètre.
(5) **Et la source donne une méthode toute différente pour la prune** — trois passages de sirop à quinze ou vingt heures d'intervalle —, ce qui montre que *murabbo* désigne une famille de procédés, pas une recette unique.
Cliquez un ingrédient pour le cocher pendant vos courses.
Frotte le duvet des coings au torchon sous un filet d'eau froide, coupe-les en quatre et retire le cœur et les pépins — la source ne demande rien de plus, elle ne fait pas peler. Détaille ensuite chaque quartier en lamelles d'un **demi-centimètre** d'épaisseur, la mesure exacte du texte. Régularité et finesse comptent : une lamelle épaisse restera crayeuse au centre après une heure de sirop.
Le pourquoiUne épaisseur homogène de cinq millimètres garantit une pénétration uniforme du sucre par osmose et une cuisson simultanée de toutes les lamelles.
Mets les lamelles au kazan, **recouvre-les d'eau** — la source dit *ustidan koʻmib turadigan qilib suv quyiladi* — et porte à ébullition. Dès que ça a bouilli **une fois**, **retire le coing à l'écumoire**, le *chovli*. Pas dix minutes : un bouillon. Le fruit doit avoir rendu son parfum et sa pectine à l'eau sans avoir commencé à se défaire.
Le pourquoiUn blanchiment court extrait la pectine et les composés aromatiques du fruit dans l'eau tout en préservant l'intégrité des lamelles.
Filtre l'eau de cuisson — la source dit *sharbati suzgichdan oʻtkaziladi*, son jus est passé au tamis. Mets le sucre dans le kazan et verse **ce jus** par-dessus, dans la proportion donnée : **1,2 kg de sucre pour 0,5 litre de jus**. Porte doucement à ébullition en remuant jusqu'à dissolution complète, puis laisse bouillir pour obtenir un *qiyom*, un sirop.
Le pourquoiLa dissolution complète du saccharose avant l'ébullition évite l'amorçage de la cristallisation, qui rendrait la confiture granuleuse.
Verse les lamelles de coing égouttées dans le **sirop en ébullition** — la source est précise sur ce point, *qaynab turgan qiyomga suzib olingan behi solinadi*. Le fruit doit entrer dans un sirop déjà chaud : jeté dans un sirop froid, il rendrait son eau et diluerait tout. Laisse bouillir **cinq à six minutes** à feu vif.
Le pourquoiL'entrée dans un sirop bouillant provoque un échange osmotique rapide qui raffermit la lamelle au lieu de la laisser rendre son eau.
Baisse le feu et poursuis la cuisson **jusqu'à ce que le sirop prenne une teinte rouge** — c'est le repère que donne la source, et il n'y en a pas d'autre. La couleur monte lentement : de l'ambre au cuivre, puis au rouge profond. Compte quarante-cinq minutes à une heure selon la variété. Ne remue presque pas ; écume si nécessaire.
Le pourquoiL'oxydation lente des tanins du coing, que l'encyclopédie recense parmi ses constituants, produit des composés colorés rouges à la chaleur en milieu sucré.
Voici le test de la source, et il tient en deux observations. Premièrement, le fruit **ne flotte plus** en surface : il se répartit uniformément dans le sirop. Deuxièmement, le sirop devient **limpide**. Tant que les lamelles surnagent, elles n'ont pas assez absorbé de sucre et la confiture fermentera. Vérifie les deux avant d'arrêter le feu.
Le pourquoiL'égalisation de la densité entre le fruit imprégné de sucre et le sirop fait cesser la flottaison, ce qui signale que l'échange osmotique est achevé.
Ébouillante les bocaux et leurs couvercles pendant dix minutes, puis égoutte-les à l'envers sur un linge propre sans les essuyer — un torchon, même propre, redépose ce qu'on vient de retirer. Empote la confiture **brûlante**, à la louche, en répartissant équitablement les lamelles et le sirop : un pot de sirop seul et un pot de fruit seul, c'est le résultat classique d'un empotage pressé. Ferme immédiatement et retourne les pots quelques minutes, couvercle en bas, pour que la confiture bouillante stérilise le joint. Remets-les à l'endroit et laisse refroidir sans y toucher jusqu'au lendemain.
Le pourquoiLe remplissage à chaud suivi du retournement stérilise le couvercle et crée une dépression à froid qui scelle le pot.
Sers-la à la petite cuillère dans une soucoupe, à côté du thé — c'est l'usage d'Asie centrale, où l'on ne tartine pas la confiture mais où on la prend par petites quantités entre deux gorgées. Avec du non tiède et du qaymoq, elle fait un petit-déjeuner. Le coing de Ferghana, dont l'encyclopédie rappelle qu'il fournit quatre-vingts pour cent des vergers du pays, est celui qu'on emploie.
Le pourquoiLa consommation par petites quantités entre deux gorgées de thé chaud dilue le sucre en bouche et permet de percevoir l'arôme du coing.
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Sourcer ou se taire
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