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Atlas Culinaire · Allemagne · Berlin & Est
Pois cassés jaunes mijotés au lard fumé, Kassler et Bockwurst : ancêtre de l'Erbswurst militaire de Grüneberg (1867), commercialisé par Knorr jusqu'en 2018.
DEUX controverses ancrées dans l'histoire industrielle allemande. (1) L'INVENTION DE L'ERBSWURST EN 1867 — UNE PREMIÈRE INDUSTRIELLE MONDIALE : en 1867, le cuisinier et conserveur berlinois Johann Heinrich Grüneberg développa l'Erbswurst (littéralement 'saucisse de pois'), une PÂTE DE POIS CASSÉS DÉSHYDRATÉE compressée en boudin enveloppé d'aluminium et papier, qu'il suffisait de plonger dans l'eau bouillante pour obtenir une soupe instantanée. Cette invention, vendue à l'armée prussienne en 1867 pour la guerre franco-prussienne (1870-1871), est considérée par les historiens de l'alimentation comme l'UN DES PREMIERS PLATS PRÉPARÉS INDUSTRIELS de l'histoire — l'ancêtre des bouillons-cubes (Maggi, 1882) et des plats lyophilisés. La marque Knorr a continué la production d'Erbswurst jusqu'à fin 2018, où elle a été ARRÊTÉE après 151 ans de production continue, faute de rentabilité (annonce officielle Unilever-Knorr 2018). Sources : Wikipedia EN/DE Erbswurst, Süddeutsche Zeitung, Berliner Kurier. (2) BERLINOIS vs BAVAROIS — DEUX ÉCOLES DE LA SOUPE DE POIS : la version BERLINOISE / NORD-ALLEMANDE utilise des POIS CASSÉS JAUNES (gelbe Schälerbsen), enrichie de Kassler (longe de porc fumée), Bockwurst (saucisse à pocher de Berlin) et lard fumé. La version BAVAROISE / SUD utilise des POIS CASSÉS VERTS (grüne Schälerbsen) avec Wienerwürstchen et Speck. Les deux versions sont admises mais ne se mélangent pas. Berlin : pois jaune. Bavière : pois vert. Documenté par Cicero Online et Berliner Kurier. (3) STATUT DE PLAT POPULAIRE : l'Erbsensuppe est l'EINTOPF (plat unique en pot) hivernal par excellence en Allemagne. Servi dans les Imbisse, Kantinen (cantines), Bahnhofsrestaurants (restaurants de gare). Plat-réconfort par excellence. À Berlin, lié à l'identité ouvrière (Arbeiterklasse) du XIXe-XXe siècle. (4) LE 'EINTOPFSONNTAG' NAZI : entre 1933 et 1945, le régime nazi imposa un 'Eintopfsonntag' (dimanche du plat unique) une fois par mois — la population devait manger un Eintopf (souvent Erbsensuppe) et reverser la différence d'argent économisée au Winterhilfswerk (œuvre d'entraide du parti). Cette histoire sombre est documentée par les musées historiques allemands (Deutsches Historisches Museum Berlin).
Bière de Berlin (Berliner Pilsner, Berliner Kindl, Schultheiss). Schnaps Korn (eau-de-vie de blé allemande) en petit verre à côté traditionnellement. Sans alcool : Apfelschorle ou Selterswasser. Pour le contexte hivernal : un Glühwein épicé.
8/10 à Berlin et en Allemagne du Nord — Eintopf hivernal populaire absolu. Servi dans les Imbisse, Kantinen, Bahnhofsbahnhöfe (gares), brasseries traditionnelles berlinoises (Zur letzten Instanz — 1621, Lindenbräu, Hofbräu Berlin). Plat-réconfort des marchés de Noël (Weihnachtsmarkt) et des Volksfeste hivernaux. Restaurants iconiques : Konnopke's Imbiss (Berlin Prenzlauer Berg, depuis 1930), Curry 36, Restaurant Henne. Marché allemand : surgelé / conserve très répandus (Knorr Eintopfgericht). Erbswurst Knorr arrêtée en 2018 — la fin d'une ère. Diaspora allemande à New York, Buenos Aires, Sydney le perpétue.
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La VEILLE : rincer les pois cassés jaunes à l'eau claire pour retirer les poussières. Placer dans un grand saladier, couvrir de 1.5 L d'eau froide. Laisser tremper au minimum 6h, idéalement 12h (la nuit). Le lendemain, égoutter et rincer.
Dans une grande marmite ou cocotte (4-5 L), faire fondre le beurre à feu moyen. Ajouter les oignons hachés, faire suer 5 min jusqu'à translucides. Ajouter les lardons fumés, laisser rendre la graisse 5 min. Ajouter carottes, céleri-rave, poireau en dés. Faire revenir 8 min en remuant — les légumes doivent commencer à colorer légèrement.
Ajouter les pois cassés égouttés sur les légumes, mélanger. Mouiller avec 2 L de bouillon de bœuf chaud (ou eau bouillante). Plonger la pièce de Kassler entière (avec son os si possible) dans la marmite. Ajouter laurier, marjolaine, thym, grains de poivre. NE PAS SALER (le sel durcit les pois). Porter à ébullition.
Baisser à feu doux dès que ça frémit. Couvrir partiellement (laisser un quart d'ouverture pour évaporation). Mijoter 60 à 75 min en remuant toutes les 15 min — les pois doivent commencer à se défaire et fondre dans le bouillon. La soupe va naturellement épaissir.
Quand les pois sont bien ramollis (45-60 min), ajouter les dés de pommes de terre fermes. Mélanger. Continuer la cuisson 20-25 min jusqu'à ce que les pommes de terre soient tendres mais entières. Sortir le Kassler de la marmite, le laisser tiédir 5 min sur planche.
Sur une planche, désosser le Kassler si nécessaire. Couper la viande en dés de 1.5 cm. Remettre les dés dans la soupe. Goûter — c'est le moment de SALER (1-2 c.à.c.) selon la salinité du Kassler et du bouillon. Poivrer généreusement.
Dans une casserole d'eau frémissante (80°C — surtout pas bouillante), plonger les Bockwurst entières. Pocher 8-10 min sans laisser bouillir. Réserver dans l'eau de pochage chaude pour qu'elles ne refroidissent pas avant le service.
Hors du feu, ajouter la moutarde et le vinaigre de cidre dans la soupe, mélanger. Servir dans des assiettes creuses chaudes : louche de soupe épaisse aux pois et lardons, déposer 1 Bockwurst tranchée en biais sur le dessus, parsemer de persil haché. Pain de campagne en tranches à part. Pot de moutarde sur la table.
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