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Atlas Culinaire · Corée du Sud · Séoul & cuisine royale
La galette mythique des bindae-tteok ajummas du Marché Gwangjang — haricots mungo trempés 4h puis broyés, kimchi vieilli, porc émincé, frits en bain d''huile de maïs jusqu''à craquant doré, à siroter avec un bol de makgeolli
Le bindae-tteok cristallise quatre débats vifs en Corée. Premièrement, son ORIGINE PYONGANDO (Corée du Nord) — la galette est documentée dans le Jeungbo Sallim Gyeongje (증보산림경제, 1766) comme tradition du nord, importée à Séoul par les diasporas pré et post-guerre de Corée 1953, ce que confirment la Korean Food Foundation (hansik.or.kr) et le National Folk Museum. Deuxièmement, le MARCHÉ GWANGJANG (광장시장, fondé 1905, Jongno-gu) est devenu LE lieu de pèlerinage du plat : les bindae-tteok ajummas — institutions locales comme Soonheenae (순희네빈대떡, depuis 28 ans) — broient encore les mungos sur meule de pierre à la commande et frient à la minute dans des poêles géantes en bain d''huile de maïs, technique magnifiée par Anthony Bourdain dans Parts Unknown. Troisièmement, le débat MUNGO ENTIER TREMPÉ vs FARINE INDUSTRIELLE : Maangchi (Real Korean Cooking 2015) et Hooni Kim (My Korea 2020) tranchent net — la tradition exige des haricots mungo verts skinnés, trempés 4h minimum puis broyés au mortier ou robot pour texture granuleuse signature, et toute version à la farine de mungo industrielle est une trahison qui produit un disque caoutchouteux. Quatrièmement, AVEC OU SANS PORC : la version pyongando originelle est pure (mungos + kimchi vieilli seuls), mais le canon Gwangjang Séoul ajoute quasi-systématiquement du porc émincé mariné et des germes de mungo (sukju namul), tandis que Cecilia Hae-Jin Lee (Eating Korean 2005) documente les deux écoles côte à côte.
Makgeolli (막걸리) — vin de riz trouble légèrement pétillant et lacté, accord canonique absolu servi en bol de métal au Marché Gwangjang. Variante haut de gamme : makgeolli artisanal de Pocheon ou de Jirisan. Variante non-alcoolisée : sikhye (식혜, boisson de riz fermenté sucrée) ou thé d''orge boricha glacé.
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Rincer abondamment les haricots mungo skinnés (250 g) et le riz gluant (30 g) sous l''eau froide jusqu''à ce qu''elle devienne claire. Couvrir d''eau froide 3 cm au-dessus du niveau et laisser tremper 4h minimum à température ambiante, idéalement toute une nuit au frigo selon Maangchi. Les grains doivent gonfler du double et s''écraser facilement entre deux doigts — c''est le test de trempage réussi. Égoutter au tamis fin.
Mélanger le porc haché (150 g) avec 1 c.à.s. ganjang, 1/2 c.à.s. vin de riz, 1 gousse d''ail écrasée, 1/2 c.à.c. huile de sésame et une pincée de poivre. Laisser reposer 30 min au frais. Pendant ce temps : rincer le mukeunji (kimchi vieilli) sous l''eau froide, presser fort entre les mains pour évacuer le jus rouge, émincer en lanières de 5 mm. Blanchir les germes de mungo 30 secondes dans l''eau bouillante, refroidir, presser et hacher grossièrement. Émincer les oignons nouveaux en sifflet.
texture granuleuse signature — Au robot blender, déposer les mungos et riz gluant trempés et égouttés avec 180 ml d''eau froide et 1 c.à.c. de sel. Mixer par pulsations courtes en raclant les parois — viser une texture GRANULEUSE comme de la semoule fine épaisse, PAS un velouté lisse. C''est le grain qui crée la mâche signature du bindae-tteok. Si pâte trop épaisse à la sortie, ajouter 1-2 c.à.s. d''eau ; si trop liquide, c''est foutu, recommencer. Verser dans un grand saladier.
Dans le saladier de pâte broyée, ajouter le porc mariné, le kimchi égoutté émincé, les germes hachés, les oignons nouveaux et 2 gousses d''ail écrasées. Mélanger à la spatule en pliant délicatement — pas besoin d''homogénéité parfaite, on doit voir les morceaux distincts. Goûter et rectifier le sel. NE PAS LAISSER REPOSER plus de 15 minutes : la préparation rend de l''eau et la galette devient molle.
Dans une grande poêle antiadhésive (28-30 cm) ou poêle en fonte, verser l''huile de maïs jusqu''à obtenir 5 mm de hauteur sur tout le fond (compter 4-5 c.à.s. par fournée, regénérer entre chaque). Chauffer à FEU MOYEN-VIF jusqu''à 170°C — tester avec une goutte de pâte : elle doit grésiller immédiatement et remonter en surface en 3 secondes. Sans bain d''huile, pas de bindae-tteok Gwangjang.
premier côté 3 minutes — Avec une louche, verser environ 1/2 tasse (120 ml) de pâte au centre de la poêle, puis ÉTALER en disque rond de 12-15 cm avec le dos de la louche, épaisseur 8-10 mm. Cuire 3-4 minutes sans toucher, jusqu''à ce que les bords brunissent et se rétractent, que la surface du dessus commence à sécher. La chair côté huile doit être dorée caramel quand on soulève délicatement le bord à la spatule.
Retourner la galette d''un coup sec à la grande spatule. Cuire le deuxième côté 3 minutes, en pressant fermement avec le dos de la spatule pour aplatir et exposer les surfaces à l''huile. Astuce ajumma Gwangjang (Modern Pepper) : couper la galette en 4 quartiers dans la poêle après retournement, incliner chaque morceau contre la paroi pour faire dorer les tranches — c''est ce qui multiplie le craquant. Ajouter 1-2 c.à.s. d''huile sur les bords si la poêle sèche.
Dans un petit bol, mélanger 3 c.à.s. de ganjang, 1 c.à.s. de vinaigre de riz, 1/2 c.à.c. de sucre, 1 c.à.s. d''oignon nouveau émincé et éventuellement 1/2 piment vert cheongyang émincé. Goûter et rééquilibrer si nécessaire — la trempette doit être franche, acidulée, légèrement sucrée, sans dominante. C''est le contrepoint qui tranche le gras de la galette.
Découper en quartiers à la spatule et dresser sur assiette chaude, trempette à côté. Servir IMMÉDIATEMENT — le bindae-tteok perd son craquant en 5 minutes, c''est non négociable. Accompagner d''un bol de makgeolli frais (vin de riz trouble), du kimchi à part, et éventuellement de yukhoe (boeuf cru à la coréenne) pour le combo Gwangjang complet. Manger avec les baguettes, en trempant chaque bouchée.
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