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Atlas Culinaire · Sri Lanka · Asie
Le gĂąteau-ruban des Burghers : une pĂąte fine dorĂ©e une couche Ă la fois sous le gril, jusqu'Ă un empilement de vingt strates que la coupe dĂ©voile en rayures â l'hĂ©ritage feuilletĂ© portugais passĂ© au four hollandais.
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La veille ou le matin, faites tiĂ©dir la rulang (semoule fine) dans une poĂȘle sĂšche Ă feu doux jusqu'Ă ce qu'elle embaume, sans la colorer, puis laissez-la refroidir complĂštement. Moulez les noix de cajou en poudre pas trop fine â quelques Ă©clats donnent du corps. C'est le geste burgher hĂ©ritĂ© des Portugais, qui ont apportĂ© le cajou Ă Ceylan au XVIe siĂšcle.
SĂ©parez soigneusement les 10 Ćufs. RĂ©servez les jaunes. Montez les blancs en neige ferme mais non sĂšche dans un bol impeccablement propre. Les Burghers montent les blancs pour allĂ©ger une pĂąte autrement trĂšs dense en beurre et jaunes â c'est ce qui permet Ă chaque fine couche de rester tendre.
Travaillez le beurre pommade avec le sucre glace tamisĂ© jusqu'Ă un mĂ©lange pĂąle, lĂ©ger et aĂ©rien. C'est le socle de toute la pĂąte : plus il est crĂ©mĂ©, plus la mie finale sera fondante. La table burgher ne lĂ©sine jamais sur le beurre â c'est la signature de leur pĂątisserie de fĂȘte.
Ajoutez les jaunes un à un, en battant bien entre chaque. Incorporez la vanille, l'eau de rose et le mélange d'épices (cannelle de Ceylan, cardamome, muscade, girofle, gingembre). C'est ce bouquet chaud et fleuri, entre Lisbonne et l'océan Indien, qui distingue le bolo fiado d'un simple quatre-quarts.
Incorporez dĂ©licatement la farine tamisĂ©e, la semoule refroidie et la cajou moulue (et la levure si vous en mettez). Puis, Ă la spatule, pliez la neige de blancs en trois fois pour ne pas la casser. La pĂąte doit rester versable mais nappante â ni liquide, ni compacte.
Beurrez et chemisez un moule carrĂ© ou rond. PrĂ©chauffez le four Ă 160 °C, versez une premiĂšre louche de pĂąte (toujours la mĂȘme quantitĂ©) et Ă©talez-la en une nappe fine et rĂ©guliĂšre. Cuisez cette base une dizaine de minutes jusqu'Ă ce qu'elle prenne et blondisse Ă peine. Vous venez de poser la fondation du gĂąteau-ruban.
Passez le four en position gril (broiler), grille Ă mi-hauteur. Versez une nouvelle louche de pĂąte sur la couche cuite, Ă©talez-la finement, et glissez sous le gril 8 Ă 10 minutes jusqu'Ă ce que toute la surface soit uniformĂ©ment dorĂ©e, Ă peine toastĂ©e. Sortez, versez et Ă©talez la couche suivante, regrillez â et recommencez. Comptez 18 Ă 20 couches. C'est exactement le geste que les NĂ©erlandais reconnaissent dans leur spekkoek : la patience faite gĂąteau.
Pour la derniÚre couche, laissez-la dorer un rien plus pour un dessus ambré et brillant. Sortez le moule, laissez tiédir 15 minutes, puis démoulez sur une grille et laissez refroidir complÚtement avant de toucher au couteau. Un bolo fiado chaud s'effrite ; froid, il tranche net.
Avec un couteau bien aiguisĂ©, coupez des tranches fines : la coupe rĂ©vĂšle alors l'empilement de dizaines de fines strates dorĂ©es, comme un ruban repliĂ© â la rĂ©compense de trois heures de patience. Servez sur la table de NoĂ«l burgher, Ă cĂŽtĂ© du Breudher, du Love Cake et du Rich Cake, dont il se distingue justement par ces rayures obtenues au gril.
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Sourcer ou se taire
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