Chargement de lâatlas
Atlas Culinaire · Indonésie · Asie
La papillote javanaise de tempe et coco, cuite Ă la vapeur dans la feuille de bananier
Cliquez un ingrédient pour le cocher pendant vos courses.
Choisissez une coco mi-jeune, ni trop tendre et gĂ©latineuse ni trop vieille et sĂšche, et rĂąpez-en la chair fraĂźche : c'est elle, le kelapa parut, qui fait le corps mĂȘme du botok. Pour un moelleux plus stable Ă la vapeur, passez-la briĂšvement Ă la vapeur ou mĂȘlez-lui un filet de santan si elle est un peu sĂšche. La coco doit rester humide et parfumĂ©e, prĂȘte Ă s'imprĂ©gner du bumbu. Ce choix de la coco, cĆur du plat, prime sur tout le reste.
Passez chaque daun pisang quelques secondes au-dessus d'une flamme ou plongez-la briĂšvement dans l'eau chaude : la feuille, d'un vert cru et rigide, vire au vert profond, s'assouplit et libĂšre un parfum vĂ©gĂ©tal caractĂ©ristique. On voit la nervure se dĂ©tendre et la feuille devenir docile, prĂȘte Ă ĂȘtre pliĂ©e sans craquer. Essuyez-la et taillez des rectangles d'environ 20 sur 25 cm. Ce geste, banal en apparence, conditionne l'Ă©tanchĂ©itĂ© et l'arĂŽme de tout le plat.
Broyez au cobek les kemiri grillĂ©es et le kencur en une pĂąte, puis Ă©mincez finement bawang merah, bawang putih et les piments : le botok classique mĂȘle souvent bumbu pilĂ© et aromates coupĂ©s, pour la texture. Ciselez les daun jeruk en fils. L'odeur qui monte, ail, piment, galanga mineur et combava, est la signature aromatique sundano-javanaise. RĂ©unissez ces aromates, ils vont infuser directement la coco sans cuisson prĂ©alable.
Dans un grand saladier, rĂ©unissez le tempe Ă©miettĂ©, la kelapa parut, la pĂąte de kemiri-kencur, les aromates Ă©mincĂ©s, les daun jeruk, le sel et le sucre. Malaxez Ă pleines mains jusqu'Ă ce que la coco s'imprĂšgne uniformĂ©ment des Ă©pices, en goĂ»tant et ajustant : le mĂ©lange doit ĂȘtre franchement relevĂ©, la vapeur adoucissant tout. Ajoutez enfin les feuilles de kemangi, mĂ©langĂ©es d'un geste lĂ©ger pour ne pas les meurtrir. La masse, humide et parfumĂ©e, est prĂȘte Ă ĂȘtre empaquetĂ©e.
DĂ©posez deux bonnes cuillerĂ©es de mĂ©lange au centre d'un rectangle de bananier, glissez une daun salam par-dessus, puis repliez les grands cĂŽtĂ©s l'un sur l'autre et rabattez les extrĂ©mitĂ©s, que vous fixez au cure-dent (semat) ou Ă l'agrafe. Formez ainsi un boudin bien fermĂ©, Ă la maniĂšre des tukang botok des marchĂ©s. Chaque papillote emprisonne coco, tempe et arĂŽmes dans un Ă©crin Ă©tanche, prĂȘt Ă concentrer les saveurs Ă la vapeur.
Disposez les papillotes dans un dandang ou un cuit-vapeur déjà fumant et laissez cuire 30 à 40 minutes selon leur taille. La vapeur pénÚtre la feuille, la coco fond et se lie, le tempe s'attendrit, et une odeur profonde de bananier chauffé, de combava et de piment envahit la cuisine. On sait la cuisson lancée quand les papillotes gonflent légÚrement et que la feuille, à l'extérieur, prend une teinte brunie par la vapeur.
Sortez les papillotes et laissez-les reposer deux à trois minutes avant d'ouvrir : la vapeur retombe et le botok se raffermit. Servez-les telles quelles, chacun déballant la sienne pour libérer le nuage parfumé, sur un lit de riz blanc. Dans les foyers javanais, on pose le panier de botok au centre de la table, à cÎté du sambal et des lalapan, et l'on déguste directement dans la feuille, dont le parfum imprÚgne la premiÚre bouchée.
Marquez-la cuisinée : elle entre dans votre journal, vous rapporte des points d'explorateur.
Sourcer ou se taire
Aucun commentaire pour l'instant. Sois le premier Ă cuisiner cette recette.
Vous l'avez testée ? Notez-la et partagez votre version : vous aidez l'Atlas à grandir.