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Atlas Culinaire · La Réunion · Afrique
La brède médaille — les feuilles de moringa en bouillon, remède de cour créole
Cliquez un ingrédient pour le cocher pendant vos courses.
Tenez chaque rameau par la base de la nervure et faites glisser vos doigts vers l'extrémité : les folioles rondes se détachent seules et tombent dans le saladier. Jetez toutes les nervures et les petites tiges ligneuses, sans exception. Vous devez obtenir un tas de petites feuilles vert tendre, légères, sans un seul brin de bois. Comptez deux bottes pour environ 250 g de folioles nettes — le rendement est faible, c'est normal. Si des nervures se sont glissées dans le tas, elles remonteront à la surface au moment du bouillon : pêchez-les à l'écumoire.
Plongez les folioles dans une bassine d'eau froide, brassez doucement à la main, laissez la poussière tomber une minute puis soulevez les feuilles hors de l'eau. Recommencez une fois. Égouttez en passoire sans essorer : les folioles sont fragiles et se meurtrissent vite, elles noirciraient. Elles doivent rester brillantes et gonflées. Si vous les préparez à l'avance, gardez-les dans un torchon humide au frais, jamais dans l'eau — elles se délaveraient.
Au mortier, écrasez l'ail épluché, le gingembre pelé et le piment éventuel avec une pincée de gros sel, en mouvement rotatif contre la paroi. Vous cherchez une pâte grossière, humide, qui sent fort. Deux à trois minutes suffisent. C'est la base aromatique unique de ce bouillon : il n'y a ni tomate, ni curcuma, ni thym ici — la recette de l'AVAB s'en tient volontairement à l'ail, au gingembre et au piment pour laisser parler la feuille. Si la pâte devient liquide, vous avez trop pilé.
Chauffez l'huile dans une marmite à feu moyen, jetez l'oignon émincé et remuez 4 minutes jusqu'à ce qu'il devienne translucide. Ajoutez la pâte pilée et remuez 45 secondes à une minute seulement, le temps que le parfum monte. La marmite doit sentir l'ail chaud, jamais le grillé. Si un point noir apparaît au fond, sortez du feu et déglacez immédiatement avec une cuillère d'eau : un ail brûlé donne une amertume qui traversera tout le litre de bouillon.
Versez le litre d'eau, salez, et montez sur feu vif jusqu'à ébullition franche. Laissez bouillir deux minutes pour que l'ail et le gingembre chargent l'eau. Goûtez : le liquide doit déjà être savoureux et légèrement piquant. Rectifiez le sel maintenant, avant d'ajouter les feuilles. Un bouillon fade à ce stade restera fade à la fin — la feuille de mouroungue apporte du végétal et du minéral, pas du sel.
Plongez les folioles d'un coup dans l'eau bouillante. Elles s'affaissent en quelques secondes et le bouillon vire au vert profond. Baissez à frémissement et comptez huit minutes à partir de la reprise de l'ébullition, comme l'indique la recette de l'AVAB. Les feuilles doivent être fondantes sous la dent mais encore distinctes, jamais en bouillie. Le bouillon prend un goût végétal marqué, un peu comme du cresson cuit, avec une pointe amère agréable. Si vous dépassez douze minutes, les folioles se défont et le liquide devient trouble et gris.
Servez immédiatement, brûlant, en bol individuel avec beaucoup de jus. L'accompagnement canonique donné par l'AVAB tient en une ligne : riz, grains ou une simple boîte de sardines, plus un rougail. C'est le dîner du soir modeste des familles réunionnaises, celui qu'on fait quand il n'y a pas de cari — et le bouillon mouroungue a aussi la réputation d'être réparateur, bu le soir pour aider à dormir. Un filet de citron vert au moment de servir réveille le tout sans le dénaturer.
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Sourcer ou se taire
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