Chargement de l'atlas
Atlas Culinaire · Nicaragua · Amériques
Le beignet de fête nica : du manioc râpé lié au fromage sec, frit en boules dorées et croustillantes, puis noyé dans un almíbar de canela parfumé à la cannelle — doré dehors, fondant dedans, sucré-salé jusqu'au bout.
Cliquez un ingrédient pour le cocher pendant vos courses.
Commencez par le sirop, car il a besoin de tiédir un peu avant le trempage : versez l'eau et le sucre (ou la rapadura, plus profonde et typiquement nica) dans une casserole, ajoutez les bâtons de cannelle et, si vous aimez, les clous de girofle. Portez à frémissement à feu moyen en remuant jusqu'à dissolution du sucre, puis laissez réduire doucement jusqu'à ce que le sirop nappe le dos d'une cuillère — comptez 10 à 15 minutes, on cherche un sirop souple, pas un caramel. Le repère : quand vous trempez une cuillère et passez le doigt au dos, la trace reste nette quelques secondes. C'est ici qu'on ajoute quelques gouttes de citron : l'acidité empêche le sucre de cristalliser et garde le sirop lisse et coulant. Si vous le poussez trop loin, il fonce, épaissit en bonbon et cristallisera en refroidissant — arrêtez dès qu'il nappe. Coupez le feu et laissez infuser la cannelle hors du feu : le sirop continue de se parfumer en tiédissant. Un bon almíbar est ambré, brillant, embaume la cannelle et coule en filet souple.
Pelez la yuca, retirez bien le fil ligneux central qui ne ramollit jamais, et râpez-la finement dans un grand saladier. Si votre manioc est très juteux, pressez la pulpe râpée dans un linge pour en ôter l'excès d'eau : une pâte trop humide se déliterait et ferait éclater les beignets dans l'huile. Ajoutez le fromage sec râpé, qui va lier la pâte et apporter le salé du contraste sucré-salé caractéristique, puis l'œuf si vous en mettez, la levure chimique, la cannelle et éventuellement un peu de sucre brun. Mélangez à la main jusqu'à une pâte homogène et façonnable, qui se tient sans coller ni se déliter — c'est le fromage et l'amidon de la yuca qui font la liaison, pas de la farine. Goûtez : la pâte crue doit être déjà savoureuse, fromagée et à peine sucrée. Laissez-la reposer 10 à 15 minutes couverte : la levure commence son travail et la pâte s'aère, ce qui donnera des beignets moelleux et non compacts. Ne la laissez pas reposer trop longtemps non plus, car la yuca finirait par rendre de l'eau et ramollir la pâte.
Avec les mains légèrement humides ou huilées pour que la pâte ne colle pas, prélevez des portions régulières et roulez-les en boules de la taille d'une grosse noix à une petite balle de golf. Visez des boules de TAILLE RÉGULIÈRE et pas trop grosses : c'est la clé d'une cuisson homogène jusqu'au cœur, car une grosse boule dorerait dehors en restant crue dedans. Lissez-les bien entre les paumes pour qu'elles n'aient pas de fissures par où l'huile s'infiltrerait. Si la pâte colle trop, c'est qu'elle est trop humide : ajoutez un peu de fromage râpé pour la raffermir. Si elle se fissure et s'effrite, c'est qu'elle est trop sèche : une cuillère d'eau ou un peu d'œuf la relie. Disposez les boules sur un plateau au fur et à mesure, prêtes à frire en fournées. De belles boules sont lisses, régulières, fermes, sans craquelure — elles tiendront leur forme dans l'huile et gonfleront joliment.
Chauffez l'huile dans une casserole profonde à feu moyen, assez pour immerger complètement les beignets — la friture en grande profondeur est ce qui donne la boule dorée régulière. Testez la température en jetant un petit bout de pâte : il doit grésiller franchement et remonter aussitôt à la surface en se nappant de bulles, sans brunir en une seconde (trop chaud) ni rester au fond (trop froid). Plongez les boules par petites fournées sans surcharger, car trop de beignets d'un coup font chuter la température et les rendent gras et mous. Laissez-les frire en les retournant doucement jusqu'à ce qu'elles soient dorées et croustillantes sur tout le pourtour, 4 à 6 minutes : l'extérieur se déshydrate et caramélise pendant que le cœur de yuca cuit et devient fondant. Si elles dorent trop vite, baissez le feu pour laisser le cœur cuire ; si elles boivent l'huile et restent pâles, c'est que l'huile est trop froide, remontez-la. Égouttez sur du papier absorbant. Un buñuelo réussi est doré, croustillant dehors, fondant et légèrement élastique dedans.
Laissez les beignets tiédir une minute ou deux après la friture, et laissez le sirop tiédir aussi de son côté : on ne trempe pas un beignet brûlant dans un sirop bouillant, sous peine de le voir se ramollir en bouillie. Plongez ensuite les beignets encore tièdes dans l'almíbar de canela, ou nappez-les généreusement à la louche, en les retournant pour qu'ils s'imprègnent de tous côtés. La yuca, légèrement poreuse, boit le sirop juste ce qu'il faut tout en gardant son croustillant si l'on ne les noie pas trop longtemps : quelques secondes à une minute suffisent. Le contraste recherché, c'est l'extérieur encore un peu croquant, imbibé de sirop parfumé à la cannelle, et le cœur fondant et salé du fromage et du manioc. Laissez-les s'égoutter légèrement sur une grille au-dessus du reste de sirop. Vous pouvez aussi servir le sirop à part et laisser chacun napper son beignet à table, pour garder le maximum de croustillant. De beaux buñuelos nappés brillent, embaument la cannelle et collent juste un peu aux doigts.
Servez les buñuelos de yuca tièdes, dressés dans un plat creux, nappés de leur almíbar de canela et, si vous aimez, parsemés d'un voile de cannelle moulue. C'est une douceur de fête et de fêtes patronales au Nicaragua, vendue par les buñueleras dans les rues lors des festivités, et un plat de cœur revendiqué jusque par Sheynnis Palacios, Miss Univers 2023 nicaraguayenne. On les mange à la main ou à la fourchette, à la fin d'un repas de fête ou au goûter, accompagnés d'un café noir bien chaud dont l'amertume tranche le sucre du sirop. Servez généreusement : c'est un plat de partage et de célébration, qu'on présente en pyramide ruisselante de sirop au centre de la table. Ils sont meilleurs le jour même, encore tièdes et contrastés ; le lendemain, ils ramollissent dans le sirop mais restent gourmands, à réchauffer quelques secondes pour réveiller le parfum de cannelle. Et goûtez l'équilibre avant d'envoyer : il faut sentir le croustillant doré, le fondant salé du manioc-fromage et la cannelle sucrée du sirop, les trois ensemble.
Marquez-la cuisinée : elle entre dans votre journal, vous rapporte des points d'explorateur.
Sourcer ou se taire
Aucun commentaire pour l'instant. Sois le premier à cuisiner cette recette.
Vous l'avez testée ? Notez-la et partagez votre version : vous aidez l'Atlas à grandir.