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Atlas Culinaire · Aruba · Amériques
Le beignet aruban de cornilles â black-eyed peas Ă©pluchĂ©s Ă la main, broyĂ©s et battus en pĂąte aĂ©rienne, relevĂ©s au piment Madame Jeanette, frits en petites boules dorĂ©es et croustillantes
La **cala** (orthographiĂ©e *kala* ou *kara* Ă Curaçao) est-elle une invention crĂ©ole antillaise ou une **survivance directe de l'akara ouest-africaine** apportĂ©e par la traite ? La filiation est aujourd'hui tranchĂ©e par les historiens de l'alimentation caribĂ©enne. La fiche de rĂ©fĂ©rence **Delicious Caribbean** (deliciouscaribbean.com, plus grande collection de recettes antillaises en ligne) et les sources arubaines (aruba.com) l'affirment sans dĂ©tour : « avant d'ĂȘtre *kala* en crĂ©ole/papiamento, ces beignets Ă©taient connus sous le nom d'**akara** chez les **Yoruba du Nigeria et du BĂ©nin** » â la cala est la descendante directe de l'akara africaine, transplantĂ©e aux Antilles nĂ©erlandaises par les esclaves dĂ©portĂ©s, exactement comme l'*acarajĂ©* l'est au BrĂ©sil (Bahia) et l'*accra* aux Antilles françaises. Le dĂ©bat porte donc moins sur l'origine que sur l'**authenticitĂ© de la technique** : la fiche de **Visit Aruba** (visitaruba.com/aruba-recipes/cala) impose l'Ă©pluchage TOTAL des **boonchi wowo pretu** (cornilles, « haricots Ă l'Ćil noir » en papiamento) â « placer les pois dans les plis d'un torchon et frotter vigoureusement pour retirer les peaux » â geste long et fastidieux que les recettes modernes contournent au mixeur, au prix de beignets plus denses. Second point identitaire : le **piment Madame Jeanette** (un *Capsicum chinense* antillais titrant 125 000 Ă 325 000 sur l'Ă©chelle de Scoville, proche du Scotch Bonnet), incontournable dans la version traditionnelle arubaine selon Delicious Caribbean. La cala se distingue ainsi de l'akara nigĂ©riane par son piment caribĂ©en spĂ©cifique, et du falafel libanais (pois chiches, pas de cornilles) auquel les guides touristiques la comparent paresseusement.
Awa di lamunchi (limonade citron vert) â Balashi (biĂšre nationale) â jus de tamarin â cafĂ© noir aruban
La cala (kala/kara) est un snack de rue et de fĂȘte emblĂ©matique d'Aruba et des Antilles nĂ©erlandaises (ABC), vendu dans les snack-bars et prĂ©parĂ© Ă la maison pour les rassemblements. DĂ©crite par Visit Aruba comme « un souvenir comestible d'Aruba », elle figure parmi les en-cas typiques de l'Ăźle aux cĂŽtĂ©s du pastechi. Sa parentĂ© ouest-africaine (akara yoruba) en fait un marqueur de l'hĂ©ritage afro-antillais de la cuisine arubaine. Note 8/10 â populaire et identitaire, mais sa prĂ©paration longue (trempage + Ă©pluchage) la cantonne plus au fait-maison et au stand qu'Ă la table quotidienne.
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Rincer les cornilles sĂšches et les placer dans un grand saladier. Couvrir largement d'eau froide (le triple du volume) avec 1 c.Ă .c. de sel. Laisser tremper 8 Ă 12 heures, idĂ©alement toute une nuit. Les haricots vont gonfler, ramollir et tripler de volume â c'est indispensable pour pouvoir les Ă©plucher et les broyer en pĂąte lisse le lendemain.
Ăgoutter les cornilles trempĂ©es. Les placer par poignĂ©es dans les plis d'un torchon propre et frotter vigoureusement entre les mains pour dĂ©coller les peaux noires-blanches. Transvaser dans un grand saladier d'eau : les peaux flottent Ă la surface, les retirer Ă la main ou les Ă©cumer. RĂ©pĂ©ter jusqu'Ă ce que les pois soient nus et blancs. C'est l'Ă©tape longue et signature de la vraie cala arubaine.
Ăgoutter et sĂ©cher les cornilles Ă©pluchĂ©es dans un torchon. Les passer au moulin Ă viande, au mortier ou au robot avec le piment Madame Jeanette Ă©pĂ©pinĂ© et hachĂ© fin, jusqu'Ă obtenir une pĂąte Ă©paisse et homogĂšne. Ne pas trop liquĂ©fier â la pĂąte doit rester ferme Ă ce stade. TransfĂ©rer dans un grand bol pour le battage.
Au fouet ou au robot, battre Ă©nergiquement la pĂąte en ajoutant l'eau froide cuillĂšre par cuillĂšre et le sel. Continuer 5 minutes jusqu'Ă ce que la pĂąte devienne pĂąle, aĂ©rienne et DOUBLE de volume â c'est l'air incorporĂ© qui donnera des calas lĂ©gĂšres et soufflĂ©es. Test infaillible : une petite cuillerĂ©e de pĂąte doit FLOTTER quand on la dĂ©pose dans un verre d'eau froide.
Dans une casserole large à fond épais ou une friteuse, verser l'huile végétale (5 cm minimum de profondeur). Chauffer à feu moyen jusqu'à 175°C au thermomÚtre. Vérifier avec une petite goutte de pùte : elle doit remonter immédiatement et grésiller activement en dorant en 1 à 2 minutes sans brûler.
PrĂ©lever la pĂąte par cuillerĂ©es Ă cafĂ© et la laisser glisser dĂ©licatement dans l'huile Ă 175°C, par lots de 5 Ă 6 pour ne pas faire chuter la tempĂ©rature. Frire 3 Ă 4 minutes en retournant Ă mi-cuisson, jusqu'Ă ce que les calas soient dorĂ©es profond et croustillantes. Ăgoutter sur grille ou papier absorbant. Entre chaque lot, laisser l'huile remonter Ă 175°C.
Servir les calas IMMĂDIATEMENT, brĂ»lantes et croustillantes, comme snack de rue ou en-cas. Elles se mangent nature, Ă la main, ou avec une sauce pika (sambal antillais de Madame Jeanette) pour les amateurs de feu. C'est le « souvenir comestible d'Aruba » par excellence : croustillant dehors, moelleux et piquant dedans. Une cala tiĂ©die perd son croquant â c'est un plaisir de l'instant.
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Sourcer ou se taire
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