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Atlas Culinaire · Mexique · Amériques
Courge confite au piloncillo et Ă la cannelle, dessert d'offrande du DĂa de Muertos
Le nom « en tacha » est tranchĂ© par les sources natives (Culinaria Mexicana, MĂ©xico Desconocido) : il vient des tachos â les grands chaudrons de cuivre des trapiches coloniaux oĂč le jus de canne Ă©tait rĂ©duit en piloncillo, et oĂč l'on cuisait la courge dans les rĂ©sidus sucrĂ©s collĂ©s au fond. Le point non nĂ©gociable, martelĂ© par Cocina Delirante et MĂ©xico en mi Cocina, est que le piloncillo ne peut PAS ĂȘtre remplacĂ© par du sucre raffinĂ© : il porte la couleur, le goĂ»t mĂ©lassĂ© et l'identitĂ© du plat, et un substitut donne « un rĂ©sultat trĂšs diffĂ©rent ». CĂŽtĂ© symbolique, l'INPI (Instituto Nacional de los Pueblos IndĂgenas) ancre la courge dans l'ofrenda comme symbole de bontĂ© pour les Ăąmes du purgatoire, ce qui en fait un dessert rituel autant que gourmand.
Un verre de lait froid versé sur la courge chaude (service traditionnel), ou un atole de vanille ; sans alcool, le lait adoucit l'intensité mélassée du piloncillo.
Dessert incontournable des ofrendas et des marchĂ©s d'octobre-novembre ; vendu au poids dans les dulcerĂas et prĂ©parĂ© en famille pour le DĂa de Muertos.
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Lavez la calabaza de castilla et coupez-la en gros morceaux d'environ 250 g, en gardant la peau et les graines qui aident à tenir la chair durant la longue cuisson. La peau évite que la courge ne se délite en bouillie. Réservez les morceaux.
Dans une grande marmite, portez l'eau Ă Ă©bullition avec le piloncillo et les bĂątons de cannelle (et girofle/anis si utilisĂ©s). Remuez jusqu'Ă dissolution complĂšte du piloncillo. Ce sirop foncĂ© est l'Ăąme de la tacha : son nom mĂȘme vient des tachos de cuivre des moulins coloniaux.
Disposez les morceaux de courge (cÎté chair vers le sirop) et les tronçons de canne dans la marmite. Couvrez et laissez cuire à feu moyen-doux : la courge va rendre énormément de jus et se confire lentement dans le sirop. Comptez environ 40 à 50 minutes selon l'épaisseur.
Quand la courge est à mi-cuisson et déjà tendre en surface, ajoutez les goyaves ou tejocotes si vous en utilisez, ainsi que le zeste d'orange. Couvrez de nouveau et poursuivez à feu doux. Les fruits parfument le sirop et apportent une touche acidulée.
Terminez Ă dĂ©couvert pour laisser le sirop Ă©paissir et napper la courge d'un glaçage brillant. La chair doit ĂȘtre fondante et imprĂ©gnĂ©e de sirop jusqu'au cĆur, presque translucide aux bords. Selon la consistance voulue, ajoutez jusqu'Ă un verre d'eau ou laissez rĂ©duire davantage.
Retirez du feu et laissez tiédir la courge dans son sirop : elle continue d'absorber le piloncillo en refroidissant, ce qui intensifie le goût. Beaucoup la préfÚrent reposée plusieurs heures, voire le lendemain. C'est un dessert qui gagne à attendre.
Servez les morceaux de courge nappĂ©s de sirop chaud ou Ă tempĂ©rature ambiante. La tradition propose de les arroser de lait froid, dont la douceur lactĂ©e contraste avec le piloncillo. C'est ainsi qu'on la dĂ©guste autour de l'ofrenda du DĂa de Muertos.
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