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Atlas Culinaire · Pérou · Amériques
Le bouillon de tĂȘte de mouton des marchĂ©s andins, avalĂ© brĂ»lant Ă l'aube pour ressusciter les corps fatiguĂ©s.
Cliquez un ingrédient pour le cocher pendant vos courses.
Passez la tĂȘte de mouton Ă la flamme pour brĂ»ler laine et poils rĂ©siduels, puis frottez et rincez sous l'eau chaude jusqu'Ă ce que la peau soit nette et claire. Faites-la fendre et dĂ©biter par le boucher, c'est infaisable proprement Ă la maison. Une tĂȘte bien parĂ©e ne sent plus le suint : si une odeur de laine persiste, reflambez les zones oubliĂ©es et rebrossez.
Faites tremper les morceaux 1 h dans une eau froide salĂ©e et vinaigrĂ©e pour dĂ©gorger le sang, puis blanchissez-les 5 min dans une eau bouillante que vous jetez. Cette double purge retire l'Ă©cume brune et le sang coagulĂ© qui, sinon, troublent le bouillon. Le morceau ressort plus pĂąle, prĂȘt pour le vrai fond.
Couvrez les morceaux de 3 L d'eau froide avec oignon, ail, cĂ©leri, laurier, cumin et poivre, portez Ă frĂ©missement et laissez mijoter Ă dĂ©couvert au moins 2 h (ou 40 min en cocotte-minute). Ăcumez sans relĂąche la premiĂšre demi-heure. Le collagĂšne des os et de la peau fond lentement et donne au caldo son corps gĂ©latineux et sa richesse. Le bouillon doit rester frĂ©missant, jamais Ă gros bouillons qui l'Ă©mulsionneraient et le troubleraient.
Pendant ce temps, cuisez le mote dans une casserole d'eau non salée pendant plus d'une heure, jusqu'à ce que les grains de maïs soient tendres et éclatés mais encore entiers. On le cuit séparément pour ne pas charger le bouillon d'amidon ni le troubler. Réhydratez en parallÚle la moraya trempée la veille.
Filtrez le fond de tĂȘte, remettez-le Ă frĂ©mir et plongez-y pommes de terre, moraya rĂ©hydratĂ©e et riz. Laissez cuire 20 Ă 25 min, jusqu'Ă ce que la pomme de terre s'Ă©crase Ă peine sous la fourchette. Le riz Ă©paissit Ă peine le bouillon et lie l'ensemble sans le transformer en purĂ©e.
Sortez les morceaux de tĂȘte, dĂ©sossez et rĂ©partissez selon les convives : joue, langue, un peu de cervelle et, pour les puristes, l'Ćil. DĂ©cidez ici du style â tĂȘte entiĂšre en morceaux reconnaissables Ă la façon des marchĂ©s, ou viande effilochĂ©e pour les palais plus timides. La cervelle et la langue restent la part la plus recherchĂ©e.
Dans chaque assiette creuse, disposez pommes de terre, moraya, une louche de mote, les morceaux de tĂȘte choisis, puis versez le bouillon brĂ»lant filtrĂ©. GoĂ»tez et salez seulement maintenant : le caldo a concentrĂ© ses sels en cuisant, un salage trop prĂ©coce l'aurait rendu immangeable.
Parsemez gĂ©nĂ©reusement de hierbabuena ciselĂ©e (ou de paico), de ciboule et, pour qui aime, d'un peu d'ajĂ amarillo. Servez immĂ©diatement, brĂ»lant, comme sur les marchĂ©s andins oĂč il ressuscite les fĂȘtards et lance la journĂ©e des travailleurs des champs. C'est la menthe fraĂźche, jetĂ©e au tout dernier moment, qui rĂ©veille tout le plat.
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Sourcer ou se taire
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