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Atlas Culinaire · Guatemala · Amériques
Le cocido du dimanche : un morceau de bĆuf Ă l'os longuement mijotĂ© qui parfume un bouillon clair, oĂč plongent par paliers le gĂŒisquil, le maĂŻs en tronçons, la yuca, la carotte et le chou â servi avec riz, avocat, citron et tortillas, c'est le repas familial chapĂn par excellence.
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Mettez le bĆuf et l'os dans une grande marmite avec beaucoup d'eau froide, le laurier et un peu de sel, puis portez doucement Ă frĂ©missement. On dĂ©marre Ă l'eau froide pour que la viande et l'os relĂąchent lentement leurs sucs et donnent un bouillon plus parfumĂ© qu'un dĂ©part Ă l'eau bouillante, qui figerait les protĂ©ines en surface. DĂšs que l'Ă©cume grise monte, Ă©cumez-la patiemment Ă la louche : ce sont les impuretĂ©s qui troubleraient le caldo. Vous verrez le liquide passer d'un gris mousseux Ă une surface claire et dorĂ©e, et sentirez une odeur de bouillon de viande envahir la cuisine. La cible, c'est une viande qui devient tendre sous la fourchette et un bouillon limpide. Comptez une heure et demie Ă deux heures Ă petit feu, ou quarante minutes en autocuiseur comme le font beaucoup de familles. Si le niveau baisse trop, rajoutez de l'eau chaude pour ne pas casser l'Ă©bullition.
Pendant que la viande cuit, faites revenir dans une poĂȘle l'oignon Ă©mincĂ©, les tomates concassĂ©es et l'ail jusqu'Ă ce que tout fonde en une base souple et parfumĂ©e. Ce sofrito est ce qui distingue un vrai caldo d'une simple eau de lĂ©gumes : en faisant suer ces aromates Ă part, on dĂ©veloppe leur douceur et on Ă©vite le goĂ»t cru qu'ils auraient jetĂ©s directement dans la marmite. Vous verrez l'oignon devenir translucide puis nacrĂ©, la tomate se dĂ©faire et libĂ©rer son jus, et une odeur sucrĂ©e-acidulĂ©e monter de la poĂȘle. La cible, c'est une compotĂ©e fondante, sans morceaux durs. Versez-la ensuite dans le bouillon pour qu'elle s'y dissolve. Si elle attache, dĂ©glacez la poĂȘle avec une louche de bouillon pour n'en perdre aucun arĂŽme.
Sortez la viande, dĂ©coupez-la en gros morceaux d'environ quatre centimĂštres et remettez-la dans le bouillon, puis ajoutez d'abord les lĂ©gumes les plus fermes : maĂŻs en tronçons, yuca, carottes et haricots verts. On respecte cet ordre parce que ces lĂ©gumes durs ont besoin du plus long temps de cuisson, et les jeter en mĂȘme temps que le chou les laisserait crus tandis que le reste tournerait en bouillie. Le maĂŻs, en particulier, relĂąche un sucre qui arrondit tout le caldo. Vous verrez le bouillon se colorer lĂ©gĂšrement et sentirez le parfum du maĂŻs se mĂȘler Ă celui de la viande. La cible, c'est une yuca qui s'attendrit et une carotte qui reste ferme sous la dent. Laissez mijoter une quinzaine de minutes avant de passer aux lĂ©gumes tendres. GoĂ»tez et commencez Ă ajuster le sel, le bouillon se concentrant en rĂ©duisant.
Ajoutez maintenant les lĂ©gumes plus tendres dans l'ordre de leur fermetĂ© : le gĂŒisquil et les pommes de terre d'abord, puis quelques minutes plus tard la courgette et enfin le chou en quartiers. On Ă©chelonne ainsi pour que chaque lĂ©gume soit cuit Ă point au mĂȘme moment, le chou ne demandant que quelques minutes alors que la pomme de terre en rĂ©clame davantage. Vous verrez le gĂŒisquil devenir translucide sur les bords et le chou s'assouplir sans se dĂ©liter. La cible, c'est un panier de lĂ©gumes fondants mais qui gardent chacun leur tenue et leur forme dans l'assiette. Ăvitez de trop remuer, qui briserait les morceaux. Si le bouillon a trop rĂ©duit, rallongez d'un peu d'eau chaude. GoĂ»tez une derniĂšre fois le sel maintenant que tous les lĂ©gumes ont rendu leur eau.
Quand viande et légumes sont tendres, jetez une bonne poignée de coriandre fraßche ciselée dans la marmite, coupez le feu et laissez reposer cinq minutes à couvert. Ce court repos hors du feu laisse les saveurs se marier et le bouillon se clarifier, tandis que la coriandre infuse sans cuire et garde son parfum vif. Vous sentirez l'arÎme herbacé et frais de la coriandre s'élever au-dessus du bouillon riche. La cible, c'est un caldo clair, parfumé et équilibré, ni fade ni trop salé. Goûtez et rectifiez le sel une derniÚre fois. Si le bouillon vous semble plat, c'est presque toujours un manque de sel ou de citron, qu'on ajoutera à table. Ne couvrez pas trop longtemps, la coriandre noircirait.
Servez Ă la guatĂ©maltĂšque : le bouillon clair dans un bol, et dans une assiette Ă part la viande et les lĂ©gumes Ă©gouttĂ©s, accompagnĂ©s de riz blanc, de quartiers d'avocat, de rondelles de citron et de tortillas chaudes. Cette prĂ©sentation en deux services est la marque du caldo chapĂn : on boit le bouillon, on mange les lĂ©gumes, et chacun relĂšve son assiette Ă sa guise. Le citron pressĂ© au dernier moment rĂ©veille le gras de la viande, et le piment broyĂ© avec oignon se sert Ă part pour ceux qui aiment le feu. Vous verrez la table se couvrir de petits bols colorĂ©s et l'avocat fondre dans le bouillon chaud. La cible, c'est un repas gĂ©nĂ©reux et convivial, le dimanche en famille. Ne noyez pas l'assiette de bouillon : la tradition garde les deux sĂ©parĂ©s. Resservez du bouillon Ă volontĂ©, c'est le cĆur du plat.
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Sourcer ou se taire
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