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Atlas Culinaire · Angola · Luanda
Le grand plat de fĂȘte de Luanda â couches de poisson sĂ©chĂ© et frais, feuilles de jimbĂŽa et huile de palme rouge
Le calulu authentique luandais s'Ă©crit en couches alternĂ©es dans la marmite â c'est une rĂšgle d'architecture, pas une option. Selon Maria JĂșlia Vasconcelos (*Cozinha Angolana*, Texto Editores Luanda, 2003) et Wikipedia PT *Calulu*, on superpose : huile de palme + ail / poisson sĂ©chĂ© prĂ©alablement dessalĂ© / oignon en rondelles / tomate / feuilles de jimbĂŽa fraĂźches / aubergine / gombos / poisson frais / huile de palme â JAMAIS on ne touille pendant la cuisson, sinon les poissons se dĂ©sagrĂšgent. Premier dĂ©bat : feuilles de jimbĂŽa (Amaranthus, Solanum nigrum) FRAĂCHES (orthodoxe luandais, signature aromatique vĂ©gĂ©tale) versus poudre de feuilles sĂ©chĂ©es (raccourci diaspora, dĂ©prĂ©ciĂ©) â sans jimbĂŽa fraĂźche, ce n'est plus un calulu mais un ragoĂ»t de poisson. DeuxiĂšme dĂ©bat : poisson sĂ©chĂ© (peixe seco) OBLIGATOIRE comme base aromatique, le poisson frais seul donne un plat fade â la diaspora luandaise de Lisbonne tient cette rĂšgle pour intangible.
BiÚre Cuca ou Nocal bien fraßche, indispensable pour équilibrer la richesse de la sauce. Variante non-alcoolisée : Kissangua (boisson maïs fermentée non distillée), ou eau citronnée glacée. à éviter : vin blanc sec qui dramatise l'amertume des feuilles.
Plat-totem absolu de la cuisine luandaise selon Wikipedia PT (article dĂ©diĂ©), classĂ© plat national avec la muamba. Quasi obligatoire aux mariages, baptĂȘmes et fĂȘtes de famille de la diaspora luandaise (Lisbonne, Paris, SĂŁo Paulo). Souvent prĂ©sentĂ© comme la signature culinaire de Luanda cĂŽtiĂšre Ă l'Ă©tranger.
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Plonger le poisson sĂ©chĂ© dans un grand saladier d'eau froide pendant 1 heure, puis changer l'eau et recommencer 1 heure. Cette Ă©tape est obligatoire â un calulu sans dessalage devient immangeable. Ăgoutter, retirer arĂȘtes apparentes et peau si Ă©paisse, couper en morceaux de 5 cm.
Laver soigneusement la jimbĂŽa et les feuilles de patate douce, Ă©queuter et hacher grossiĂšrement (pas finement â on veut sentir la texture). Laver le poisson frais, le couper en darnes de 3 cm, l'enrober de sel fin, ail pilĂ© et jus de citron, laisser mariner 15 minutes. Ămincer oignons et tomates en rondelles fines.
Verser la moitiĂ© de l'huile de palme rouge dans une cocotte Ă©paisse Ă fond large. Ajouter l'ail pilĂ© et le faire infuser 2 minutes Ă feu doux â l'huile doit parfumer sans dorer. C'est la base aromatique de toute l'architecture du calulu, le geste fondateur identique chez Vasconcelos et dans les foyers de l'Ilha de Luanda.
Disposer une couche du poisson sĂ©chĂ© dessalĂ©, recouvrir d'une couche d'oignons en rondelles, puis de tomates en rondelles. Ne pas saler â le poisson sĂ©chĂ© libĂšre son sel. Ajouter quelques rondelles d'aubergine et la moitiĂ© de la jimbĂŽa hachĂ©e par-dessus.
Déposer le poisson frais mariné en couche au-dessus de la premiÚre strate. Ajouter par-dessus le reste des feuilles de jimbÎa, les feuilles de patate douce et les gombos entiers. Verser le reste de l'huile de palme en filet sur l'ensemble, ajouter le gindungo fendu, et mouiller avec 30 cl d'eau chaude.
Couvrir hermĂ©tiquement et porter Ă frĂ©missement Ă feu moyen. RĂ©duire Ă feu doux dĂšs le premier bouillon et laisser mijoter 35-40 minutes. NE JAMAIS REMUER â incliner doucement la cocotte tous les 10 minutes pour redistribuer le jus sans dĂ©ranger les couches.
GoĂ»ter le bouillon (sans remuer) â la sauce doit ĂȘtre brun-orangĂ© profond, le poisson tendre mais entier. Si fade, ajouter une louche du bain de dessalage. Rectifier en sel avec parcimonie, retirer le gindungo si la chaleur monte trop. Couvrir et laisser reposer 5 minutes hors du feu.
Présenter dans la cocotte au centre de la table, à l'angolaise. Accompagner d'un funge de bombó (manioc fermenté) ou de fuba (maïs), et idéalement de feijão de óleo de palma (haricots blancs cuits à l'huile de palme rouge). Servir avec une cuillÚre plate qui prélÚve par couches verticales, chaque convive recevant une portion qui descend du poisson frais jusqu'au poisson séché.
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Sourcer ou se taire
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