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Atlas Culinaire · La Réunion · Afrique
Aubergines et pommes de terre au safran péï — le plat unique des jours sans viande
Cliquez un ingrédient pour le cocher pendant vos courses.
Lavez les bringelles et coupez-les en cubes de 3 cm en gardant la peau : c'est elle qui empêche le morceau de se déliter en cours de cuisson. Épluchez les pommes de terre et taillez-les de la même taille — la régularité compte, car les deux légumes doivent finir ensemble alors qu'ils n'ont pas la même densité. Ne salez surtout pas les aubergines à ce stade. Émincez les oignons, pilez l'ail avec le gingembre éventuel.
Chauffez l'huile de tournesol dans une marmite à fond épais sur feu moyen et faites revenir les oignons émincés 5 à 6 minutes jusqu'à ce qu'ils soient translucides et légèrement blonds. Ajoutez l'ail pilé et le piment éventuel et remuez une minute. On ne pousse pas la caramélisation ici : le cari carême est un plat clair, et un oignon trop coloré donnerait une amertume que les légumes neutres ne sauraient absorber.
Versez le curcuma dans le gras chaud, ajoutez les branches de thym et les feuilles de kaloupilé, et remuez 30 à 40 secondes. La marmite prend une couleur orangée franche et une odeur composite monte, terreuse pour le curcuma, presque citronnée pour le kaloupilé. C'est ce trio qui donne son identité au plat, et le kaloupilé n'est pas facultatif : sans lui, le cari carême devient un simple ragoût de légumes au curcuma.
Versez les cubes de pommes de terre et remuez deux minutes pour les enrober du gras safrané. Ajoutez l'eau, couvrez et laissez cuire 10 minutes à feu moyen. Les pommes de terre prennent de l'avance : elles seront à mi-cuisson quand les aubergines arriveront, ce qui permettra aux deux de finir ensemble. C'est l'ordre qui fait la réussite du plat, pas la durée totale.
Ajoutez les cubes d'aubergine, mélangez délicatement pour les enrober, couvrez et poursuivez 12 à 15 minutes à feu doux. Remuez deux fois seulement, avec précaution : l'aubergine cuite se casse facilement et un cari où tout est en morceaux distincts est plus agréable qu'une bouillie, même savoureuse. Ajoutez un fond d'eau chaude si ça attache.
Ôtez le couvercle et laissez cuire encore 5 minutes à feu moyen pour que l'eau s'évapore entièrement. C'est la signature de ce cari : contrairement à la plupart des caris réunionnais, il ne doit pas rester de sauce, les légumes confisent dans le fond gras et safrané. Salez et poivrez maintenant seulement, goûtez, rectifiez. Retirez les branches de thym.
Servez chaud avec du riz blanc et un bol de grains — haricots rouges ou lentilles — pour un repas de carême complet et équilibré : les légumineuses apportent les protéines que le plat n'a pas. Un rougail tomate cru ou un piment la pâte à côté fournissent l'acidité et le piquant. Le cari carême bringelle est aussi un excellent plat unique du soir, chaud ou tiède.
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