Chargement de l’atlas
Atlas Culinaire · Italie · Veneto & Friuli-Venezia Giulia
Le bœuf cru de Giuseppe Cipriani, nappé de salsa universale et tracé alla Kandinsky — sans roquette ni parmesan
Le carpaccio authentique tel que Giuseppe Cipriani l'a créé au Harry's Bar de Venise n'a NI roquette, NI parmesan, NI câpres : ce ne sont que de très fines tranches de bœuf cru nappées de la « salsa universale » (mayonnaise allégée au lait, citron et quelques gouttes de Worcestershire), versée en filets façon « alla Kandinsky » pour la transparence absolue du plat. La dérive moderne (lit de roquette, copeaux de parmesan, câpres, huile d'olive) rapproche en réalité le plat de son cousin ancestral piémontais, la « carne cruda all'albese » (viande crue + parmesan + truffe + huile + citron) qui, lui, préexistait à Cipriani dès le XIXe siècle. La famille Cipriani tranche la question dans le Harry's Bar Cookbook et via sa sauce officielle « l'originale dal 1950 » : l'invention vénitienne est la SAUCE, pas les garnitures, et « avec le carpaccio les impostures sont interdites, son secret est la transparence totale ». La version roquette-parmesan est donc une hybridation piémontaise répandue, pas le carpaccio d'origine.
Un blanc vénitien vif et minéral (Soave Classico ou Pinot Grigio des Vénéties), ou un Prosecco brut bien frais qui répond à l'acidité de la salsa universale.
9/10 — devenu un classique mondial de la restauration depuis le Harry's Bar, où il figure au menu en continu ; « plus de 200 recettes » du bar dont le carpaccio sont publiées dans le Harry's Bar Cookbook, et la sauce est commercialisée par Cipriani sous l'étiquette « l'originale dal 1950 ».
Cliquez un ingrédient pour le cocher pendant vos courses.
Parer soigneusement le filet de tout gras et nerf. Le filmer serré et le placer 10 minutes au congélateur, juste assez pour le raffermir sans jamais le congeler à cœur. Une viande trop molle se déchire au tranchage et une viande gelée perd son goût.
Trancher le bœuf en lamelles d'environ 1 mm d'épaisseur, dans le sens contraire des fibres. L'objectif est une tranche presque translucide, fine « come fosse un prosciutto » selon Cipriani. Travailler vite pour que la viande reste froide.
Étaler les tranches sans les superposer sur des assiettes bien froides, en couvrant tout le fond comme une fine mosaïque rouge et blanche. Saler très légèrement. C'est cette surface lisse et nette qui rappelait à Cipriani les rouges et blancs du peintre Vittore Carpaccio.
Dans un bol, mélanger la mayonnaise avec la Worcestershire et le jus de citron. Détendre avec le lait, ajouté petit à petit, jusqu'à une sauce assez consistante pour qu'elle se laisse étaler du dos d'une cuillère en bois tout en coulant en filet. Goûter et rectifier sel, poivre blanc, Worcestershire ou citron.
Faire couler la salsa universale en fins filets entrecroisés sur la viande, à la fourchette ou à la cuillère, pour dessiner un motif abstrait « alla Kandinsky » cher à Cipriani. La sauce souligne la viande sans jamais la noyer ni la couvrir. Aucune garniture verte ni copeau ne vient sur le plat.
Apporter aussitôt à table, viande encore froide. Le carpaccio se mange dans la minute, sans repos ni marinade : c'est la fraîcheur de la viande crue et l'acidité vive de la sauce qui font tout. Pain blanc nature à part, rien d'autre.
Marquez-la cuisinée : elle entre dans votre journal, vous rapporte des points d'explorateur.
Sourcer ou se taire
Aucun commentaire pour l'instant. Sois le premier à cuisiner cette recette.
Vous l'avez testée ? Notez-la et partagez votre version : vous aidez l'Atlas à grandir.