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Atlas Culinaire · Sierra Leone · Afrique
Le plat NATIONAL de la Sierra Leone — feuilles de manioc pilées au mortier, mijotées dans le palmiste rouge avec poisson fumé et bœuf, servies sur riz blanc, pilier de l'identité krio.
Plat NATIONAL OFFICIEL de la Sierra Leone, identifié comme tel dans la cuisine sierra-léonaise (Wikipedia EN : 'cassava leaves having been called the country's national dish'). Mais multiples controverses techniques, identitaires et de sécurité alimentaire. (1) PLASSAS = SAKA SAKA = PONDU = PALAVA — le plassas est UNE famille de stews aux feuilles, dont le cassava leaf est la version sierra-léonaise. Saka saka (RDC), pondu (Congo), palava (Ghana/Liberia), mpondu — tous cousins issus d'une même tradition ouest et centrale africaine de feuilles pilées + palmiste. La revendication SL est forte mais partagée. (2) FEUILLES DE MANIOC ET CYANURE — DANGER alimentaire majeur souvent ignoré : les feuilles de manioc CRUES contiennent des glycosides cyanogènes (linamarine) qui se transforment en cyanure d'hydrogène à digestion. La sécurité passe par : (a) PILAGE FIN (libère les enzymes), (b) CUISSON LONGUE (45-60 min minimum) à grande eau renouvelée si possible. Au Sierra Leone, les feuilles sont écrasées au mortier en pâte presque pulpeuse, puis bouillies longtemps. La diaspora qui achète des feuilles de manioc surgelées (déjà préparées) saute cette étape critique. (3) PILAGE TRADITIONNEL — les anciennes Krio écrasent les feuilles au mortier en bois pendant 20-30 min, geste rituel transmis. Aujourd'hui : blender ou robot — accepté mais résultat texturalement moins fin. (4) PALMISTE OBLIGATOIRE — comme tous les plassas ouest-africains, l'huile de palme rouge est non substituable. Sans palmiste, perte de la couleur orange-rouge profonde et du goût umami signature. La diaspora qui prend de l'huile végétale neutre fait un stew vert-amer-fade. (5) MULTIPLES PROTÉINES — le cassava leaf stew authentique combine bœuf + smoked fish + crayfish + parfois pied de bœuf (cow foot, oxtail). Cette superposition crée une profondeur umami impossible à reproduire avec une seule protéine. Les versions végétariennes (avec champignons) existent mais sont des adaptations modernes. (6) COCONUT OIL VARIANT — selon Wikipedia EN, certaines versions de cassava leaf stew utilisent l'huile de coco au lieu du palmiste rouge — appréciée à Freetown pour 'goût plus exquis'. Variante minoritaire mais documentée. (7) RIZ BLANC OBLIGATOIRE — le plassas se sert TOUJOURS sur du riz blanc parfumé (pas riz brun, pas couscous, pas fufu — règle SL). Riz long grain ou parboiled au choix. (8) GROUNDNUT (CACAHUÈTE) AJOUT — variante Tonkolili où on ajoute de la pâte de cacahuète pilée dans le stew — donne une version plus onctueuse, parente du domoda gambien. (9) GUERRE CIVILE TRACE — pendant la guerre civile (1991-2002), le plassas était plat de survie : feuilles de manioc abondantes, palmiste, peu de protéines. Il a gardé un statut de PLAT DE PAIX, servi dans les ceremonies de réconciliation post-2002.
Servi avec un Star Beer (bière sierra-léonaise) ou un palm wine (poyo en krio) frais. En version familiale : ginger beer maison, sorrel drink (hibiscus). Pour invités : bière Heineken ou Sierra Stout. À Freetown : poyo + cassava leaf = combo de fin de semaine.
10/10 — plat NATIONAL OFFICIEL de la Sierra Leone, cité par Wikipedia EN comme tel. Star de toutes les tables sierra-léonaises, du dimanche en particulier. Présent dans les buka de Freetown (Aberdeen, Lumley, Wilberforce, Kissy), Bo, Kenema, Makeni. Plat de réconciliation post-guerre civile (1991-2002). Tradition krio de Freetown identitaire. Diaspora UK (Tooting, Croydon), US (Houston, Atlanta), Belgique. Émissions food : Cooking with Claudy, Xav's Kitchen, Sierra Leone Tourism. Variante 'sweet potato leaves stew' également populaire mais pas plat national. Toujours dans le top-3 plats préférés des Sierra-Léonais (sondage Tourism SL 2020). Mariage, funérailles, baptême — partout présent.
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Si feuilles fraîches : laver soigneusement (3-4 rinçages), retirer les tiges dures. Au mortier OU au robot blender : piler/mixer en pâte fine-pulpeuse — pas de morceaux, presque comme du pesto épais. Compter 10-15 min au mortier traditionnel, 2-3 min au blender (avec un peu d'eau). Si feuilles surgelées : décongeler (déjà blanchies-pilées par le fournisseur), prêtes à l'emploi.
Dans une grande cocotte, mettre les cubes de bœuf (400 g), 1 oignon haché, 2 gousses d'ail, 1 cube Maggi, 1/2 c.à.c. de sel, 1 c.à.s. de crayfish moulu. Couvrir d'1 L d'eau. Porter à ébullition puis baisser à feu doux et laisser mijoter 30-40 min jusqu'à ce que la viande soit tendre. Ajouter le stockfish trempé (si utilisé) 15 min avant la fin. Filtrer et réserver bouillon (env. 700 ml) et viande+poisson séparément.
étape sécurité — Dans une autre grande casserole, porter 1 L d'eau salée à ébullition. Ajouter la pâte de feuilles de manioc pilées. Bouillir À FEU MOYEN-DOUX pendant 45 min (si fraîches) ou 25-30 min (si surgelées blanchies). L'eau va devenir VERTE PROFONDE. Cette cuisson longue ÉLIMINE les glycosides cyanogènes — étape de sécurité non négociable pour feuilles fraîches. Ne pas couvrir (laisser s'évaporer le HCN volatil).
Dans la cocotte vidée, chauffer 200 ml de palmiste rouge à feu MOYEN-VIF jusqu'à frémissement (PAS jusqu'à fumée — toxique au-dessus de 180°C). Ajouter le 2e oignon haché, faire revenir 4 min jusqu'à coloration. Ajouter 2 gousses d'ail haché et 200 g de tomate fraîche concassée (optionnel). Faire revenir 5 min jusqu'à ce que la tomate se défasse. Saler légèrement.
Verser les feuilles bouillies (avec leur eau verte réduite) dans la cocotte avec le palmiste-oignon-tomate. Ajouter le bouillon réservé (env. 700 ml). Ajouter le 2e cube Maggi écrasé, 1 c.à.s. de crayfish moulu, le piment Scotch Bonnet ENTIER (non fendu pour parfum sans excès de feu). Mélanger. Porter à ébullition puis baisser à feu DOUX. Mijoter à découvert 20-25 min — le stew va prendre une couleur VERT-FONCÉ-ORANGE-RUST signature et l'huile de palme remontera en couronne en surface.
Remettre la viande cuite et le stockfish dans la cocotte. Ajouter le poisson fumé effilé (150 g) et les crevettes (si utilisées). Pour version Tonkolili enrichie : ajouter 2 c.à.s. de peanut butter naturel et bien mélanger jusqu'à dissolution. Couvrir et laisser réchauffer 10 min à feu doux pour amalgamer les saveurs.
Pendant que le plassas mijote, cuire 600 g de riz blanc Jasmine ou parboiled selon paquet (en général 2 vol d'eau pour 1 vol de riz, 18-22 min à couvert). Saler légèrement. Aérer à la fourchette en fin de cuisson.
Déposer une grande louche de riz blanc dans une assiette creuse. Verser 2-3 louches de plassas par-dessus, en s'assurant d'avoir un peu de viande, poisson et feuilles dans chaque portion. Garnir d'un filet de palmiste rouge supplémentaire (optionnel) et d'un quartier de citron vert. Servir IMMÉDIATEMENT, brûlant. À Freetown, on mange le plassas avec une cuillère ou les mains, en mélangeant riz et stew au fur et à mesure.
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