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Atlas Culinaire · République dominicaine · Amériques
Croquettes de yuca râpée puis pressée, farcies de viande hachée épicée et frites jusqu'à doré : l'empanada dominicaine sans blé, née d'un mariage entre le geste taïno du cazabe et la forme espagnole de l'empanada.
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Épluchez la yuca en retirant à la fois l'écorce brune épaisse et la fine pellicule rosée juste en dessous, car cette dernière laisse un goût amer et une texture fibreuse si elle reste sur la racine. Coupez les tronçons en deux dans la longueur pour vérifier l'absence de fibre centrale noircie, signe d'une yuca trop vieille, puis râpez-la finement au côté le plus fin d'une râpe manuelle ou au robot muni d'une lame à râper. Travaillez par petites quantités et passez directement chaque poignée râpée dans un grand saladier d'eau froide pour freiner l'oxydation, qui ferait virer la pulpe au gris. La cible est une pulpe blanche, humide, à la texture de semoule fine, sans aucun morceau fibreux resté entier.
Égouttez la pulpe râpée puis transférez-la par poignées dans un torchon propre et serré, ou une étamine double épaisseur, et tordez fermement au-dessus de l'évier pour extraire un maximum de liquide laiteux. Ce liquide contient l'essentiel de l'amidon et de l'humidité de la yuca : plus vous pressez fort, plus la pâte finale sera facile à travailler et tiendra bien à la friture. Recommencez l'opération une seconde fois sur la même poignée dès que vous croyez avoir fini, car il reste toujours du liquide même quand le torchon semble sec au premier passage. Étalez ensuite la pulpe pressée sur une plaque pour vérifier sa texture : elle doit s'effriter en grains secs entre les doigts plutôt que former une boule collante.
Versez la pulpe pressée dans un caldero ou une poêle à fond épais, sans ajouter de matière grasse, et faites chauffer à feu doux à moyen en remuant constamment avec une spatule en bois. La pulpe semble d'abord sableuse puis commence à se lier en petits grumeaux tièdes au fur et à mesure que la chaleur active légèrement l'amidon résiduel : c'est le signe qu'il faut arrêter la cuisson, pas la poursuivre. Contrairement à une bouillie qu'on cuit à cœur, la masse doit rester plus crue que cuite, tout juste tiède et malléable, car elle finira sa cuisson à la friture. Retirez du feu dès l'apparition des premiers grumeaux liés et laissez refroidir complètement à température ambiante, idéalement étalée sur une plaque pour accélérer le refroidissement.
Faites chauffer un filet d'huile dans une poêle et faites suer l'oignon émincé avec l'ail écrasé jusqu'à ce qu'ils deviennent translucides, puis ajoutez le poivron cubanela en petits dés et poursuivez deux minutes. Ajoutez la viande hachée en l'émiettant à la fourchette pour éviter les gros morceaux, salez, poivrez et incorporez le sazón, l'origan et la coriandre ciselée, en remuant jusqu'à ce que la viande perde sa couleur rosée. Versez la sauce tomate ou le concentré délayé, baissez le feu et laissez mijoter à découvert jusqu'à ce que le liquide soit complètement absorbé : une farce encore humide détrempe la pâte de yuca de l'intérieur pendant la friture. Goûtez, rectifiez l'assaisonnement, puis laissez la farce refroidir complètement avant de garnir, sans quoi elle ramollirait la pâte crue au contact.
Une fois la pulpe de yuca entièrement refroidie, versez-la dans un grand saladier et ajoutez l'huile annatto, le jus d'orange amère et le sel, puis pétrissez à la main en ramenant la pâte vers le centre par pressions successives. La pâte doit progressivement devenir souple et homogène, prenant une teinte dorée uniforme grâce à l'huile annatto ; si elle reste trop sèche et se fissure au pliage, ajoutez l'eau tiède une cuillère à la fois, jamais plus, en pétrissant entre chaque ajout. La cible est une texture proche d'une pâte à tarte ferme, qui se tient en boule sans coller aux doigts ni se fendiller sur les bords. Couvrez immédiatement d'un linge légèrement humide dès que la pâte est prête, car elle sèche et craquelle en surface en quelques minutes à l'air libre.
Divisez la pâte en boules de la taille d'une balle de golf et gardez le reste couvert d'un linge humide pendant que vous travaillez chaque portion. Aplatissez chaque boule entre deux feuilles de plastique huilées ou sur un plan de travail huilé, au rouleau ou à la presse à tortillas, jusqu'à un disque fin d'environ trois millimètres, sans trou ni zone trop fine qui laisserait fuir la farce. Déposez une cuillère à soupe de farce refroidie au centre, repliez en demi-lune et scellez fermement les bords avec les dents d'une fourchette ou en pinçant à la main, en chassant l'air emprisonné avant de fermer complètement. Disposez les catibías façonnées côte à côte sans les empiler sur une plaque légèrement huilée, prêtes à frire immédiatement ou à réfrigérer jusqu'à trois mois si vous préparez à l'avance.
Faites chauffer l'huile de friture dans un caldero profond ou une friteuse à environ 170-180 degrés, en vérifiant la température avec un petit morceau de pâte qui doit remonter en grésillant immédiatement à la surface sans noircir. Plongez les catibías par petites fournées de trois ou quatre, sans surcharger le bain, pour que la température de l'huile ne chute pas et que la cuisson reste uniforme sur toutes les faces. Laissez frire sans les retourner constamment, une ou deux fois seulement, pendant environ quatre à six minutes, jusqu'à ce que la surface prenne une couleur dorée franche et une texture visiblement croustillante. La cible est une croûte qui sonne creux et craque nettement sous la fourchette, signe que l'intérieur de yuca a fini sa cuisson sans que l'extérieur n'ait brûlé.
Retirez les catibías de l'huile à l'écumoire et égouttez-les immédiatement sur une grille ou du papier absorbant, en une seule couche pour que la vapeur s'échappe sans ramollir la croûte du dessous. Servez sans attendre : c'est à la sortie de l'huile, encore craquantes et fumantes, que les catibías expriment le mieux le contraste entre la croûte croustillante et l'intérieur moelleux de la farce. Sur les kiosques de rue dominicains, elles s'accompagnent traditionnellement d'une sauce piquante maison ou de ketchup, et se mangent à la main, enveloppées dans un bout de papier. La cible est une catibía encore tiède au centre, dont la croûte reste sonore plusieurs minutes après la sortie de la friture, sans ramollir au contact de l'air.
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Sourcer ou se taire
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