vers 3 000 av. J.-C.
Premières cultures agricoles taïnoes en Hispaniola
Les populations précolombiennes de l'île d'Hispaniola, ancêtres des Taïnos, développent une agriculture centrée sur le manioc, la patate douce, le maïs et diverses cucurbitacées. Le manioc amer transformé en casabe constitue leur aliment principal, préparé sur des plaques de pierre chauffées, une technique documentée par l'archéologie caribéenne. Cette base alimentaire précolombienne pose les fondations identitaires de la future cuisine dominicaine.
1492
Arrivée de Christophe Colomb et choc alimentaire
Le débarquement de Christophe Colomb en Hispaniola en décembre 1492 marque le début d'un transfert culinaire massif entre l'Ancien et le Nouveau Monde. Les Espagnols introduisent le porc, le bœuf, le riz, les agrumes et diverses épices méditerranéennes, tandis qu'ils découvrent et exportent le manioc, le maïs, la patate douce et le cacao. Ce choc des cuisines, documenté par Bartolomé de las Casas et d'autres chroniqueurs de l'époque, génère les prémices du métissage culinaire qui caractérise aujourd'hui la gastronomie dominicaine.
1697
Partition de l'île et influences africaines renforcées
Le traité de Ryswick cède la partie occidentale d'Hispaniola à la France, établissant une frontière culturelle et culinaire durable entre la future Haïti et la colonie espagnole. Du côté espagnol, la traite négrière amène des populations africaines issues notamment des régions yoruba, congo et mandé, qui enrichissent la cuisine locale d'épices, de techniques de cuisson et de légumineuses. Cette influence africaine se cristallise dans les habichuelas guisadas, les plats mijotés et l'usage intense du sofrito comme base aromatique.
1844
Indépendance et codification de la cuisine créole
La proclamation de l'indépendance dominicaine le 27 février 1844 coïncide avec l'affirmation d'une identité nationale distincte, dont la cuisine devient un vecteur symbolique fort. La « bandera dominicana » (riz, haricots rouges, viande, salade) s'impose progressivement comme repas national emblématique, reflet du métissage taïno-africain-espagnol. Les marchés urbains de Saint-Domingue commencent à structurer une gastronomie créole populaire autour de ces plats identitaires.
années 1990-2000
Essor du tourisme et rayonnement culinaire international
Le développement massif du tourisme dans les années 1990 et 2000, notamment dans les régions de Punta Cana et Puerto Plata, expose la cuisine dominicaine à une audience internationale et stimule la valorisation des produits locaux comme le cacao biologique et le café de Barahona. Des chefs dominicains commencent à revisiter la cuisine traditionnelle dans une démarche de gastronomie créative, reconnue lors de festivals comme le « Gastronómika RD ». La diaspora dominicaine aux États-Unis contribue également à diffuser et populariser cette cuisine à l'échelle mondiale.