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Atlas Culinaire · République dominicaine · Amériques
Le « tamal » dominicain de NoĂ«l â une masa crĂ©meuse de plĂĄtano vert, yautĂa et auyama enrobant une farce de viande, pliĂ©e dans une feuille de bananier et papier, ficelĂ©e et bouillie
La **masa** des pasteles en hoja doit-elle ĂȘtre rĂąpĂ©e Ă la main ou passĂ©e au robot, et avec quelles racines exactement ? Le dĂ©bat oppose les familles dominicaines de gĂ©nĂ©ration en gĂ©nĂ©ration. **Clara Gonzalez** (dominicancooking.com, recette rĂ©visĂ©e le 12 avril 2025, https://www.dominicancooking.com/pasteles-en-hoja) tranche pour une masa de **plĂĄtano vert + yautĂa (malanga) + auyama (courge kabocha)**, rĂąpĂ©s finement ou passĂ©s au robot jusqu'Ă texture « grain-like » uniforme, liĂ©e au lait, au beurre, au sazĂłn completo et Ă la **bija (achiote)** pour la couleur orangĂ©e. Le point clĂ© qu'elle tranche : la masa doit rester **coulante et molle** (« runny batter is intentional ») â un pastel rĂ©ussi est crĂ©meux, pas compact ; vouloir une pĂąte ferme est l'erreur du dĂ©butant. DeuxiĂšme controverse, l'**enveloppe** : feuille de bananier seule, papier seul, ou les deux ? Gonzalez recommande le double emballage (feuille de bananier intĂ©rieure + papier sulfurisĂ© extĂ©rieur) pour l'Ă©tanchĂ©itĂ©, la feuille gardant une plus belle couleur. Certaines familles ajoutent du **guineo verde (banane verte)** Ă la masa pour l'allĂ©ger, d'autres de la yuca â chaque maison a son dosage. Enfin, le statut du plat est consensuel : c'est un **incontournable du rĂ©veillon de NoĂ«l et du Nouvel An** dominicain, prĂ©parĂ© en grande quantitĂ© par toute la famille rĂ©unie (les femmes rĂąpant la masa, pliant et ficelant Ă la chaĂźne). Le pastel en hoja se distingue du *tamal* mexicain (masa de maĂŻs) par sa base de racines et plĂĄtano, et du *pastel* portoricain par les proportions et le sazĂłn dominicain.
Presidente (biĂšre dominicaine) â Morir Soñando â servi nappĂ© de ketchup ou de sauce piquante, au rĂ©veillon avec cerdo asado et moro de guandules
Les **pasteles en hoja** sont l'un des **plats-totems du rĂ©veillon dominicain** (Nochebuena et Nouvel An), au mĂȘme rang que le cerdo asado et le moro de guandules. C'est un plat **collectif et rituel** : toute la famille (souvent plusieurs gĂ©nĂ©rations de femmes) se rĂ©unit pour rĂąper la masa, Ă©taler, farcir, plier et ficeler des dizaines de pasteles Ă la chaĂźne â l'opĂ©ration est aussi importante que le rĂ©sultat. Le pastel en hoja est le « tamal » dominicain, mais bĂąti sur une masa de plĂĄtano vert et de racines (yautĂa, auyama) et non de maĂŻs comme au Mexique. On en prĂ©pare en grande quantitĂ©, on en congĂšle, on en offre aux voisins. Note 9/10 â incontournable des fĂȘtes mais rarement fait au quotidien vu le travail qu'il demande.
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Dans une poĂȘle, faire revenir l'oignon rouge et le cubanelle dans un filet d'huile jusqu'Ă translucide. Ajouter l'ail, puis la viande hachĂ©e et la faire brunir en l'Ă©miettant. Incorporer le concentrĂ© de tomate, les olives, cĂąpres et raisins secs, l'origan, le sel et le poivre. Mouiller d'un peu d'eau et laisser mijoter jusqu'Ă ce que le liquide s'Ă©vapore et que la farce soit moelleuse mais non sĂšche. Laisser refroidir complĂštement.
Couper les feuilles de bananier et le papier sulfurisé en carrés d'environ 13 cm (5 pouces). Passer rapidement chaque feuille de bananier au-dessus d'une flamme de gaz (ou la plonger 10 secondes dans l'eau bouillante) jusqu'à ce qu'elle assouplisse, brille et vire au vert profond. Essuyer. Badigeonner légÚrement chaque feuille d'huile à la bija pour faciliter le démoulage.
Peler et peser le plĂĄtano vert (227 g), la yautĂa (151 g) et l'auyama (151 g). Les rĂąper finement Ă la main (cĂŽtĂ© fin de la rĂąpe) ou les passer au robot jusqu'Ă obtenir une masse humide et uniforme Ă texture granuleuse. Ăgoutter le surplus d'eau. Incorporer le lait, le beurre fondu, le sazĂłn completo, la bija et le sel. MĂ©langer jusqu'Ă une masa lisse, MOLLE et coulante.
Sur une feuille de bananier (posĂ©e sur un carrĂ© de papier), dĂ©poser ~2,5 c.Ă .s. de masa au centre et l'Ă©taler en rectangle. Poser 2 c.Ă .s. de farce au milieu, puis recouvrir de 2 c.Ă .s. de masa. Rabattre la feuille en enveloppe (replier les bords longs l'un sur l'autre, puis les extrĂ©mitĂ©s) pour enfermer hermĂ©tiquement. Replier le papier extĂ©rieur de la mĂȘme façon.
Ficeler chaque papillote en croix avec de la ficelle de cuisine, en serrant fermement pour que l'eau de cuisson ne pénÚtre pas. On peut lier les pasteles par paires (dos à dos) pour économiser la ficelle, méthode traditionnelle dominicaine. Vérifier qu'aucun coin ne bùille.
Porter une grande marmite d'eau salĂ©e Ă Ă©bullition franche. Plonger les pasteles ficelĂ©s et cuire Ă gros bouillons pendant 40 minutes, en les retournant Ă mi-cuisson pour une cuisson homogĂšne. La masa doit se raffermir juste ce qu'il faut tout en restant crĂ©meuse Ă cĆur.
Sortir les pasteles, les laisser tiédir 5 minutes, couper la ficelle et ouvrir la feuille de bananier au moment de servir (le parfum végétal se libÚre). Déguster chaud, nappé de ketchup ou de sauce piquante dominicaine. Au réveillon, ils accompagnent le cerdo asado, le moro de guandules et la ensalada rusa.
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