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Atlas Culinaire · République dominicaine · Amériques
Le tamal dominicain de NoĂ«l â une masa de plantain vert, yautĂa et courge, volontairement coulante, pliĂ©e en feuille de bananier et bouillie.
En dĂ©cembre, les cuisines dominicaines se transforment en ateliers. On rĂąpe, on Ă©tale, on garnit, on plie, on ficelle â les pasteles en hoja se font par dizaines, Ă plusieurs, sur une table couverte de feuilles de bananier, et on en congĂšle pour tenir jusqu'au Nouvel An.
Le désaccord le plus profond porte sur la texture de la masa, et il est contre-intuitif pour qui vient d'ailleurs.
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Dans une poĂȘle, faire revenir l'oignon rouge et le cubanelle dans un filet d'huile jusqu'Ă translucide. Ajouter l'ail, puis la viande hachĂ©e et la faire brunir en l'Ă©miettant. Incorporer le concentrĂ© de tomate, les olives, cĂąpres et raisins secs, l'origan, le sel et le poivre. Mouiller d'un peu d'eau et laisser mijoter jusqu'Ă ce que le liquide s'Ă©vapore et que la farce soit moelleuse mais non sĂšche. Laisser refroidir complĂštement.
Le pourquoiLa farce doit ĂȘtre cuite ET sĂšche avant d'entrer dans la masa. Une farce encore juteuse dĂ©tremperait une pĂąte dĂ©jĂ volontairement coulante, et le pastel se dĂ©ferait dans l'eau.
Couper les feuilles de bananier et le papier sulfurisé en carrés d'environ 13 cm (5 pouces). Passer rapidement chaque feuille de bananier au-dessus d'une flamme de gaz (ou la plonger 10 secondes dans l'eau bouillante) jusqu'à ce qu'elle assouplisse, brille et vire au vert profond. Essuyer. Badigeonner légÚrement chaque feuille d'huile à la bija pour faciliter le démoulage.
Le pourquoiLa feuille crue est cassante et se fend au pliage. Quelques secondes de flamme font Ă©clater ses cellules gorgĂ©es d'eau : elle s'assouplit d'un coup et devient pliable â et c'est lĂ que naĂźt son parfum grillĂ©.
Peler et peser le plĂĄtano vert (227 g), la yautĂa (151 g) et l'auyama (151 g). Les rĂąper finement Ă la main (cĂŽtĂ© fin de la rĂąpe) ou les passer au robot jusqu'Ă obtenir une masse humide et uniforme Ă texture granuleuse. Ăgoutter le surplus d'eau. Incorporer le lait, le beurre fondu, le sazĂłn completo, la bija et le sel. MĂ©langer jusqu'Ă une masa lisse, MOLLE et coulante.
Le pourquoiVoici le cĆur du plat, et le point que tout le monde rate. La masa de plantain, yautĂa et auyama DOIT rester coulante : c'est ce qui donne un pastel crĂ©meux et fondant. Une masa ferme donne un bloc compact.
Sur une feuille de bananier (posĂ©e sur un carrĂ© de papier), dĂ©poser ~2,5 c.Ă .s. de masa au centre et l'Ă©taler en rectangle. Poser 2 c.Ă .s. de farce au milieu, puis recouvrir de 2 c.Ă .s. de masa. Rabattre la feuille en enveloppe (replier les bords longs l'un sur l'autre, puis les extrĂ©mitĂ©s) pour enfermer hermĂ©tiquement. Replier le papier extĂ©rieur de la mĂȘme façon.
Le pourquoiLa masa s'Ă©tale en couche, la farce se pose au centre, la masa se referme dessus. Le pliage doit ĂȘtre Ă©tanche : avec une pĂąte aussi fluide, la moindre ouverture vide le paquet dans la marmite.
Ficeler chaque papillote en croix avec de la ficelle de cuisine, en serrant fermement pour que l'eau de cuisson ne pénÚtre pas. On peut lier les pasteles par paires (dos à dos) pour économiser la ficelle, méthode traditionnelle dominicaine. Vérifier qu'aucun coin ne bùille.
Le pourquoiLa ficelle en croix maintient le paquet fermé pendant vingt minutes de grosse ébullition. C'est la derniÚre ligne de défense contre une masa qui ne demande qu'à s'échapper.
Porter une grande marmite d'eau salĂ©e Ă Ă©bullition franche. Plonger les pasteles ficelĂ©s et cuire Ă gros bouillons pendant 40 minutes, en les retournant Ă mi-cuisson pour une cuisson homogĂšne. La masa doit se raffermir juste ce qu'il faut tout en restant crĂ©meuse Ă cĆur.
Le pourquoiLe pochage cuit la masa dans sa propre vapeur, Ă travers la feuille, et la fait prendre. C'est aussi le moment oĂč le parfum de feuille de bananier grillĂ©e passe dans la pĂąte.
Sortir les pasteles, les laisser tiédir 5 minutes, couper la ficelle et ouvrir la feuille de bananier au moment de servir (le parfum végétal se libÚre). Déguster chaud, nappé de ketchup ou de sauce piquante dominicaine. Au réveillon, ils accompagnent le cerdo asado, le moro de guandules et la ensalada rusa.
Le pourquoiL'ouverture fait partie du plat : le parfum végétal qui s'échappe quand on coupe la ficelle est ce qu'on vient chercher. On déballe à table, pas en cuisine.
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â Cette recette n'a jamais Ă©tĂ© testĂ©e par la communautĂ©. Soyez le premier Ă fermer la couronne.
Le réveillon dominicain en deux plats. Les pasteles en hoja se font en atelier familial tout décembre ; le moro de guandules au coco est le riz qui les accompagne le 24. Ni l'un ni l'autre ne manque à table.
Voir la recette âCousineDeux enfants du tamal caribĂ©en, et deux masas diffĂ©rentes. L'hallaca vĂ©nĂ©zuĂ©lienne est montĂ©e sur une pĂąte de maĂŻs ; le pastel dominicain sur des racines rĂąpĂ©es â plantain vert, yautĂa, auyama â volontairement coulantes. MĂȘme feuille de bananier, mĂȘme NoĂ«l, deux textures qui n'ont rien Ă voir.
Voir la recette âCousineDeux « tamales » caribĂ©ens de NoĂ«l, deux masas. Trinidad monte la sienne Ă la semoule de maĂŻs et signe sa farce d'olives, cĂąpres et raisins ; la RĂ©publique dominicaine rĂąpe des racines et vise une masa crĂ©meuse. Tous deux se plient en feuille de bananier, se ficellent et se pochent.
Voir la recette âSourcer ou se taire
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