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Atlas Culinaire · Trinité-et-Tobago · Amériques
Le petit pâté de Noël trini — semoule de maïs enroulée sur une farce de bœuf aux olives, câpres et raisins, pochée dans sa feuille de bananier.
En décembre, à Trinidad, on fait les pastelles à plusieurs. C'est un travail à la chaîne — l'un aplatit la pâte, l'autre garnit, un troisième plie et ficelle — et il se fait en famille, en musique, sur plusieurs heures. Le résultat tient dans la main : un petit paquet vert, ficelé, qu'on déballe brûlant.
La question de l'origine ne fait pas débat chez les historiens : la pastelle vient du pastel vénézuélien, cousin de l'hallaca, apporté par les migrants.
Cliquez un ingrédient pour le cocher pendant vos courses.
Assaisonner le bœuf haché avec le green seasoning, l'oignon, le scotch bonnet, le sel et laisser prendre 15-30 minutes. Faire chauffer l'huile dans une poêle, ajouter la viande et l'étuver à feu moyen environ 15 minutes jusqu'à ce qu'elle soit cuite et que le liquide ait réduit. Incorporer le roucou (ou le ketchup) pour la couleur. La farce doit être humide mais pas liquide — un excès de jus empêcherait la pâte de sceller.
Le pourquoiLa farce doit être cuite ET sèche avant d'entrer dans la pâte. Une farce humide détremperait la semoule de maïs pendant le pochage, et la pastelle se déferait dans l'eau.
Hors du feu, incorporer à la farce les olives vertes hachées, les câpres et les raisins secs : c'est la triade signature qui définit la pastelle trinidadienne et la distingue du tamal ou de l'hallaca. Mélanger et laisser refroidir complètement. Une farce chaude ferait fondre la pâte de cornmeal à l'enrobage.
Le pourquoiVoici la signature trinidadienne, et elle est non négociable. Le salé des olives, le saumâtre des câpres, le sucré des raisins : c'est ce trio qui sépare la pastelle du tamal, et son absence est tenue pour une faute.
Dans un grand bol, mélanger le cornmeal et le sel. Faire fondre le beurre avec l'huile et l'eau tiède, puis verser progressivement sur le cornmeal en pétrissant jusqu'à obtenir une pâte souple, lisse et non collante, qui se tient en boule. Couvrir d'un linge. La pâte doit rester malléable : si elle se fissure, ajouter un filet d'eau tiède ; si elle colle, un peu de cornmeal.
Le pourquoiL'eau chaude et le beurre donnent une pâte souple et plastique, capable de s'aplatir très fin sans se fendre. Une pâte à l'eau froide serait sableuse et se craquellerait au pliage.
Passer rapidement chaque carré de feuille de banane au-dessus d'une flamme (ou les ébouillanter brièvement) : la feuille change de teinte, devient brillante et souple, et libère son parfum végétal. Essuyer et badigeonner légèrement d'huile la face qui touchera la pâte. Préparer les carrés par paires (un dessous, un dessus pour aplatir).
Le pourquoiLe passage à la flamme fait éclater les cellules gorgées d'eau : la feuille s'assouplit d'un coup et cesse de se fendre au pliage. C'est aussi là que naît son parfum grillé, celui qui passera dans la pâte.
Déposer une boule de pâte (≈ 60 g) sur un carré de feuille huilé, couvrir d'un second carré huilé et aplatir au rouleau ou à la presse à pastelle en un disque régulier de 5 mm. Retirer la feuille du dessus. Placer une cuillère bombée de farce froide au centre. À l'aide de la feuille du dessous, rabattre les bords de la pâte sur la farce pour l'enfermer complètement en formant un rectangle, en veillant à ce que la pâte adhère et scelle bien.
Le pourquoiLa pâte s'aplatit entre deux feuilles huilées : c'est la seule façon d'obtenir un disque fin et régulier sans qu'elle colle au rouleau ou aux mains.
Replier la feuille de banane tout autour de la pastelle pour former un paquet rectangulaire bien fermé. Ficeler en croix sans trop serrer (la pastelle gonfle un peu à la cuisson). Répéter pour toutes les pastelles — c'est ici que la chaîne familiale trini prend tout son sens, chacun à un poste. Réserver les paquets au fur et à mesure.
Le pourquoiLe paquet doit être étanche mais pas serré : la pâte gonfle légèrement au pochage, et une ficelle trop tendue ferait éclater la feuille exactement le long du lien.
Porter une grande marmite d'eau salée à ébullition. Plonger les pastelles ficelées et pocher 15 à 20 minutes (Felix : 15-20 min ; la tradition Naparima compte environ 15 min). La pâte se raffermit autour de la farce. Retirer à l'écumoire et égoutter dans une passoire avant de déballer.
Le pourquoiLe pochage cuit la semoule à travers la feuille, dans sa propre vapeur, tout en faisant passer le parfum végétal dans la pâte. C'est le principe du tamal, conservé intact.
Laisser tiédir quelques minutes, puis couper la ficelle et déballer délicatement la feuille de banane : la pastelle dorée se dévoile, parfumée. Servir chaude au cœur du repas de Noël trini, aux côtés du ham, du pastelle accompagnant le sorrel et le ponche de crème. Les pastelles se congèlent très bien avant cuisson — on en prépare des dizaines en décembre pour toute la saison des fêtes.
Le pourquoiLe déballage fait partie du plat : le parfum de feuille de bananier grillée qui s'échappe au moment où on coupe la ficelle est la moitié du plaisir. Le faire en cuisine reviendrait à le gâcher.
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Le parent direct, à dix kilomètres de côtes. La pastelle trinidadienne descend du pastel vénézuélien, cousin de l'hallaca — même semoule de maïs, même feuille de bananier, même Noël. Trinidad l'a créolisée : green seasoning, roucou, et surtout le trio olives-câpres-raisins qui la signe et que l'hallaca ne connaît pas sous cette forme.
Voir la recette →CousineLe Noël trinidadien en deux objets. Les pastelles se font en famille, à la chaîne, tout décembre ; le black cake a commencé à macérer bien avant. L'un ouvre le repas, l'autre le ferme.
Voir la recette →CousineDeux « tamales » caribéens de Noël, deux masas. Trinidad monte la sienne à la semoule de maïs et signe sa farce d'olives, câpres et raisins ; la République dominicaine râpe des racines et vise une masa crémeuse. Tous deux se plient en feuille de bananier, se ficellent et se pochent.
Voir la recette →Sourcer ou se taire
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