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Atlas Culinaire · République dominicaine · Amériques
Le riz du rĂ©veillon dominicain â pois d'Angole et lait de coco cuits AVEC le riz dans la mĂȘme marmite. C'est un moro, pas un locrio.
Le vocabulaire dominicain du riz est prĂ©cis, et il vaut la peine d'ĂȘtre appris. On dit MORO quand le riz et la lĂ©gumineuse cuisent ensemble, dans la mĂȘme marmite, dĂšs le dĂ©part. C'est le cas ici : les guandules â les pois d'Angole â entrent avec le sofrito, le lait de coco arrive, le riz suit, et tout finit sous le mĂȘme couvercle.
Coco ou pas coco : la question partage le pays géographiquement plus qu'idéologiquement.
Cliquez un ingrédient pour le cocher pendant vos courses.
Hacher l'ail, couper le cubanelle en petits dĂ©s, ciseler le cilantro et le cĂ©leri. Dans une cocotte (caldero) Ă fond Ă©pais, chauffer 1 c.Ă .s. d'huile Ă feu moyen. Faire suer l'ail, le cubanelle, le cilantro, le cĂ©leri, les olives, les cĂąpres, l'origan et le sel pendant 2 minutes, sans colorer. Le sofrito doit embaumer sans brĂ»ler â il porte tout le parfum du moro.
Le pourquoiLe sofrito est la base de toute la cuisine de l'Ăźle : oignon rouge, cubanela, ail, cilantro. Dans un moro il n'y a ni viande ni sauce â c'est lui, et le coco, qui portent tout le goĂ»t.
Ajouter les guandules (pois d'Angole) Ă©gouttĂ©s dans le sofrito et faire revenir 2 minutes pour les enrober de saveur. Incorporer le concentrĂ© (ou la sauce) de tomate et remuer 1 minute pour le cuire et lui ĂŽter son goĂ»t mĂ©tallique. Si vous utilisez des pois en conserve, rĂ©server leur jus pour complĂ©ter le liquide. Les pois doivent ĂȘtre bien enrobĂ©s et brillants.
Le pourquoiLes pois d'Angole revenus quelques minutes dans le sofrito s'en imprĂšgnent avant de rencontrer le liquide. C'est ce qui les empĂȘche de rester des lĂ©gumineuses posĂ©es au milieu du riz.
Verser le lait de coco gras (full fat), ajouter l'eau (et le jus des pois rĂ©servĂ©) en visant un volume de liquide ĂGAL au volume de riz Ă venir (ratio 1:1). Porter Ă Ă©bullition franche Ă feu moyen-vif. GoĂ»ter le liquide et rectifier le sel : il doit paraĂźtre un peu trop salĂ©, car le riz va absorber et neutraliser. Surveiller â le lait de coco accroche vite au fond.
Le pourquoiLe coco entier â full fat â est ce qui donne le beurrĂ© du plat et garde le grain moelleux pendant tout un repas de fĂȘte. Une version allĂ©gĂ©e ferait un riz correct et sans intĂ©rĂȘt.
Verser le riz long grain dans le liquide bouillant. MĂ©langer bien UNE fois en raclant le fond pour dĂ©coller le coco, afin de rĂ©partir riz et pois. Cuire Ă feu moyen-vif Ă DĂCOUVERT jusqu'Ă ce que le liquide descende au niveau du riz et que de petits cratĂšres apparaissent en surface (8-10 minutes). Ne plus remuer aprĂšs ce point.
Le pourquoiLa premiÚre phase se fait à découvert, jusqu'à ce que le liquide disparaisse en surface. C'est là que le riz absorbe le coco et que le fond commence à se former.
Quand le liquide a quasi disparu en surface, soulever délicatement le riz du fond vers le haut UNE seule fois (« voltear el moro ») avec une cuillÚre en bois, ajouter le filet d'huile restant. Réduire le feu au minimum, couvrir hermétiquement (couvercle lourd ou papier alu + couvercle). Cuire 15 minutes sans soulever le couvercle.
Le pourquoiLe « voltear » est le geste dominicain : on soulÚve délicatement le riz du fond vers la surface, une fois, pour répartir la cuisson avant de fermer. Ensuite, plus rien ne bouge.
AprĂšs 15 minutes couvert, goĂ»ter un grain : il doit ĂȘtre tendre. Si encore ferme, recouvrir et poursuivre 5 minutes. Pour le concĂłn, monter le feu Ă vif 2 minutes (un lĂ©ger crĂ©pitement se fait entendre au fond). Couper le feu, laisser reposer 5 minutes couvercle fermĂ©. DĂ©cocher le riz Ă la fourchette, dĂ©coller le concĂłn du fond et le servir sur le dessus.
Le pourquoiLe concĂłn est le but, pas un ratĂ©. Quelques minutes Ă feu vif en toute fin font caramĂ©liser la couche au contact du mĂ©tal â et le lait de coco, riche en sucres, le donne particuliĂšrement bien.
Dresser le moro dans un grand plat creux, parsemer de cilantro frais. Servir en accompagnement d'un Pescado con Coco (l'accord roi de Samanå), d'un Pollo Guisado ou d'une viande braisée, avec quelques tranches d'avocat. Au réveillon de Noël, il accompagne traditionnellement le cerdo asado (porc rÎti) et le pastel en hoja.
Le pourquoiLe moro est un accompagnement, pas un plat unique : il escorte le porc rÎti, le poulet, le poisson. Au réveillon, il est sur la table à cÎté de tout le reste.
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â Cette recette n'a jamais Ă©tĂ© testĂ©e par la communautĂ©. Soyez le premier Ă fermer la couronne.
Le mĂȘme riz aux pois d'Angole et au lait de coco, d'un bout Ă l'autre des Antilles. La Barbade l'appelle rice and peas et le sert le dimanche ; la RĂ©publique dominicaine dit moro de guandules et le rĂ©serve au rĂ©veillon. Une seule diffĂ©rence de fond : le sofrito hispanophone.
Voir la recette âCousineLe vocabulaire dominicain du riz, en deux plats. On dit MORO quand le riz et la lĂ©gumineuse cuisent ensemble dans la mĂȘme marmite ; LOCRIO quand le riz cuit avec une viande dans un bouillon caramĂ©lisĂ©. Ce ne sont pas des synonymes, et les confondre est l'erreur qu'un Dominicain relĂšve tout de suite. Les deux se font au caldero, les deux visent le concĂłn.
Voir la recette âCousineSamanĂĄ dans deux assiettes. Sur cette presqu'Ăźle du nord-est, le coco n'est pas un ingrĂ©dient de dessert mais une base salĂ©e : il tient la sauce du poisson comme il tient le riz aux guandules. Les deux se servent d'ailleurs ensemble.
Voir la recette âCousineLe rĂ©veillon dominicain en deux plats. Les pasteles en hoja se font en atelier familial tout dĂ©cembre ; le moro de guandules au coco est le riz qui les accompagne le 24. Ni l'un ni l'autre ne manque Ă table.
Voir la recette âSourcer ou se taire
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