vers 300 av. J.-C.
Peuplement taïno et agriculture vivrière
Les ancêtres des Taïnos, issus des migrations arawaks depuis le bassin de l'Orénoque, s'installent progressivement dans l'archipel caribéen et sur l'île appelée Boriquén. Ils développent une agriculture fondée sur le manioc, le maïs, la patate douce, les piments et le maïs, ainsi que des techniques de cuisson comme le barbacoa (ancêtre du barbecue). Ces pratiques alimentaires constituent le socle précolombien de la cuisine porto-ricaine.
1493
Christophe Colomb et le contact européen
Lors de son second voyage, Christophe Colomb aborde Boriquén en novembre 1493, marquant le début de la colonisation espagnole. Les Espagnols introduisent rapidement le porc, le bœuf, la canne à sucre, le blé et les agrumes, tandis que les Taïnos leur transmettent la connaissance du manioc, du maïs et des piments. Ce choc alimentaire entre Ancien et Nouveau Monde constitue le premier grand moment de métissage gastronomique de l'île.
vers 1520
Arrivée des esclaves africains et nouvelles saveurs
L'effondrement démographique des Taïnos pousse les colonisateurs espagnols à importer massivement des esclaves africains pour travailler dans les plantations de canne à sucre. Ces populations originaires d'Afrique de l'Ouest et centrale apportent avec elles le plantain, les pois d'Angole (gandules), le gombo, l'okra et diverses techniques de cuisson. Leur empreinte culinaire est considérable et durablement intégrée à l'identité gastronomique porto-ricaine.
1898
Cession à États-Unis et influences nord-américaines
À l'issue de la guerre hispano-américaine, Porto Rico est cédé aux États-Unis par le traité de Paris, entraînant une profonde transformation économique et culturelle. L'industrialisation alimentaire, les conserves, le pain de mie et les fast-foods font leur apparition progressivement, notamment après la Seconde Guerre mondiale. La cuisine traditionnelle s'adapte sans disparaître, générant une tension créatrice entre comida criolla authentique et modernité nord-américaine.
années 1950-1970
Diaspora boricua et diffusion de la cuisine
Les grandes vagues de migration porto-ricaine vers New York et d'autres villes américaines dans le cadre de l'Opération Bootstrap exportent la cuisine boricua sur le continent. Les restaurants et fondas porto-ricains du quartier El Barrio (East Harlem) popularisent le pernil, l'arroz con gandules et les alcapurrias auprès d'un public plus large. Cette diaspora contribue à la fois à la préservation et à l'évolution de la gastronomie nationale, la cuisine devenant un vecteur majeur d'identité culturelle.