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Atlas Culinaire · Colombie · CÎte caraïbe
La cassolette de Cartagena â cinq fruits de mer au lait de coco, terre cuite brĂ»lante, hĂ©ritage afro-caribĂ©en
La **cazuela de mariscos cartagenera** est le plat de mer emblĂ©matique de **Cartagena de Indias**, la ville fortifiĂ©e du Caribe colombien inscrite au patrimoine mondial de l'UNESCO. C'est une cassolette de fruits de mer â crevettes, calamars, poulpe, palourdes et poisson blanc ferme â mijotĂ©s dans une sauce crĂ©meuse au lait de coco, teintĂ© du sofrito costeño au hogao, de l'ajĂ dulce (piment doux hĂ©ritage Wayuu) et de l'achiote (annatto, colorant-Ă©pice afro-indigĂšne). Elle se sert dans sa cazuela en terre cuite brĂ»lante, avec arroz con coco et patacones, au bord de la mer au coucher du soleil.
Lait de coco pur ou mélange crÚme-coco ? La bataille identitaire est vive.
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elles vont rougir et libérer un parfum marin intense. Versez 600 ml d'eau froide, portez à ébullition, réduisez à frémissement 15 minutes. Filtrez à travers une passoire fine. Ce fumet remplace tout cube bouillon.
Le pourquoiLes carapaces de crevettes contiennent de la chitine et des crustacyanines qui libĂšrent leur saveur umami en contact avec l'huile chaude avant d'ĂȘtre mouillĂ©es â technique de concentration similaire Ă celle du fond de veau français. Ce fumet express donne une profondeur de saveur marine que l'eau simple ne peut pas atteindre. [SofĂa Ospina de Navarro, La Buena Mesa, BogotĂĄ, 1934 â canon cuisine colombienne]
jamais de cabillaud mou) en cubes de 3 cm. Chaque fruit de mer a un temps de cuisson différent : c'est l'ordre d'ajout qui garantit la texture.
Le pourquoiLe dégorgeage des palourdes en eau salée reproduit le milieu marin et les incite à pomper l'eau, expulsant le sable de leurs siphons. Sans ce dégorgeage, un seul grain de sable dans la cazuela suffit à ruiner l'expérience. [Sabores y Saberes de Cartagena, Universidad de Cartagena, 2018]
Dans une grande casserole ou un faitout, faites chauffer 3 cuillerées d'huile à feu moyen. Ajoutez le hogao de base : 3 tomates Roma épépinées en dés fins, 4 tiges de cebolla larga émincées, 4 gousses d'ail écrasées, 4 ajà dulce (piments doux colombiens, ou 1 poivron rouge) finement émincés. Laissez compoter 12 à 15 minutes à feu doux jusqu'à que le sofrito soit doré et fondant. Ajoutez 1 cuillerée d'achiote en poudre (ou 1 cuillerée de pasta de achiote pour la couleur orange profonde). Le sofrito prend une teinte rouge-orangée profonde et parfumée.
Le pourquoiLe hogao-sofrito est la base aromatique de toute la cuisine costeña. L'achiote (Bixa orellana, annatto) est l'Ă©pice-colorant emblĂ©matique des cuisines afro-indigĂšnes d'AmĂ©rique du Sud â il teinte la graisse en orange profond par ses pigments carotĂ©noĂŻdes (bixine) et dĂ©veloppe un goĂ»t lĂ©gĂšrement terreux-poivrĂ© unique. [El RincĂłn Colombiano Magazine â Cazuela de Mariscos, histoire et technique costeña]
jamais Ă Ă©bullition. Laissez rĂ©duire 5 minutes pour concentrer. Ajoutez maintenant le poisson en cubes, les morceaux de poulpe prĂ©cuit. Maintenez le frĂ©missement 4 minutes. Puis ajoutez les anneaux de calamar et les palourdes. Encore 2 minutes. Enfin, ajoutez les crevettes dĂ©cortiquĂ©es. 2 minutes et pas plus â elles sont prĂȘtes quand elles sont roses et courbĂ©es en C.
Le pourquoiL'ordre d'ajout des fruits de mer respecte leurs temps de cuisson inverses : le poulpe (plus dur) en premier, les crevettes (les plus fragiles) en dernier. Une crevette trop cuite (courbĂ©e en spirale, rose-blanc) devient caoutchouteuse â au-delĂ de 3 minutes dans la sauce chaude, la myosine des protĂ©ines musculaires se contracte irrĂ©mĂ©diablement. La rĂšgle d'or : ajouter en sĂ©rie, pas simultanĂ©ment. [Serious Eats, J. Kenji LĂłpez-Alt â The Food Lab: Food Science and Seafood Cooking]
laissez la chaleur rĂ©siduelle diffuser le parfum du cilantro. Rectifiez le sel et ajoutez quelques gouttes de citron vert. La sauce doit ĂȘtre orange-crĂšme, lĂ©gĂšrement nappante, avec les fruits de mer visibles.
Le pourquoiLe suero costeño ajouté hors du feu apporte l'acidité légÚre caractéristique de la cazuela cartagenera sans faire cailler la sauce (la chaleur résiduelle est trop faible pour coaguler les protéines laitiÚres). Le cilantro ajouté à la toute fin conserve ses huiles essentielles volatiles qui disparaissent à la cuisson. [Sabores y Saberes de Cartagena, Universidad de Cartagena, 2018]
la terre cuite garde la chaleur bien plus longtemps qu'une assiette classique et la cazuela arrive à table en frémissant légÚrement, ce qui fait partie de l'expérience sensorielle costeña. Décorez d'une crevette entiÚre avec carapace posée sur le dessus, quelques rondelles de calamar visibles, une feuille de cilantro et une tranche de citron vert.
Le pourquoiLa cazuela de terre cuite (barro) est le rĂ©cipient traditionnel depuis la poterie prĂ©colombienne â elle diffuse la chaleur uniformĂ©ment et la retient grĂące Ă sa porositĂ©. Le frĂ©missement visible Ă table est un signal sensoriel qui indique la fraĂźcheur et la chaleur du plat â les cuisiniĂšres de Cartagena le recherchent dĂ©libĂ©rĂ©ment. [Cartagena Explorer â 10 Local Dishes to Try in Cartagena, restaurants iconiques]
les costeños appellent ce moment le *coco seco*. Ajoutez alors 1 tasse de riz blanc long (200 g), 2 cuillerées de panela rùpée (sucre de canne non raffiné), une pincée de sel, et 300 ml d'eau. Portez à ébullition, couvrez hermétiquement, réduisez à feu trÚs doux, 18 minutes.
Le pourquoiLe *coco seco* (la réduction du lait de coco jusqu''à séparation de l''huile) est la technique signature de l''arroz con coco costeño : l''huile de coco libérée sert à toaster légÚrement le riz avant l''ajout d''eau, créant un arÎme noisette-coco profond et des grains qui restent bien séparés. [Patricia McCausland-Gallo, Secrets of Colombian Cooking, Hippocrene Books, 2004]
ils doivent ĂȘtre juste tendres et lĂ©gĂšrement blonds. Retirez, Ă©crasez chaque tronçon entre deux planches Ă dĂ©couper ou avec le fond d'un verre jusqu'Ă 5 mm d'Ă©paisseur. Replongez dans l'huile Ă 180°C 3 Ă 4 minutes jusqu'Ă dorure croustillante. Salez immĂ©diatement.
Le pourquoiLa double friture du patacĂłn reproduit le mĂȘme principe que le chicharrĂłn : la premiĂšre friture gĂ©lifie l'amidon, l'Ă©crasement crĂ©e une large surface de contact, la deuxiĂšme friture croustille cette surface. Le plantain vert est utilisĂ© (et non mĂ»r) pour sa richesse en amidon non transformĂ© qui croustit Ă la friture â le plantain mĂ»r caramĂ©lise mais ne croque pas. [SofĂa Ospina de Navarro, La Buena Mesa, 1934 â rĂ©fĂ©rences patacones costeños]
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