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Atlas Culinaire · Pérou · Amériques
Le « ceviche » qui ne trompe personne à Huacho : un canard mijoté brûlant, confit dans son propre jus et l'orange amÚre du Norte chico.
Cliquez un ingrédient pour le cocher pendant vos courses.
DĂ©taillez le canard en 6 Ă 8 morceaux, retirez l'excĂšs de gras visible puis salez, poivrez et cuminez gĂ©nĂ©reusement chaque piĂšce. On travaille une volaille naturellement ferme : bien l'assaisonner Ă cru fait pĂ©nĂ©trer le goĂ»t jusqu'au cĆur de la chair. La peau doit rester en place, c'est elle qui livrera la graisse de cuisson. Visez des morceaux rĂ©guliers pour une cuisson homogĂšne ; si votre canard est ĂągĂ©, prĂ©voyez de rallonger la macĂ©ration.
MĂ©langez le jus de naranja agria, le jus de citron vert, l'ail et le cumin, versez sur le canard et massez. Laissez macĂ©rer au frais au moins 2 heures, idĂ©alement une nuit avec la pointe de pisco. L'acide de l'orange amĂšre â plus rond et moins mordant que le citron seul â parfume et dĂ©tend la chair. Le liquide doit affleurer les morceaux ; retournez-les Ă mi-parcours. Trop pressĂ© ? Deux heures suffisent, mais la nuit entiĂšre transforme vraiment la texture.
Ăgouttez le canard en rĂ©servant prĂ©cieusement toute la marinade. Dans une marmite en fonte (ou une olla de barro), faites dorer les morceaux Ă feu vif dans un filet d'huile â ou dans leur seule graisse. On cherche une belle croĂ»te dorĂ©e : c'est la rĂ©action de Maillard qui construit le fond de goĂ»t. Travaillez en deux fois pour ne pas surcharger la marmite. RĂ©servez les piĂšces dorĂ©es ; le fond colorĂ© au fond de la marmite est de l'or, ne le jetez pas.
Dans la mĂȘme marmite et sa graisse, faites suer l'ail restant puis les pĂątes d'ajĂ amarillo et d'ajĂ mirasol Ă feu moyen. Laissez « cuire » la pĂąte 3 Ă 4 minutes en remuant : elle fonce, perd son ĂącretĂ© crue et embaume. C'est le socle de couleur et de saveur du plat. Si ça accroche, dĂ©glacez avec une louche de marinade rĂ©servĂ©e plutĂŽt qu'avec de l'eau.
Remettez les morceaux de canard dans la marmite, versez TOUTE la marinade réservée, couvrez et laissez mijoter doucement 30 à 40 minutes. Surtout, n'ajoutez pas d'eau : le canard rend son propre jus et sa graisse, qui forment la sauce. Le liquide doit frémir, pas bouillir à gros bouillons. Retournez les piÚces à mi-cuisson. Si le fond réduit trop vite, baissez le feu et resserrez le couvercle plutÎt que d'ajouter du liquide.
Répartissez l'oignon rouge en pluma et le reste de l'ajà arnaucho sur le canard, couvrez et poursuivez 12 à 15 minutes. On veut un oignon fondu mais encore présent, pas dissous. Il apporte le sucre qui équilibre l'acidité de l'orange amÚre. Goûtez et rectifiez le sel. Si l'oignon rend trop d'eau, laissez à découvert les derniÚres minutes pour resserrer.
Pendant le braisage, faites cuire la yuca Ă l'eau salĂ©e jusqu'Ă ce qu'elle soit tendre Ă la fourchette (20-25 min), prĂ©parez le riz blanc et, si vous en avez, poĂȘlez la salchicha huachana. Ces fĂ©culents Ă©pongent la sauce acidulĂ©e du canard : c'est lĂ tout le confort du plat. La yuca ne doit pas se dĂ©liter en purĂ©e. Trop cuite, elle devient filandreuse : sortez-la dĂšs qu'une lame la traverse sans rĂ©sistance.
Coupez le feu et laissez reposer 5 minutes Ă couvert : la sauce se stabilise et la chair se dĂ©tend. Dressez le canard nappĂ© de sa sauce sur un lit de laitue, avec la yuca, le riz, quelques rondelles de rocoto et des olives. Ce « ceviche » se sert chaud, presque brĂ»lant â c'est lĂ toute sa singularitĂ© face au ceviche marin. Arrosez d'un dernier filet de sauce ; si elle a trop rĂ©duit, dĂ©tendez-la avec une cuillĂšre de marinade, jamais avec de l'eau.
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Sourcer ou se taire
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