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Atlas Culinaire · Algérie · Afrique
Galettes de semoule maison émiettées à la main, noyées sous une sauce mrak rouge à l'agneau, aux pois chiches et aux légumes — la signature des mariages berbères de l'Aurès et du Mouloud à Biskra
Le débat Chakhchoukha de Biskra vs Chakhchoukha constantinoise vs Mfermsa de Sétif est CENTRAL en Algérie : trois familles distinctes du même plat-mère berbère. La version Biskria (Aurès, Hauts-Plateaux) est la canonique — galettes Rougag très fines (semoule fine + eau, étirées paper-thin sur tajine en fonte), émiettées À LA MAIN avant service (signature visuelle, et sens même du nom : du berbère 'chakhchakh' = émietter, selon Djouza et lesjoyauxdesherazade). La version constantinoise (Trida ou Trid de tajine) coupe les feuilles en petits carrés réguliers au couteau au lieu de les émietter — le résultat est plus régulier, plus doux, et la sauce généralement moins relevée. La version sétifienne Mfermsa intègre fermess (abricots secs) dans la sauce pour un sucré-salé qui éloigne du canon Biskria. Frontière avec Berber Mfwat et Charchoura kabyle : les pâtes peuvent s'appeler Rougag, Trid, Dali ou Mfwat selon la région, mais Biskra impose le Rougag fin (vs Dali plus épais). Quatrième controverse : pas d'ail à Biskra (Djouza, Sherazade) vs ail dans la version moderne urbaine. Cinquième débat : la sauce DOIT être rouge tomate (concentré + tomate fraîche + paprika), tranchant avec la sauce blanche du couscous algérois. Sixième : ne JAMAIS confondre avec la chakchouka méditerranéenne (œufs-poivrons-tomates) — homonymes mais plats radicalement différents.
Lben (lait fermenté algérien) — l'accord canonique selon topdestinationsalgerie et amourdecuisine, qui équilibre la richesse épicée de la sauce mrak. Variante : eau parfumée à la fleur d'oranger pour les mariages. Thé à la menthe en fin de repas. Pas de vin (région musulmane sunnite stricte, Aurès berbère).
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Verser la semoule fine dans une grande terrine. Ajouter le sel. Verser progressivement l'eau tiède en travaillant la pâte avec la paume de la main. Pétrir LONGTEMPS — au moins 15-20 minutes — jusqu'à obtenir une pâte très souple, élastique, qui se tient sans coller. Selon Djouza et amourdecuisine la consistance doit être 'comme du chewing-gum'. Couvrir d'un linge humide et laisser reposer 30 minutes minimum à 1 heure pour détendre le gluten.
Diviser la pâte en boules de la taille d'un œuf (environ 50-60 g chacune, 12-15 boules au total). Huiler généreusement les mains et le plan de travail. Aplatir chaque boule en disque très fin — paper-thin — d'environ 25-30 cm de diamètre. La pâte doit être presque transparente. Ne pas s'inquiéter des trous : ils se referment à la cuisson.
Faire chauffer un tajine en fonte ou une tawa (poêle plate en fonte) à feu moyen-vif. Ne pas huiler. Déposer une galette étirée, cuire 30 à 45 SECONDES par face — pas plus. Le Rougag doit rester BLANC ET SOUPLE, jamais doré ni croustillant (Sherazade insiste). Empiler les galettes cuites sous un torchon humide pour qu'elles ne sèchent pas. Continuer jusqu'à épuisement de la pâte.
oignons et viande — Dans une grande marmite ou cocotte épaisse, faire chauffer l'huile d'olive et le smen (si utilisé). Ajouter les oignons hachés très fins, les faire suer 5 minutes à feu moyen sans colorer. Ajouter les morceaux d'agneau, saler, poivrer. Faire revenir 5-7 minutes en remuant pour saisir la viande de tous côtés.
Ajouter le concentré de tomate, le paprika, le ras el hanout, le cumin et la cannelle. Bien remuer pour enrober la viande des épices et faire torréfier 1 minute (ATTENTION à ne pas brûler le paprika). Ajouter la tomate fraîche concassée et les pois chiches égouttés. Couvrir d'eau bouillante (1,5 l). Ajouter le piment vert entier. Porter à ébullition.
Baisser le feu, couvrir, et laisser mijoter 45-50 minutes à feu doux. La viande doit devenir tendre, les pois chiches cuits mais encore fermes. Goûter et rectifier l'assaisonnement. La sauce doit être ROUGE PROFOND, généreusement liquide — c'est elle qui imbibe les Rougag émiettés au service.
Ajouter les pommes de terre en gros cubes, les carottes en tronçons (si utilisées), et 5 minutes plus tard les courgettes. Cuire encore 20 minutes jusqu'à ce que tous les légumes soient tendres mais entiers. Retirer le piment vert. Goûter et rectifier sel.
Pendant que la sauce finit de mijoter, prendre les galettes Rougag empilées et les émietter À LA MAIN en petits morceaux irréguliers de 1-2 cm. C'est l'étape 'chakhchakh' — le sens même du nom du plat. JAMAIS au couteau (c'est constantinois, pas Biskria). Mettre les morceaux émiettés dans le panier supérieur du couscoussier.
Placer le couscoussier sur la marmite contenant la sauce qui mijote (la vapeur monte et imprègne). Cuire les Rougag émiettés à la vapeur pendant 5 à 7 minutes — juste pour les réchauffer et les ramollir, pas pour les sécher. Verser dans un grand plat (gas3a) chaud.
Disposer les Rougag émiettés et vaporés au fond du grand plat de service (gas3a algérien). Disposer la viande d'agneau au centre, entourée des légumes (pommes de terre, courgettes, carottes) et des pois chiches. Arroser GÉNÉREUSEMENT de sauce mrak rouge — les Rougag doivent être bien imbibés mais pas noyés. Parsemer de coriandre fraîche hachée. Pour les mariages Aurès : décorer d'œufs durs en quartiers, pommes de terre dorées au smen, raisins secs.
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