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Atlas Culinaire · États-Unis · Amériques
Le gratin d'opéra : spaghetti, volaille et champignons noyés dans une sauce blanche au xérès et au parmesan, dorée au four — hommage américain à une diva florentine.
La paternité du Chicken Tetrazzini reste disputée, mais un fil ne se rompt jamais : le plat honore la cantatrice italienne Luisa Tetrazzini (Florence 1871 – Milan 1940), coloratura surnommée « le Rossignol florentin », au sommet de sa gloire américaine entre 1905 et la Première Guerre mondiale. Le lieu de naissance, lui, oppose deux villes. La thèse de San Francisco attribue la création au chef Ernest Arbogast du Palace Hotel, inspiré par les débuts américains de Tetrazzini au Tivoli (Gilda dans Rigoletto, janvier 1905) ; c'est la version retenue par l'historienne Erica J. Peters dans « San Francisco: A Food Biography ». La thèse new-yorkaise s'appuie sur un article de Good Housekeeping de 1908 décrivant le plat dans un restaurant de la 42e rue (souvent identifié au Knickerbocker Hotel, dont le chef Pavani disait l'avoir conçu « pour plaire au palais de la fameuse soprano »). Le point tranché : aucun journal présent à San Francisco en 1905 ne mentionne le plat, et Tetrazzini elle-même ne le cite jamais dans son autobiographie « My Life of Song » (1921) ; la première recette imprimée connue est new-yorkaise (Good Housekeeping 1908), avant que le Chicago Tribune n'en publie une en 1911. L'attribution à Escoffier est écartée faute de trace dans ses propres ouvrages. (réf. https://en.wikipedia.org/wiki/Tetrazzini et https://www.salon.com/2022/02/05/the-italian-american-casserole-how-tetrazzini-became-the-ideal-mix-and-match-comfort-meal/)
Un blanc sec et vif qui répond au xérès de la sauce : un Chardonnay de Californie non boisé, ou un fino/manzanilla servi frais en clin d'œil à la pointe de sherry. Pour rester dans le registre italo-américain de la diva, un Soave ou un Vermentino conviennent aussi.
8.0
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Porter une grande casserole d'eau bien salée à ébullition. Cuire les spaghetti 1 à 2 minutes de moins que l'indication du paquet, égoutter et réserver — ils finiront de cuire au four en absorbant la sauce.
Faire poêler les champignons émincés dans un peu de beurre à feu vif, sans les tasser, jusqu'à ce que toute leur eau se soit évaporée et qu'ils colorent légèrement. Saler en fin de cuisson. Réserver.
Dans une grande sauteuse, fondre 60 g de beurre, y suer l'échalote ciselée, puis verser la farine. Cuire le roux 2 minutes en remuant sans le laisser colorer.
Verser le bouillon de volaille chaud en plusieurs fois, en fouettant énergiquement pour éviter les grumeaux. Laisser épaissir 3 à 4 minutes à frémissement.
Hors du feu, incorporer la crème, le parmesan râpé et le xérès sec. Rectifier sel et poivre. Ne plus faire bouillir pour ne pas grainer la sauce.
Dans un grand saladier, mélanger les spaghetti, le poulet effiloché, les champignons et la sauce crémeuse. Le mélange doit paraître légèrement liquide — les pâtes l'absorberont au four.
Verser dans un plat beurré, parsemer du mélange chapelure-parmesan et de quelques noisettes de beurre. Enfourner à 180 °C jusqu'à ce que la surface bouillonne et dore.
Sortir le gratin et le laisser reposer 15 minutes : la sauce reprend du corps et les parts se tiennent mieux à la découpe.
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