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Atlas Culinaire · Congo (RD) · Kongo Central & Bas-Congo
Le bùton de manioc fermenté du Bas-Congo, ferme et acidulé, conservé par tradition dans ses feuilles de marantacées
La chikwangue cristallise un dĂ©bat de vocabulaire et de technique tranchĂ© par Wikipedia (article EN 'Chikwangue') et le magazine afrik.com : le terme 'chikwangue' dĂ©signe strictement la version en bĂątons rectangulaires de ~500 g, Ă distinguer du mintumba (enrichi Ă l'huile de palme et au sel), du bobolo camerounais (ficelĂ© en long tube) et du miondo (plus fin). Ă Kinshasa et au Bas-Congo, la chikwangue est nature, sans huile ni sel ajoutĂ©s, et la feuille d'emballage canonique est la marantacĂ©e (Megaphrynium macrostachyum) â pas la feuille de bananier qui est un substitut diaspora courant mais qui altĂšre le parfum. DeuxiĂšme controverse, sĂ©curitĂ© alimentaire : la fermentation Ă l'eau pendant 3 Ă 14 jours n'est pas un choix culinaire mais une Ă©tape de dĂ©toxification obligatoire selon la FAO et Wikipedia â le manioc amer contient des composĂ©s cyanogĂ©niques (linamarine) qui sont dĂ©gradĂ©s par le trempage et la fermentation. Sauter cette Ă©tape ou raccourcir Ă moins de 72 h expose Ă une intoxication. La rĂšgle terrain Bas-Congo : 'odeur aigre-douce dĂ©gagĂ©e' = fermentation aboutie (terme lingala : kobeba).
Boisson : Primus pression bien fraßche, ou Tangawisi (gingembre). La chikwangue accompagne mafe, mwambe, poisson grillé (makayabu), pondu : elle ne se mange jamais seule. Au Bas-Congo, elle se sert souvent en accompagnement du poisson fumé d'eau douce.
Plat-pilier du Bas-Congo et du Kongo Central (note 9/10), présent dans 80%+ des foyers ruraux selon les ethnographes. à Kinshasa, vendue couramment sur les marchés de Selembao, Kintambo et Bandalungwa sous forme de bùtons préemballés (~500g/1000-1500 FCFA selon Wikipedia FR cuisine RDC). Dans la diaspora congolaise, on la trouve sous-vide en épiceries spécialisées (afro-exotique.com, fr).
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Ăplucher soigneusement les racines de manioc en retirant la peau brune et la fine pellicule rosĂ©e juste en dessous (qui contient le plus de composĂ©s cyanogĂ©niques). DĂ©couper en tronçons de 5 cm et les rincer abondamment Ă l'eau claire. Manipuler avec des gants si possible â le latex du manioc cru est irritant.
Placer les tronçons dans une grande bassine et recouvrir totalement d'eau filtrée. Couvrir d'un linge propre (jamais hermétique : la fermentation produit du gaz) et laisser à température ambiante (24-28°C idéal) pendant 3 à 5 jours. à 72 h, la chair commence à se ramollir et dégage une odeur aigre-douce caractéristique appelée 'kobeba' en lingala.
Ăgoutter les tronçons fermentĂ©s et les rincer rapidement Ă l'eau froide. Les Ă©craser au pilon ou au mortier (traditionnel) ou les passer au robot puissant pour obtenir une pĂąte Ă©paisse, lisse et Ă©lastique. La pĂąte doit pouvoir former une boule qui se tient sans s'effondrer â si trop liquide, l'Ă©goutter dans un linge.
Diviser la pùte en portions de 250 à 500 g selon la taille des bùtons souhaitée. Façonner chaque portion en bùton rectangulaire d'environ 15-20 cm de long sur 5-6 cm d'épaisseur, aux extrémités carrées. La forme rectangulaire distingue la chikwangue du bobolo camerounais (long tube) et du miondo (fin).
Ătaler 2 feuilles de marantacĂ©es superposĂ©es (ou de bananier assouplies Ă la vapeur 30 secondes pour les rendre maniables). DĂ©poser un bĂąton de pĂąte au centre, replier d'abord les cĂŽtĂ©s longs puis les extrĂ©mitĂ©s pour former un paquet hermĂ©tique. Ficeler solidement avec du raphia ou de la ficelle de cuisine en faisant 3 tours sur la longueur et 2 sur la largeur.
Disposer les bĂątons emballĂ©s dans le panier vapeur d'une grande marmite, ou directement sur un lit de feuilles dans 3 cm d'eau bouillante. Couvrir hermĂ©tiquement et cuire Ă feu moyen-doux pendant 90 Ă 120 minutes selon la taille des bĂątons. Surveiller le niveau d'eau et complĂ©ter si besoin â la marmite ne doit jamais ĂȘtre Ă sec.
Sortir les bĂątons et les laisser refroidir dans leurs feuilles pendant au moins 30 minutes â la pĂąte continue de se compacter et de prendre sa texture finale ferme et Ă©lastique. La chikwangue se mange tiĂšde ou Ă tempĂ©rature ambiante. ConservĂ©e dans ses feuilles, elle se garde 5 jours Ă tempĂ©rature ambiante au Bas-Congo.
Au moment de servir, déballer délicatement la feuille de marantacée et trancher la chikwangue en rondelles de 2 cm avec un couteau bien aiguisé. Servir tiÚde en accompagnement de poisson fumé (makayabu), de pondu, de mwambe ou d'une sauce aux arachides. Au Bas-Congo, on la mange souvent simplement avec du sel et un piment frais émincé.
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