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Atlas Culinaire · Guatemala · Amériques
Piments doux rôtis et pelés, farcis d'un mélange de viande hachée et de légumes (carotte, haricot vert, pomme de terre) liés au recado de tomate, enrobés d'une mousse d'œufs battus en neige et frits, servis nappés de sauce tomate — un classique du Carême et des déjeuners de fête.
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Posez les piments directement sur la flamme ou sur un comal et tournez-les jusqu'à ce que la peau cloque et noircisse de tous côtés, puis enfermez-les dans un sac plastique ou un bol couvert pour les faire suer une dizaine de minutes avant de retirer délicatement la peau. Ce rôtissage carbonise la fine pellicule extérieure du piment, et la sueur en sac la décolle de la chair par condensation — sans cette étape, la peau resterait coriace et amère. Travaillez doucement pour ne pas déchirer le piment, qui doit rester entier pour être farci. Vous verrez la peau se détacher en lambeaux et sentirez l'odeur grillée typique. La cible, c'est un piment pelé, souple, intact, à la chair fumée. S'il se troue, gardez-le pour une version émincée plutôt que de le jeter. Pratiquez une petite ouverture pour ôter veines et graines.
Faites cuire la viande dans un peu d'eau avec sel, oignon, ail et tomate jusqu'à tendreté, laissez refroidir et hachez-la finement ; cuisez à part les pommes de terre, carottes, haricots verts et petits pois taillés en tout petits dés jusqu'à ce qu'ils soient juste tendres. On cuit viande et légumes séparément parce qu'ils n'ont pas le même temps de cuisson et qu'on veut des dés nets, identifiables dans la farce, pas une bouillie. La taille fine est essentielle : une garniture en gros morceaux empêcherait de farcir et refermer le piment. La cible, ce sont des légumes al dente et une viande hachée parfumée. Si les légumes sont trop cuits, ils détremperont la farce. Égouttez tout soigneusement avant l'assemblage.
Mixez les tomates avec l'ail, faites revenir cette purée à la poêle avec le laurier, le thym, l'origan, le sel et le poivre jusqu'à ce qu'elle épaississe, puis incorporez la viande hachée et les légumes égouttés et mélangez quelques minutes. Ce recado frit lie tous les éléments de la farce et leur donne le goût guatémaltèque caractéristique, à mi-chemin entre la sauce et la liaison. La friture de la tomate retire son acidité crue et concentre la saveur. Vous verrez la farce devenir homogène et brillante, et son parfum s'arrondir. La cible, c'est une farce moelleuse mais pas humide, qui se tient quand on la presse en boule. Si elle est trop sèche, une louche de bouillon ; trop liquide, prolongez la cuisson. Laissez refroidir avant de farcir : une farce chaude ramollirait le capeado.
Remplissez délicatement chaque piment par son ouverture avec la farce refroidie, sans excès pour qu'il puisse se refermer, puis roulez-le dans la farine pour l'enrober légèrement. On ne surcharge pas : un piment trop plein ne se referme pas et la farce s'échapperait à la friture. La fine pellicule de farine est le secret de tenue du capeado — elle donne une surface sèche à laquelle la mousse d'œuf va s'accrocher au lieu de glisser. Vous devez sentir le piment encore souple et fermé sous les doigts. La cible, c'est un piment farci, refermé, fariné, prêt à être capeado. Si l'ouverture bâille, maintenez-la fermée d'un cure-dent. Tapotez l'excès de farine, qui sinon brunirait dans l'huile.
Séparez les œufs, montez les blancs en neige ferme jusqu'à ce qu'ils forment des pics, puis incorporez délicatement les jaunes un à un sans casser la mousse, avec une pincée de sel. C'est le geste qui définit le chile relleno guatémaltèque : ce sont les blancs montés qui, en friture, vont gonfler en une croûte aérée, dorée et légère — des œufs simplement battus donneraient un enrobage plat et gras. Incorporez les jaunes en soulevant la masse, jamais en fouettant, pour garder l'air emprisonné. Vous reconnaîtrez la bonne neige à sa tenue : le bol retourné, elle ne tombe pas. La cible, c'est une mousse ferme et brillante, jaune pâle. Si elle retombe, c'est que les jaunes ont été ajoutés trop brutalement. Trempez chaque piment dedans juste avant de le frire.
Trempez chaque piment fariné dans la mousse d'œuf pour bien l'enrober, puis plongez-le dans l'huile chaude à feu modéré en l'arrosant d'huile sur le dessus à la cuillère, et faites-le dorer en le retournant avec précaution. L'arrosage au-dessus fait gonfler et cuire la mousse uniformément sans avoir à immerger complètement, et le feu modéré est impératif : trop chaud, l'œuf brunirait avant que l'intérieur soit chaud, trop doux, le capeado boirait l'huile. Vous verrez la croûte gonfler, blondir et se raffermir. La cible, c'est un chile relleno doré, enrobé d'une croûte aérée et sèche au toucher. Retournez-le doucement pour ne pas crever la mousse. S'il colore trop vite, baissez le feu. Égouttez sur papier absorbant.
Réchauffez la sauce tomate réservée, nappez-en les chiles rellenos ou présentez-la à part, et servez aussitôt avec du riz blanc, du pain français et des tortillas chaudes. La sauce tomate maison, simple et parfumée, est le complément traditionnel qui apporte fraîcheur et acidité face à la richesse du capeado frit. C'est ainsi qu'on les sert au déjeuner familial, et particulièrement pendant la Semana Santa et le Carême où ils règnent sur les tables chapinas. La cible, c'est un chile relleno doré, moelleux à cœur, baigné d'une sauce tomate vermeille. Servez sans attendre, tant que la croûte est croustillante — elle ramollit vite. Au Guatemala, beaucoup les glissent dans un pain français pour en faire un sandwich, autre façon de les déguster.
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Sourcer ou se taire
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