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Atlas Culinaire · Venezuela · Amériques
Du cacao criollo vénézuélien fondu dans du lait avec cannelle, girofle et papelón, battu au molinillo jusqu'à mousser : le chocolat du pays qui produit le meilleur cacao du monde
Cliquez un ingrédient pour le cocher pendant vos courses.
Réservez deux cents millilitres de lait à part. Mettez le reste du lait dans une casserole avec les bùtons de cannelle, les clous de girofle, la guayabita et la pincée de sel, et chauffez doucement quinze minutes sans faire bouillir. Le lait doit sentir franchement les épices avant que le cacao n'arrive : c'est sur cette base parfumée que tout se construit.
Rùpez ou hachez finement le cacao et mettez-le dans un bol. Versez dessus un peu du lait chaud infusé et travaillez au fouet jusqu'à obtenir une pùte parfaitement LISSE. C'est le geste décisif : un cacao jeté dans un grand volume de lait chaud fait immédiatement des grumeaux que rien ne dissout ensuite, et le chocolat reste granuleux jusqu'au bout.
Versez la pùte de cacao dans le lait infusé en fouettant, puis ajoutez le papelón rùpé. Retirez les épices entiÚres. Chauffez à feu doux dix minutes en remuant, sans jamais faire bouillir : le chocolat monte trÚs violemment et déborde en quelques secondes, et le cacao surchauffé devient amer.
Goûtez et rectifiez le papelón : le chocolat criollo vénézuélien se boit peu sucré, pour laisser parler le cacao. Si vous le voulez plus épais, laissez réduire cinq minutes de plus ; plus léger, allongez d'un peu du lait réservé. La densité est affaire de goût régional : les Andes le préfÚrent épais, la cÎte plus fluide.
Coupez le feu et ajoutez l'extrait de vanille en remuant. Hors du feu, la vanille garde tous ses arĂŽmes volatils au lieu de s'Ă©vaporer. C'est le mĂȘme principe que pour tous les desserts lactĂ©s de la dulcerĂa criolla : les Ă©pices en bĂąton infusent longuement, les extraits volatils arrivent en dernier.
Plongez le molinillo dans le chocolat et roulez-le vivement entre les paumes une bonne minute, jusqu'à ce qu'une mousse épaisse se forme en surface. à défaut, un fouet énergique ou un mixeur plongeant font l'affaire, mais le molinillo donne une mousse plus fine et plus durable. C'est un geste hérité des cultures cacaotiÚres mésoaméricaines et adopté dans tout le monde hispanique.
Servez immĂ©diatement dans des tasses Ă©paisses, avec un pan andino, une acemita ou une arepa de trigo â c'est le petit-dĂ©jeuner des Andes quand il fait dix degrĂ©s dans le pĂĄramo. Le chocolat se rĂ©chauffe correctement Ă feu trĂšs doux en le rebattant au molinillo, mais il ne se garde pas plus d'une journĂ©e au rĂ©frigĂ©rateur. Vous saurez que c'est fait quand la mousse tient Ă la surface et le chocolat fume. Le piĂšge Ă cette Ă©tape reste toujours le mĂȘme : le laisser attendre : la mousse retombe et une peau se forme.
Sachez ce que vous buvez : le criollo est considéré comme la variété de plus haute qualité et sert de base aux meilleurs chocolats du monde, mais il ne représente que trois tonnes sur seize mille de la production vénézuélienne. La plupart des chocolats chauds du pays se font au trinitario local, excellent lui aussi. Le cacao de Chuao, lui, porte la premiÚre dénomination d'origine jamais accordée au Venezuela, en novembre 2000.
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Sourcer ou se taire
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