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Atlas Culinaire · Pérou · Amériques
L'embutido fumé de Tarapoto, compagnon inséparable du tacacho de plåtano.
Cliquez un ingrédient pour le cocher pendant vos courses.
Sortez les boyaux naturels de leur sel et faites-les tremper 30 minutes dans de l'eau additionnée de sel et de jus de limón, comme le recommandent les recettes de charcuterie de la selva : « lavar las tripas por ambos lados, y dejar reposar en agua con sal y limón ». Rincez chaque longueur en faisant couler de l'eau à l'intérieur pour vérifier qu'il n'y a ni trou ni odeur. Réservez dans l'eau fraßche : un boyau souple et propre est la condition d'un embossage sans déchirure.
Passez l'épaule et le gras dorsal bien froids à la grille moyenne du hachoir, ou hachez au couteau pour une texture rustique à la tarapotina. Travaillez vite et gardez la matiÚre proche de 2-4 °C : c'est la rÚgle d'or de tout embutido. Le mélange doit rester grumeleux, avec des points de gras nettement visibles qui fondront à la cuisson.
Ăcrasez l'ail en pĂąte, mĂȘlez-le au palillo, Ă l'achiote, au cumin torrĂ©fiĂ©, au poivre, Ă l'ajĂ, Ă l'oignon et surtout au culantro de monte finement ciselĂ© : c'est cette herbe amazonienne qui Ă©loigne dĂ©finitivement le profil andin du chorizo huamanguino. Incorporez sel et jus de limĂłn, puis malaxez Ă pleines mains avec la viande hachĂ©e jusqu'Ă ce que la masse devienne collante et homogĂšne de couleur orangĂ©e.
Couvrez et laissez reposer la farce au réfrigérateur plusieurs heures, idéalement une nuit. Ce temps de mûrissement laisse le palillo, l'ail et le culantro imprégner la viande en profondeur, exactement comme le fumoir familial de Tarapoto travaille lentement ses cecinas. La couleur s'unifie et le parfum devient franc.
Enfilez le boyau sur l'entonnoir et poussez la farce sans laisser de poches d'air, puis formez des segments de 20 à 30 cm que vous nouez fermement aux deux extrémités, à la maniÚre décrite dans les recettes de la selva. Piquez délicatement les bulles à l'aiguille. Ne sur-remplissez pas : un boyau tendu à l'excÚs éclate au fumage comme à la cuisson.
Suspendez les chorizos au fumoir et fumez-les Ă froid 30 Ă 40 minutes au bois dur local (guayaba, algarrobo), ce voile fumĂ© Ă©tant prĂ©cisĂ©ment ce qui apparente le chorizo Ă sa jumelle la cecina et distingue la charcuterie de San MartĂn des autres chorizos du PĂ©rou. Ă dĂ©faut de fumoir, un fumage express en cocotte avec copeaux et grille suffit Ă poser l'arĂŽme.
Pochez les chorizos entiers 30 minutes dans une eau frĂ©missante â « cocinar el chorizo relleno por espacio de 30 minutos » â pour les cuire Ă cĆur en douceur. Ăgouttez, laissez tiĂ©dir, puis tranchez en rondelles de 3 cm que vous saisissez au saindoux jusqu'Ă ce qu'elles caramĂ©lisent et laissent perler leur graisse orangĂ©e.
Servez les rondelles brĂ»lantes sur un tacacho de plĂĄtano verde Ă©crasĂ© au saindoux, ou glissez-les dans un arroz chaufa charapa avec cecina et plĂĄtano. Une salade de cocona acide tranche la richesse du porc fumĂ©. C'est le petit-dĂ©jeuner-dĂ©jeuner emblĂ©matique de Tarapoto, oĂč cecina et chorizo regional partagent la mĂȘme assiette.
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