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Atlas Culinaire · Italie · Roma & Lazio
La cicoria di campo bouillie puis "ripassata" à la poêle, ail doré et peperoncino — l'accompagnement romain par excellence.
Pilier méconnu mais incontournable de la cucina povera laziale, la cicoria ripassata fait débat sur la matière première. L'Accademia Italiana della Cucina (delegazione Roma) tranche : la **cicoria di campo** sauvage (Cichorium intybus, cicoria selvatica récoltée dans les fossés et talus du Lazio en hiver-printemps) est la version authentique — amère, ferme, fibres prononcées. La Slow Food Lazio a documenté la **cicoria catalogna** (cultivée, plus douce) comme substitut acceptable hors saison sauvage, mais avec perte d'identité. Le mot "ripassata" est précis : la cicoria est d'abord BOUILLIE en eau salée jusqu'à tendreté (8-12 min selon âge), égouttée, pressée à la main pour extraire l'eau, puis "REPASSÉE" en deuxième cuisson dans une poêle à l'ail-EVOO- peperoncino. Cette double cuisson est non négociable — c'est elle qui réduit l'amertume et concentre les arômes. Premier non-négociable : l'ail doit être doré (jamais brûlé, jamais blanc) — il libère son sucre caramélisé qui équilibre l'amertume résiduelle. Deuxième : peperoncino sec entier (jamais en poudre). Trattoria Da Felice a Testaccio (référence laziale vivante) précise : un trait d'EVOO crue à la sortie, jamais de citron (l'acide réveille l'amertume).
Frascati Superiore DOCG ou Cesanese del Piglio ; non-alcoolisé : eau frizzante.
Cliquez un ingrédient pour le cocher pendant vos courses.
Couper la base dure de chaque pied de cicoria. Détacher feuille par feuille, retirer les feuilles externes flétries. Laver soigneusement à grande eau en plusieurs bains — la cicoria sauvage retient beaucoup de terre dans les fibres. Ne pas laisser tremper longtemps (lessive les nutriments). Égoutter dans une essoreuse ou sur torchon propre.
Porter à grande ébullition une grande casserole d'eau (3 litres pour 1 kg de cicoria) avec 45 g de gros sel (généreux — l'osmose adoucit l'amertume). Plonger toute la cicoria d'un coup, abaisser le feu à frémissement actif. Cuire 8-12 minutes selon l'âge des feuilles (sauvage jeune = 8 min, plus âgée = 12 min). Le test : une nervure centrale pliée doit céder sans résistance. Ne pas couvrir — la couleur reste verte vive.
Égoutter la cicoria dans une grande passoire — ne PAS la rincer à l'eau froide (perte d'arômes, refroidissement inutile). Laisser dégorger 3 minutes, puis avec les mains (gants si chaud) ou un torchon propre, presser énergiquement par poignées pour extraire un MAXIMUM d'eau résiduelle. Cette pression est cruciale — une cicoria pressée donne un ripassato concentré ; mal pressée, elle reste fade et délavée.
Dans une grande poêle large à fond épais (idéalement fonte), chauffer 60 ml d'EVOO laziale à feu moyen. Ajouter les 3 gousses d'ail en lamelles fines (2 mm) et le peperoncino sec entier brisé en deux. Faire revenir tranquillement 2-3 minutes — l'ail doit virer DORÉ uniformément (pas blanc, pas brun, pas noir). À l'odeur : un parfum d'ail confit-noisette caramélisé envahit la cuisine.
Augmenter le feu à moyen-vif. Détendre la cicoria pressée à la main (elle est compactée) en grossiers brins. La verser d'un coup dans la poêle — attention aux projections d'huile chaude. Mélanger énergiquement avec deux cuillères en bois ou des pinces pour bien enrober chaque feuille d'ail-huile-peperoncino. Cuire 6-8 minutes à feu moyen-vif en remuant régulièrement — la cicoria doit "ressuyer" et perdre toute trace d'eau.
Couper le feu. Goûter — la cicoria doit être tendre, légèrement amère (signature) mais équilibrée par l'ail doré et le peperoncino. Si trop amer encore : ajouter un trait d'EVOO crue. Si trop fade : pincée de sel de Cervia (rare car le blanchiment a déjà beaucoup salé). Si trop sec : filet d'EVOO supplémentaire — jamais d'eau qui dilue.
Dresser la cicoria dans un plat creux ou une assiette plate, en monticule détendu (pas tassé). Filer un trait d'EVOO crue (1 c.à.s.) en cercle. Le peperoncino sec entier reste sur le dessus pour visuel — chacun le brise dans son assiette selon préférence. Servir tiède (50°C, jamais brûlant ni froid).
La cicoria ripassata est le contorno classique de la salsiccia laziale grillée, du baccalà fritto, ou de la pajata. Elle accompagne aussi parfaitement les fagioli all'uccelletto en cas de menu végétal, ou simplement servie avec du pain casareccio chaud pour saucer l'huile-ail. En version moderne, on la trouve sur des bruschette pour l'antipasto.
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Sourcer ou se taire
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