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Atlas Culinaire · République dominicaine · Amériques
La pomme du cajuilier, cueillie astringente et amĂšre, apprivoisĂ©e par quatre bains d'eau bouillante puis confite lentement dans un sirop cannelle-girofle â le dulce que chaque Dominicain rapporte de ses virĂ©es dans l'intĂ©rieur du pays.
Cliquez un ingrédient pour le cocher pendant vos courses.
Choisir des cajuils bien mĂ»rs, Ă la peau jaune ou rouge-orangĂ©, fermes mais pas encore tachĂ©s de brun â un fruit trop vert sera amer, un fruit trop mĂ»r partira en bouillie Ă la cuisson. Ăplucher chaque fruit au couteau fin en retirant toute la peau, et vĂ©rifier qu'aucune graine (la petite noix en forme de rein accrochĂ©e sous le fruit) n'est restĂ©e attachĂ©e ; si c'est le cas, la retirer avec des gants sans la casser. RĂ©server la chair pelĂ©e dans un grand saladier d'eau froide au fur et Ă mesure pour Ă©viter qu'elle ne brunisse Ă l'air.
Couvrir les cajuils pelĂ©s d'eau froide dans une grande marmite, porter Ă Ă©bullition, puis retirer aussitĂŽt du feu et laisser refroidir Ă tempĂ©rature ambiante. Jeter entiĂšrement cette eau, dĂ©sormais chargĂ©e de l'astringence du fruit, et recommencer l'opĂ©ration avec de l'eau fraĂźche trois fois de plus â quatre bains au total. C'est ce geste rĂ©pĂ©tĂ©, et non un ingrĂ©dient secret, qui transforme le cajuil cru, Ăąpre et fibreux, en fruit confit doux et tendre.
Une fois le dernier bain jetĂ© et les cajuils refroidis, presser chaque morceau doucement entre les paumes pour en exprimer le reste de jus astringent, sans Ă©craser la chair. Cette technique, documentĂ©e par Cocina Dominicana, achĂšve le travail commencĂ© par les bains successifs et donne au fruit une texture plus dense, prĂȘte Ă absorber le sirop. RĂ©server les cajuils pressĂ©s le temps de prĂ©parer le sirop.
Dans une casserole propre, dissoudre le sucre dans l'eau à feu moyen, puis ajouter les bùtons de cannelle et les clous de girofle. Porter à légÚre ébullition jusqu'à obtenir un sirop léger et limpide, sans le laisser caraméliser. Ce sirop épicé est ce qui donne au dulce de cajuil sa signature aromatique, distincte d'une simple confiture de fruit au sucre.
Ajouter les cajuils pressĂ©s au sirop chaud et laisser cuire Ă feu doux environ 30 minutes, en remuant de temps en temps, jusqu'Ă ce que le sirop rĂ©duise et soit largement absorbĂ© par le fruit. Le dulce est prĂȘt quand les morceaux de cajuil sont translucides et gorgĂ©s de sirop, luisants, sans excĂšs de liquide au fond de la casserole. Retirer et jeter les bĂątons de cannelle et les clous de girofle.
Retirer la casserole du feu et incorporer l'extrait de vanille et la pincée de sel, en remuant bien pour les répartir uniformément dans le dulce encore chaud. La vanille, ajoutée à chaud mais hors cuisson, parfume sans s'évaporer ; le sel, en toute petite quantité, réhausse le sucré sans se faire sentir en tant que tel.
Verser le dulce dans un plat large et le laisser refroidir complÚtement à température ambiante, sans le couvrir tant qu'il est chaud pour éviter la condensation. Le sirop continue de figer légÚrement en refroidissant, donnant au dulce sa texture finale, entre confiture et fruit confit. Ne jamais réfrigérer un dulce encore chaud : le choc thermique dans un contenant fermé favorise la condensation et donc le développement de moisissures.
TransfĂ©rer le dulce refroidi dans un bocal en verre propre et le conserver au rĂ©frigĂ©rateur, oĂč il se garde environ une semaine. Servir tel quel en petite coupelle, ou selon la tradition du Sud dominicain, accompagnĂ© d'un morceau de queso de hoja ou de fromage frais dont le salĂ© contraste avec le sucrĂ© Ă©picĂ© du cajuil. C'est ainsi, en dulce du dimanche ou de Semana Santa partagĂ© en famille, que le dulce de cajuil se transmet depuis des gĂ©nĂ©rations.
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