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Atlas Culinaire · Samoa · Océanie
Le taro bouilli puis mijote dans une creme de coco salee a l'oignon - le feculent quotidien qui accompagne tout repas samoan
Le fa'alifu talo illustre un debat de fond sur la cuisine samoane : faut-il la mesurer ? La cuisinière de la diaspora ANAVATAU le tranche net en posant la doctrine 'E fua i le va'ai' ('ça se mesure a l'oeil'), formule qui dit qu'il n'existe pas de grammage canonique - on ajuste le sel, l'oignon et la creme de coco au regard, par transmission orale de grand-père a petite-fille. Deuxième point souvent confondu : fa'alifu est une TECHNIQUE (faire mijoter un tubercule deja cuit dans la creme de coco) et non un plat unique ; elle s'applique au talo (taro), au ta'amu (taro geant), comme au fa'i (banane verte), si bien que 'fa'alifu talo' et 'fa'alifu fa'i' sont deux declinaisons de la même methode - les confondre est une erreur frequente. Enfin, l'oignon : absent du noyau ancestral coco + sel, il s'est impose comme signature moderne du fa'alifu talo et beaucoup de Samoans considèrent aujourd'hui qu'un fa'alifu sans oignon n'en est pas vraiment un (voir thecoconet.tv et accfugaleimarket.ws en sources).
Servir tiède en accompagnement d'un poisson de recif grille, d'oka i'a (poisson cru au citron-coco) ou de viande salee (pisupo). Cote boisson, le koko Samoa (cacao local infuse) au petit-dejeuner, ou simplement de l'eau de coco fraiche. Le gras de la creme de coco demande une protéine franche en face.
Le fa'alifu talo n'est pas un plat de fête mais le feculent du quotidien : le taro est 'the main staple of the traditional Samoan diet' et ce plat se retrouve, selon les sources, 'always found in any gathering that Samoans are present'. C'est la garniture amidonnee qui cale, transmise oralement de génération en génération - la petite-fille apprend le geste de son grand-père, pas une fiche de grammages.
Cliquez un ingrédient pour le cocher pendant vos courses.
Pelez entièrement le taro avec un couteau bien aiguise en retirant toute la peau fibreuse et les taches. Coupez la chair en gros morceaux de la taille d'un poing, reguliers pour une cuisson homogène. Rincez les morceaux a l'eau froide pour ôter l'amidon de surface qui collerait.
Mettez les morceaux de taro dans une grande casserole, couvrez d'eau froide d'environ deux centimètres au-dessus du taro et salez franchement. Portez a ébullition puis laissez cuire a gros frémissement 20 a 25 minutes. Le taro est prêt quand la pointe d'un couteau s'enfonce sans resistance.
Pendant que le taro cuit, versez la creme de coco dans un bol. Ajoutez l'oignon emince et le sel, melangez. Goûtez et corrigez le sel a l'oeil : la creme doit être nettement assaisonnee car elle va napper un feculent neutre.
Quand le taro est tendre, égouttez-le complètement dans une passoire et laissez-le rendre sa vapeur quelques instants. Remettez les morceaux égouttes dans la casserole vide, encore chaude. Il ne doit plus rester d'eau de cuisson qui diluerait la creme de coco.
Versez la creme de coco a l'oignon sur le taro chaud, en l'enrobant généreusement. Remettez sur feu doux et laissez frémir tout doucement 8 a 10 minutes, en remuant de temps en temps pour ne pas attacher. La creme doit épaissir et napper les morceaux, l'oignon s'attendrir.
Servez le fa'alifu talo tiède, le taro enrobe de sa creme de coco nappante. C'est l'accompagnement feculent par excellence d'un repas samoan, présent dans tout rassemblement (fa'alavelave, dimanche). Il accompagne poisson grille, oka i'a ou viande salee.
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