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Atlas Culinaire · Samoa · Océanie
L'âme végétale du Pacifique — feuilles de taro tendres comme du velours, gorgées de crème de coco fumée par les pierres chaudes de l'umu samoan.
Le **palusami** est le cœur du repas dominical samoan : de jeunes feuilles de taro empilées en petits paquets, garnies de crème de coco et d'oignon, puis cuites lentement jusqu'à devenir fondantes comme des épinards soyeux. Son nom dit sa recette : *palu* (« mélanger ») et *sami* (« eau de mer »), car la version pré-coloniale salait à l'eau de mer. On le prépare traditionnellement à l'**umu**, le four samoan à pierres chaudes posées en surface, enveloppé dans des feuilles de bananier qui l'infusent d'une note vanillée.
Le palusami porte plusieurs débats.
Cliquez un ingrédient pour le cocher pendant vos courses.
Préparation feuilles — Trier et nettoyer les feuilles de taro — Trier UNIQUEMENT les jeunes feuilles centrales claires et tendres (max 25 cm de long, vert clair). Jeter les feuilles vieilles foncées et fibreuses. Couper la nervure centrale dure si très épaisse (pas obligatoire si feuilles très jeunes). Laver soigneusement à l'eau froide. Sécher au torchon. Porter des gants ou se laver les mains immédiatement après contact (sève irritante). Peser : il faut environ 800 g de feuilles propres (au minimum 5-6 par bouchée).
Le pourquoiSeules les jeunes feuilles tendres cuisent en fondant ; les vieilles restent fibreuses et amères.
Préparation coco — Préparer le lait de coco maison (idéalement) — Si noix fraîche : casser la noix, extraire la chair, râper finement à la râpe à coco (ou robot). Verser 250 ml d'eau chaude (pas bouillante) sur la pulpe râpée, mélanger 5 min. Presser à travers un linge fin propre dans un bol — première pression = pe'epe'e (crème épaisse, 400 ml visés pour le cœur des bouchées). Re-presser la pulpe avec 200 ml d'eau supplémentaire = lolo (200 ml visés, pour arroser). À défaut : conserve premium 400 ml épais + 200 ml moyen.
Le pourquoiLa double extraction est la signature samoane : le pe'epe'e épais pour le cœur, le lolo liquide pour arroser.
Préparation farce — Préparer la garniture aromates + coco — Émincer finement les 2 oignons jaunes. Émincer la cive en rondelles fines. Dans un bol, mélanger oignons + cive + 400 ml de pe'epe'e + 1 c.à.c. de sel + ½ c.à.c. de poivre. Goûter : le mélange doit être bien salé (les feuilles vont absorber). Réserver. Si version 'palusami pisupo' : ajouter 200 g de corned beef émietté (controversé mais courant).
Le pourquoiLes feuilles vont absorber le sel : le mélange coco-oignon doit être franchement assaisonné.
Assemblage — Confectionner les bouchées palusami — Sur le plan de travail, étaler une feuille de bananier (ou rectangle de papier sulfurisé 30x30 cm). Empiler 5-6 feuilles de taro (les plus grandes en bas, plus petites au-dessus) en formant un nid. Déposer au centre 2-3 c.à.s. du mélange coco-oignon. Replier les feuilles de taro autour pour former une bouchée fermée (comme un chausson). Replier la feuille de bananier autour, fermer en papillote rectangulaire de 12x10 cm. Ficeler ou nouer une bande de bananier. Répéter 6 fois (1 bouchée par convive).
Le pourquoiLe paquet de feuilles retient la crème pendant la longue cuisson.
Cuisson — Cuire au four umu (ou four ménager) — TRADITIONNEL UMU : creuser fosse, allumer feu de bois durs (cocotier, manguier), poser pierres volcaniques sur les flammes, attendre 2h jusqu'à pierres blanches. Retirer cendres, déposer les bouchées sur les pierres, recouvrir de feuilles de bananier puis de toile de jute mouillée puis de terre. Cuire 2h. FOUR MAISON : préchauffer four à 180°C. Disposer les bouchées dans un grand plat profond. Verser autour 200 ml de lolo (lait de coco 2e pression). Couvrir d'alu. Cuire 90 minutes (impératif pour neutraliser oxalates). Arroser à mi-cuisson de la sauce du fond.
Le pourquoiAu moins une heure à haute température neutralise les oxalates : c'est non négociable.
Repos — Reposer 5 minutes après cuisson — Sortir les bouchées du four. Laisser reposer 5 minutes dans leur emballage — la chair s'imprègne de la dernière vapeur. Les feuilles de taro doivent être TENDRES (texture épinards bien cuits, presque fondants). Si encore fermes : remettre 15-20 min au four — sécurité oxalate.
Le pourquoiLa dernière vapeur achève d'imprégner la chair.
Service — Dresser et servir au cœur du To'ona'i — Sur chaque assiette de service, déposer une bouchée palusami encore dans son emballage de bananier (ouverture par le convive — geste rituel To'ona'i). Servir à côté 100 g de talo (taro bouilli) ou ufi (igname). Arroser éventuellement d'un filet de pe'epe'e supplémentaire pour brillance. Servir IMMÉDIATEMENT, très chaud — le palusami refroidit perd toute son onctuosité.
Le pourquoiLe palusami se partage brûlant, chacun ouvrant son paquet.
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Le taro dans tous ses états samoans : le palusami en enveloppe ses feuilles de crème de coco, le fa'alifu talo en mijote la racine dans la même crème salée. Feuille et tubercule, une seule plante nourricière.
Voir la recette →VarianteLe même plat de part et d'autre de la Polynésie : le palusami samoan et le lu pulu tongien enveloppent tous deux de jeunes feuilles de taro dans la crème de coco. Le Tongien y met presque toujours du corned beef, le Samoan garde volontiers la version végétale.
Voir la recette →CousineLe namesake samoan : « palusami » est le mot samoan du paquet de feuilles de taro à la crème de coco, cuit à l'umu. C'est lui que revendiquent plusieurs nations du Pacifique.
Voir la recette →CousineLe palusami samoan est le cousin le plus proche : mêmes feuilles de taro et crème de coco, mais cuites en paquets fermés au four ou à l'umu, quand le rukau se mijote à la casserole ouverte.
Voir la recette →CousineLe palusami samoan pousse la même matière dans l'autre direction : au lieu de bouillir puis sauter la feuille, on l'empaquette avec la crème de coco et on la cuit à l'étouffée au four de pierres. Le résultat est fondu et crémeux là où la version calédonienne reste sautée et texturée. Deux réponses au même problème — apprivoiser la feuille de taro.
Voir la recette →Sourcer ou se taire
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