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Atlas Culinaire · Îles Cook · Océanie
Le légume vert totem des Îles Cook — jeunes feuilles de taro mijotées 45 à 60 minutes dans la crème de coco pressée avec oignon, parfois corned beef ou poulet — accompagnement obligatoire de l'umukai dominical
Aux Îles Cook, le rukau est le vert obligé du dimanche. Chaque umukai — le grand repas cuit au four de terre — s'accompagne de ce plat de jeunes feuilles de taro fondues dans la crème de coco, si présent sur la table qu'il y tient le rôle des épinards en France : le légume que l'on ne discute pas.
Le rukau porte plusieurs querelles, toutes bien vivantes.
Cliquez un ingrédient pour le cocher pendant vos courses.
Ne gardez QUE les jeunes feuilles tendres du cœur de la touffe (les tā ata) ; écartez les feuilles âgées du bas, plus fibreuses et plus chargées en oxalate. Ôtez la grosse nervure centrale de chaque feuille. Lavez soigneusement à l'eau froide, puis égouttez.
Le pourquoiLes jeunes feuilles concentrent moins d'oxalate et fondent en une texture soyeuse, là où les vieilles restent filandreuses et âpres.
Méthode des chefs traditionnels : plongez les feuilles dans une grande casserole d'eau bouillante salée 5 min, égouttez en jetant l'eau, puis recommencez deux fois avec de l'eau bouillante fraîche (trois bains, trois eaux jetées). Pour la version dominicale simple, sautez cette étape : la seule cuisson lente de 45-60 min suffit pour du taro tops cultivé tendre.
Le pourquoiJeter les eaux successives évacue la part soluble de l'oxalate, que la cuisson seule laisse en partie dans le plat.
Émincez l'oignon jaune en fines lamelles régulières. Version dominicale : démoulez la boîte de corned beef et émiettez-la à la fourchette en flocons (gardez de la mâche, pas de bouillie). Réservez séparément.
Le pourquoiÉmietté fin, le corned beef se répartit en couches sans écraser la verdure ni la saler à l'excès.
Dans une cocotte (4 L minimum), alternez couche de feuilles, oignon émincé, puis — si dominicale — corned beef émietté. Répétez trois fois. Salez légèrement entre les couches. La cocotte doit être pleine aux trois quarts : les feuilles réduiront de 60 % à la cuisson.
Le pourquoiLe montage en strates laisse chaque couche s'imprégner de coco et de gras sans qu'on ait à remuer une verdure fragile.
Versez la crème de coco (400 ml) uniformément sur le dessus, sans remuer. Couvrez hermétiquement. Cuisez à feu très doux, ou au four à 175 °C, 45 à 60 min. À 45 min, les feuilles doivent être fondues, d'un vert très sombre, molles à la cuillère ; sinon, prolongez de 15 min.
Le pourquoiLa crème versée sans mélange forme un couvercle gras qui étuve la verdure et l'imprègne en descendant lentement.
Ouvrez, remuez délicatement du fond vers le haut pour répartir la coco infusée. Goûtez une feuille : aucune âpreté en gorge, texture fondante. Ajoutez sel et poivre. Trop liquide : 5 min à découvert ; trop sec : 50 ml de crème de coco en plus.
Le pourquoiGoûter une feuille entière, pas seulement la sauce, est le seul moyen de vérifier que l'oxalate est bien neutralisé.
Éteignez le feu, laissez reposer 10 min couvercle posé. La coco achève de lier la verdure et la chaleur résiduelle parfait la neutralisation. Le plat se densifie et prend un aspect onctueux vert-noir.
Le pourquoiLe repos épaissit la nappe de coco et unifie la texture : le rukau passe de verdure liquide à onctuosité liée.
Servez chaud dans un grand bol au centre de la table. Le rukau accompagne traditionnellement poisson grillé (mahimahi, parrotfish), porc rôti à l'umu, kumara (patate douce), taro bouilli et riz. Chacun s'en pose une cuillerée à côté de son plat principal.
Le pourquoiLe rukau est un faire-valoir : sa douceur grasse tempère le grillé et le fumé du reste de l'umukai.
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Le palusami samoan est le cousin le plus proche : mêmes feuilles de taro et crème de coco, mais cuites en paquets fermés au four ou à l'umu, quand le rukau se mijote à la casserole ouverte.
Voir la recette →CousineFidji cuit lui aussi les feuilles de taro dans la crème de coco, en paquets nichés au cœur du lovo.
Voir la recette →CousineLa version salomonaise assume le corned beef au cœur des feuilles, écho direct de l'école dominicale du rukau.
Voir la recette →CousineLe cousin des Îles Cook, le plus polyvalent : le rukau se fait aussi bien mijoté (comme le rourou) qu'en paquet enveloppé cuit au four (comme le palusami). Le pont entre les deux gestes.
Voir la recette →Le lū sipi tongien enveloppe feuilles de taro, coco et mouton en paquets cuits à l'umu.
Pas encore dans l'AtlasLe lūʻau hawaïen fond les mêmes feuilles de taro dans le lait de coco, souvent avec du poulet ou du poulpe.
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