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Atlas Culinaire · Cameroun · Littoral & pays Bassa
Le ragoĂ»t-mĂšre de la cĂŽte camerounaise â feuilles de folong (Amaranthus hybridus, "poga" en Bassa) mijotĂ©es Ă l'huile de palme rouge avec crevettes sĂ©chĂ©es (njanga) et poisson fumĂ©, servies sur un taro pilĂ© fondant â assiette du dimanche des familles Sawa et Bassa entre Douala, EdĂ©a et LimbĂ©
Le **Folong au taro** est-il un **PLAT BASSA AUTHENTIQUE** ou un **ASSEMBLAGE PAN-CAMEROUNAIS** ? La controverse est vive entre puristes cĂŽtiers et cuisines urbaines. ORIGINE â le folong (*Amaranthus hybridus*, "folon" en Ewondo, "poga" en Bassa, "adjaka" chez les Fulani selon La Vie au Potager) est une feuille-mĂšre de la cuisine **SAWA** (peuples cĂŽtiers du Littoral â Douala, Bakoko, Bakweri) et **BASSA** (Plateau Bassa â EdĂ©a, Eseka, Pouma) ; le taro pilĂ© en revanche est historiquement un plat **BAMILĂKĂ et NGEMBA** du Grand Ouest et du Nord-Ouest (achu, sauce jaune) selon Wikipedia FR et Kelianfood. L'assemblage **folong + taro pilĂ©** est donc un **MARIAGE DE CĂTE ET PLATEAU** popularisĂ© par les familles Bassa de Douala â pas une recette monolithique mais une assiette signature des restaurants de quartier Akwa, Bonapriso et BonabĂ©ri. PremiĂšre controverse â **FOLONG (AMARANTHUS) vs NDOLĂ (VERNONIA AMYGDALINA)** â confusion frĂ©quente des expatriĂ©s. Botaniquement RIEN Ă VOIR â folong = *Amaranthus hybridus* (Ă©pinard sauvage, feuille douce-terreuse, texture tendre, vert clair) ; ndolĂ© = *Vernonia amygdalina* (feuille amĂšre, signature plat-totem Sawa, demande un blanchiment long pour retirer l'amertume). Substituer l'un par l'autre = changer complĂštement de plat (Le Mag Voyage, Alice PĂ©gie Cuisine). DeuxiĂšme controverse â **TARO PILĂ TEXTURE BASSA vs BAMILĂKĂ** â chez les BamilĂ©kĂ© (achu orthodoxe), le taro est pilĂ© LONGUEMENT au mortier en bois jusqu'Ă pĂąte ĂLASTIQUE-RENFLĂE quasi caoutchouteuse ; chez les Bassa qui accompagnent le folong, la texture cible est **PLUS CRĂMEUSE, PLUS HUMIDE**, presque purĂ©e â on humidifie davantage avec l'eau de cuisson, on pile moins longtemps. DĂ©bat ouvert sur la grise pĂąte signature (Tamtam du Mboa). TroisiĂšme controverse â **CREVETTES SĂCHĂES (NJANGA) vs CUBE MAGGI** â la version noble Sawa exige les **NJANGA** (gambas crues sĂ©chĂ©es au soleil sur la cĂŽte de LimbĂ© et Kribi, Ă rĂ©hydrater 20 min) qui donnent un umami marin de fond ; la version urbaine moderne remplace par un cube Maggi crevettes â pratique mais perte du parfum iodĂ© signature (Cuisine du Mboa). QuatriĂšme controverse â **HUILE DE PALME ROUGE NON RAFFINĂE OBLIGATOIRE** â c'est elle qui donne la couleur orangĂ©e profonde et le goĂ»t umami terreux signature. L'huile de palmiste raffinĂ©e blanche industrielle est un substitut paresseux qui livre une sauce jaune pĂąle sans Ăąme (CamerFood, Cuisine du Mboa). CinquiĂšme controverse â **CUISSON DU FOLONG Ă SEC ou DANS LA SAUCE ?** â Ă©cole Bassa puriste = ressuage Ă sec couvercle 10 min pour concentrer l'amertume noble (comme pour le Sanga des Beti) ; Ă©cole Sawa urbaine = directement dans la sauce de palme â chaque Ă©cole pense l'autre dans l'erreur. SixiĂšme controverse â **AVEC OU SANS VIANDE** â les versions familiales ajoutent souvent du bĆuf en cubes ou de la peau de bĆuf (kanda) pour enrichir ; la version pesco-cĂŽtiĂšre puriste s'en tient Ă crevettes + poisson fumĂ© pour rester dans le registre marin.
Vin de palme frais (matango) â BiĂšre camerounaise 33 Export ou Castel â Jus de bissap (hibiscus) glacĂ© pour la version non-alcoolisĂ©e
Plat-signature des familles **SAWA** et **BASSA** de la cĂŽte camerounaise â **DOUALA** (quartiers Akwa, Bonapriso, BonabĂ©ri, New Bell), **EDĂA** (capitale Bassa, Ă 65 km de Douala), **POUMA**, **ESEKA** et la cĂŽte Sud-Ouest jusqu'Ă **LIMBĂ** et **KRIBI**. Servi traditionnellement le **DIMANCHE MIDI** aprĂšs la messe ou aprĂšs la pratique sportive (tradition partagĂ©e avec le taro sauce jaune BamilĂ©kĂ© â selon Camer.be). Plat de famille Ă©largie, prĂ©parĂ© en grande marmite pour 8-15 personnes. PrĂ©sent dans les **MAQUIS** (restaurants populaires) de Douala â Akwa Palace, MarchĂ© Central, restaurants de BonabĂ©ri. La diaspora camerounaise Ă Paris (XVIIIe, XIXe), Bruxelles (MatongĂ©) et Londres (Peckham) maintient la tradition avec folong importĂ© surgelĂ© ou substitut Ă©pinards.
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Effeuiller le folong des tiges (jeter les tiges dures), laver les feuilles TROIS FOIS Ă grande eau (terre + insectes â rĂ©flexe Sawa obligatoire). Ăgoutter. RĂ©hydrater les crevettes sĂ©chĂ©es njanga dans 200 ml d'eau tiĂšde 20 min â GARDER l'eau de trempage filtrĂ©e pour la sauce (concentrĂ© umami marin signature). Pendant ce temps, peler le taro, le couper en cubes de 4 cm, le laver Ă grande eau pour retirer l'amidon de surface. DĂ©sarĂȘter le poisson fumĂ© Ă la main morceau par morceau.
Dans une grande cocotte, mettre les cubes de taro + 2 l d'eau + 1 c.Ă .c. de sel. Couvrir et faire mijoter 50-60 min jusqu'Ă ce que la fourchette s'enfonce sans rĂ©sistance. Ăgoutter en rĂ©servant 250 ml de l'eau de cuisson encore chaude. TransfĂ©rer le taro chaud dans un mortier en bois (ou grand saladier Ă©pais). Piler vigoureusement au pilon en bois 10-15 min en arrosant 4-5 fois de petites cuillerĂ©es d'eau de cuisson chaude â la pĂąte cible style Bassa est FONDANTE-CRĂMEUSE (pas Ă©lastique-renflĂ©e comme l'achu BamilĂ©kĂ©). Couvrir d'un torchon humide pour garder chaud.
Pendant la cuisson du taro, porter une grande casserole d'eau salĂ©e Ă Ă©bullition. Plonger les feuilles de folong 2 min seulement â elles passent du vert clair au vert vif. Ăgoutter immĂ©diatement, refroidir sous l'eau froide, presser fermement entre les paumes en formant des boules compactes â Ă©vacuer un maximum d'eau. Ămincer ensuite finement au couteau. RĂ©server.
Dans une grande casserole Ă fond Ă©pais, chauffer DOUCEMENT l'huile de palme rouge Ă feu moyen (jamais brĂ»ler â fumĂ©e toxique). Ajouter l'oignon Ă©mincĂ©, faire suer 5 min Ă couvert jusqu'Ă transparence orangĂ©e. Ajouter l'ail, le gingembre rĂąpĂ©, la tomate concassĂ©e â cuire 5 min en remuant, jusqu'Ă ce que les tomates fondent dans l'huile. Ajouter les njanga Ă©gouttĂ©s (mais GARDER leur eau de trempage), le poisson fumĂ© dĂ©sarĂȘtĂ©, le piment entier et l'eau de trempage filtrĂ©e. MĂ©langer.
Ajouter le folong blanchi Ă©mincĂ© et bien essorĂ© dans la sauce. MĂ©langer dĂ©licatement pour enrober chaque brin de feuille. Ajouter le cube Maggi Ă©crasĂ© (optionnel), 100 ml d'eau si la sauce paraĂźt trop sĂšche. Couvrir et laisser mijoter 25 min Ă feu doux en remuant toutes les 5 min â le folong s'attendrit, la sauce orange-brun s'Ă©paissit naturellement grĂące au liant des crevettes sĂ©chĂ©es et au collagĂšne du poisson fumĂ©. GoĂ»ter, ajuster sel (le poisson fumĂ© sale dĂ©jĂ â prudence). Retirer le piment entier.
Dans chaque assiette creuse, dĂ©poser au centre une grosse boule de taro pilĂ© crĂ©meux (â 250 g, façonnĂ©e Ă la cuillĂšre humide en dĂŽme bombĂ©). Verser autour la sauce de folong orange-brun, en rĂ©partissant Ă©quitablement les crevettes njanga et les morceaux de poisson fumĂ©. Service traditionnel â manger Ă la main droite, prĂ©lever une boulette de taro avec les doigts, la tremper dans la sauce, porter Ă la bouche. Bol d'eau citronnĂ©e Ă cĂŽtĂ© pour rincer les doigts entre les bouchĂ©es.
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